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 [En cours, +18, contenu sensible] Un cruel tourment ft. Varog et Hidéo



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Les mains  de Pikaha tremblaient toujours quand elle enveloppa soigneusement sa nouvelle potion dans une étoffe. La jeune femme posa ses mains à plat sur sa paillasse, ferma les yeux, et inspira longuement avant de relâcher l’air de ses poumons tout en douceur. Pour d’autre, ils pourraient croire que la mission qui l’attendait lui faisait peur, mais cette mission, elle n’y pensait pas du tout. Ou très peu. Synthétiser un calmant pour bériflore était tout à fait dans ses cordes, cela faisait même partie des premières choses qu’on lui avait enseigné, et l'amener à bon port sous la surveillance d’un obsidien était tout à fait faisable. Non, ce qu’elle craignait était … bien au-delà de ça. Lentement les paupières de la jeune femme s’ouvrirent pour se poser sur le petit paquet. Elle voulait savoir. Tout savoir ? Non. Et elle avait peur de connaître la vérité. Oui très peur. Mais elle avait besoin de savoir, et puis… Toute information pourrait être utile à la garde. Ses mains tremblaient encore quand elle rangea soigneusement sa fiole dans son sac contenant déjà des vivres et autre vêtement de rechange. Si tout se passait bien, ils seraient de retour le lendemain avant midi. C’est ce qui avait été convenu. Les temps n’étaient pas sur, aussi, il avait été convenue qu’en échange de la fiole, outre leur récompense, les deux gardiens pourraient dormir chez leur client.

La jeune femme s’empressa ensuite de quitter le labo, pour rejoindre son compagnon de route. Elle n’en avait parlé à personne de ses craintes. Pas même à Zoyia. Pikaha arriva ainsi devant le kiosque ou son compagnon de route l’attendait déjà. Elle soupira légèrement, détaillant discrètement le jeune homme. Pourquoi fallait-il que la plus part des gardiens mesure plus de 1 m 75 ? Elle qui n’était déjà pas très grande, se sentait plus petite encore. Timidement, elle vint se mettre à la hauteur du rouquin, et lui tendit sa main délicate.

- Je… Bonjour, je suis Pikaha de la garde Absynthe, se présenta t-elle.

Après quelques paroles échangées avec l’Obsidien chargé de l'accompagner, ils se mirent en route vers Micellis. Un frisson parcourut la colonne vertébrale de la jeune femme. Si quelques rumeurs étaient parvenu à Eel, les gardiens n’avaient encore aucune informations officielles, rien qui puisse faire Miiko sonner “la cloche d’alarme” rien qui leur permette de véritablement d’enquêter. Oui, il paraitrait qu’un démon avait fait quelques ravages dans des petits villages éloignés au Nord. La belle affaire ! Aucune description physique. Aucune preuve. Pas de témoin. Et des démons sur le continent il y en avait plein. Fallait-il tous les arrêter ?

Elle non plus n’avait aucune preuve. Juste quelques inquiétudes qu’elle voulait faire disparaître. Elle voulait juste… Deux ou trois petits détails. Juste quelques informations de rien du tout. Et Micellis était l’endroit rêvé pour ça. Un port, un carrefour à l'étranger, et information. Elle l’avait entendu par certain ombre dans les couloirs que la taverne de Micellis était une mine à manaa.

Parlant peu, marchant bien, ils finirent par arriver à Micellis quelques heures avant la tombé de la nuit. Pikaha n'avait pas envie de parler. Ils auraient pu faire connaissance, parler de la pluie et du beau temps, mais elle n’arrivait pas à garder son attention focalisé sur l’obsdien, aussi sympa puisse t-il être. Dans les rues de Micellis se pressaient quelques rares passants. En voyant quelques regards méfiant posé sur elle, la démone rabati la capuche de sa cape de voyage sur sa tête pour cacher ses attributs démoniaques si caractéristique. Elle sortit un petit papier de sa poche et le tendit à son comparse.

- Il nous faut aller à cette adresse, déclara t-elle en regardant les gens et les bâtiments autour d’elle avec inquiétude.

Non la jeune femme n’avait aucun sens de l’orientation, et arrivait toujours à se perdre dans ce genre de ville. Elle tourna timidement la tête vers le gardien et le regarda, interrogative. Avait -il une idée d’où cela pouvait être ?

Après avoir tourné et retourné devant les maisons face au port, les deux gardiens finirent par trouver la maison de leur client. D’un timide sourire, l’empoisonneuse remercia son compagnon. Retenant son souffle elle finit par frapper à la porte pour les annoncer.
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Cette réponse de RP est particulièrement atroce, sadique et gore. Si vous êtes une âme sensible ou que vous avez tendance à être choquée par des actes violents, NE LISEZ PAS CETTE RÉPONSE. Si vous avez tendance à trop imaginer des scènes et faire des cauchemars après, ne lisez pas non plus. Cette scène raconte le massacre de Micellis par Varog, roi d’un clan de démons cornus.





Le continent. Une étendue de terre encore inexplorée par leur race. Un tout nouveau monde avec son lot de surprises et de combats. Ce que chacun pourrait nommer comme une retraite spirituelle revêtait les allures d’un tournoi perpétuel chez Varog. Jamais les démons ne quittaient leur île hormis ceux qui étaient bannis. Mais, Yovuz, l’île des démons cornus, était devenu bien moins intéressante depuis qu’ils massacraient les monstres et les voyageurs imprudents années après années. Un nouveau pouvoir s’était réveillé à l’Est. Un pouvoir puissant. Et la puissance attirait la puissance. Elle attirait les pires cauchemars des faerys. Des bêtes, des monstres. La puissance l’avait attiré lui, Roi des démons cornus, en quête de nouveaux défis à relever. Jusqu’ici personne n’avait réussi à lui faire ployer le genou. Personne, sauf ce faery. Un faery excpetionnel, aux pouvoirs hors du commun. Il n’avait jamais senti une telle puissance. Celle de dix milles géants, d’un millier de woda, d’une centaine de démons. Une force qu’il avait recherché pendant ces 62 dernières années. Mais elle lui avait échappée. Il fallait qu’il devienne plus fort. Il fallait qu’il trouve un défi de taille. Rien de mieux qu’un voyage vers le continent pour cela.


Il avait laissé le village à la main de deux de ses démons. Deux guerriers de valeurs qui avaient prouvé leur caractère impitoyable depuis de nombreuses années. Il n’était pas dupe. Les deux démons n’attendaient que sa mort pour prendre sa place, mais il ne leur donnerait pas le plaisir de la leur donner. Il ne mourrait pas de la main d’un des siens, dans des conditions dégradantes. Il resterait dans la légende. Il était celui qui avait conquis l’île. Il avait écrasé tous ses ennemis comme des insectes. Ils s’étaient agenouillés devant lui, priant pour leur salut. Pitoyable. Quelqu’un qui prie ne mérite aucun salut. Il leur avait écrasé le crâne avec le pied. Leurs cervelles avaient éclaboussé le sol. Une bouillie rouge et rose, des corps méconnaissables. Il était le Roi. Il était le Dieu. Il avait le pouvoir de s’octroyer le droit de vie et de morts sur les insectes qui grouillaient dans ce monde.


Son périple devait se faire dans la solitude, tel que l’avait fait de nombreux Dieu avant lui. L’épopée de la force. Seule la force noire le guidait. Il avait pris un bateau en direction du continent. Il n’y avait nul besoin de spécifier qu’il n’avait pas eu besoin de soudoyer qui que ce soit pour cette traversée. La terreur avait suffit. Il avait massacré une partie de l’équipage et avait réduit en esclavage les autres. La peur avait ses propres capacités. Le voyage avait duré trois jours. Trois jours cauchemardesques pour l’équipage réduit. Trois jours qui s’étaient soldés par la libérations ultimes de leurs âmes. Ils avaient rampé à ses pieds. Des chenilles à la chair rose et tendre. Ils ne méritaient plus de vivre. Leur travail pour leur Dieu était achevé. Mais celui des autres insectes venait de commencer. Son arrivée dans la petite ville balnéaire ne passa pas inaperçu. Son apparence diabolique et les multiples traces rouges sur ses vêtements avaient braqué tous les regards sur lui. La plupart semblaient horrifiés, terrifiés. Les femmes avaient lâché leurs affaires. Les enfants avaient été emmenés à l’intérieur des bâtisses, comme si les murs en bois et en pierre pouvaient les protéger du mal. D’autres reculaient au passage du divin, tremblants. Pauvre mortels qu’ils étaient, écrasés par sa grandeur, éblouis par la lumière de son jugement cruel.


HALTE ! couina l’un des rampants. Au nom de la garde d’Eel, je vous somme de vous arrêter.


Le milicien, un peu trop hardi, s’était posté devant le démons. Il n’avait pas une taille démesurément grande, et pourtant son aura écrasait largement celle de l’imprudent. Il le regarda de toute sa hauteur, jugeant d’un seul coup d’oeil la valeur du milicien. Ses genoux tremblaient, la hallebarde qu’il tenait braqué sur Varog aussi. Comme une dernière admonestation, Varog répondit simplement :


Ecarte-toi de mon chemin, insecte.


Sa voix rauque, comme venue d’outre tombe, avait résonné dans le silence actuel de la ville. Quelques pleurs de bambins se faisaient entendre, abrégeant secondes après secondes la patience du démon. Les seuls villageois restant étaient tétanisés, mêlant leurs pleurs silencieux à la sueur qui coulait de leur peau. La mère avait serré son enfant, son tout petit, fort contre son sein. Comme celle des autres, sa peur se lisait dans ses yeux.


Vous êtes prié de nous suivre à Eel pour que vous soyez jugé pour vos meurtres. L-Là-bas sera décidé de votre sort.


Sa voix tressaillait, tout comme ses membres. Varog avait fait son jugement. La sentence allait tomber. Il prit à main nue la lame de la hallebarde. Le soldat fut surpris du geste. Jamais dans sa carrière il n’avait connu ça. La main du démon avait à peine laissé écouler une goutte. Et pourtant, la prise qu’avait le roi des démons sur sa lame était puissant. Bien plus que la sienne. Toujours avec un regard condamnatoire, Varog observait le faery essayant vainement de se débattre pour retirer l’arme de sa main. Mais le seul résultat que ce dernier obtint fut la cassure nette et définitive du bois. La lame resta dans la main du démon, tandis que le bois restait dans la sienne. Il regarda ébahi les deux extrémité de l’arme. C’était un véritable Dieu, les armes communes ne pouvait l’atteindre. La reste de la milice arriva à ce moment-là.


Ne bougez plus ! cria l’un d’entre eux. Vous êtes cerné, on ne vous laissera pas partir d’ici librement !

Pauvres fous, comment osez vous vous élever contre ma volonté ?


Les insectes couinèrent quelques paroles les uns aux autres. Ils se mirent tous solidement sur leurs appuis, prêts à se battre. Misérables petites choses. Ces combats n’intéressaient pas Varog. Il les écraserait avec ses mains. Un premier milicien se jeta sur lui avec une épée courte. Varog se saisit de celle-ci avec une main, comme il l’avait fait avec la hallebarde, et de l’autre main il saisit le bras tenant l’arme. Il le serra si fort qu’il se broya en à peine une seconde, laissant le milicien dans un cri et une douleur intense. Un deuxième s’élança à son tour avec sa masse d’arme donnant un grand coup transversal au niveau de la tête du démon. Avec la souplesse et la gracieuseté d’un buffle Varog se courba suivant dans son mouvement la trajectoire inverse à la masse. Il releva la tête et saisit le cou du milicien d’une main. Il le ramena violemment au sol, écrasant toutes traces de trachée, de larynx ou d’artères. Le soldat se vida rapidement de son sang dans quelques spasmes. Les autres miliciens commençaient à redouter l’affrontement. Ce fut au tour de Varog de foncer sur eux. Les deux soldats faiblements entraînés eurent le réflexe inutile de se protéger de leurs bras. Mais cela n’empêcha pas Varog de s’emparer de leur tête. Empoignant les cheveux, il entrechoqua leur crâne si durement que les deux tombèrent au sol, en vie, mais inerte. Il lâcha l’un des deux et plaça son pied sur le dos de l’autre. Tirant fortement, il arracha une partie des cheveux et du cuir chevelu de son adversaire. Il marchait lentement vers l’homme à la hallebarde qui semblait avoir perdu toute volonté de se battre. Il serrait son bâton avec force, mais ne pouvait faire ne serait-ce qu’un pas. Lorsque Varog arriva assez près de lui, il lâcha le scalpe encore dégoulinant de sang et attrapa sa tête de ses deux mains.


Misérables créatures, personne ne peut décider du sort d’un Dieu. Meurt.


Il resserra lentement son emprise sur la tête du milicien. Les dents de ce derniers se serraient de plus en plus par la douleur. Ses yeux roulèrent finalement dans leur orbites, jusqu’à ce qu’un craquement significatif libéra la pression de sa boîte crânienne. Les deux mains de Varog se joignirent l’une à l’autre, ne laissant entre elle qu’une fine couche d’os, de sang et de tissus organiques. Il lâcha de ce qu’il restait du crâne de cet impertinent. Il se dirigea vers l’homme à l’épée. Son seul bras broyer l’avait arrêté dans son combat. Si faible, sans honneur ni volonté. Il ne pouvait pas vivre. L’homme à genou regarda une ultime fois le démon, qui le mit à terre d’un simple geste de pied. L’homme semblait savoir qu’il allait mourir. La main à demi ouverte, Varog la plongea d’un geste puissant et rapide dans son torse, brisant les côtes et arraché un cri puissant au milicien. D’un geste tout aussi sec, Il retira la main et dans celle-ci le coeur de son adversaire, qu’il lâcha aussi. Se dirigeant vers les deux derniers survivants, il écrasa le crâne de l’un avec son pied, et laissa le scalpé se vider de son sang. Cinq miliciens. Cinq miliciens pour une ville et aucun guerrier. C’était pathétique. Mais ils n’avaient pas été cinq, mais six à s’opposer à son jugement. Il ne laissait jamais passer une insoumission, c’était un crime grave. Il regarda autour de lui. La population, qui était restée en place, était tremblante et terrifié. Les rares personnes qui avaient regardé la scène avaient vidé tripes et vessies au sol.


Quel genre de guerrier se cache dans un trou pendant que ses camarades se font tuer ? Lança Varog à l’adresse du fuyard. Montre toi à moi et peut-être connaîtrez-vous tous ma miséricorde.


Après quelques longues secondes d’hésitation, le dernier milicien sortit de sa cachette pour se montrer. Tous les yeux étaient braqués sur lui. A la fois dans la crainte, l’admiration et la compassion pour cette pauvre âme, chacun le regardait s’avancer vers son destin. Il les avait peut-être sauvé d’une mort atroce. Il n’avait pas plus d’une vingtaine d’années, même moins.


La mort de ton peuple peut s’arrêter avec toi. Ploie le genou et montre le respect dû à ton Dieu.


Sous le regard de la foule, le jeune homme s’exécuta. Il plia le genou et courba la tête, lâchant par la même occasion son arme.


Nous avons eu tort de douter de votre toute puissance, s’excusa judicieusement le jeune milicien.”


Varog prit la tête de son vassal entre ses mains. Un geste observé quelques minutes auparavant lorsqu’il avait écrasé la crâne de l’autre milicien.


Pour ton obéissance, je te laisserais la vie sauve.


Il relâcha doucement son étreinte autour de la tête du jeune homme. Celui-ci se sentit renaître. Avait-il dit les bon mots pour calmer la bête ? Mais alors que cette question lui traversa l’esprit, il sentit l’étreinte se refaire et deux piques lui traverser les yeux jusqu’au fond des orbites. Un cri infâme s’éleva dans le village. Vorag tenait solidement le crâne du milicien, ses deux pouces plantés dans les yeux. Tout le village retourna dans l’horreur alors que le milicien criait, les bras écartés près du corps, ne pouvant rien faire pour se débattre, pour arrêter sa peine. Varog le lâcha enfin. Le jeune homme se mit en position foetale, les mains couvrant ses yeux maintenant vides. Personne n’osait faire le moindre geste pour l’aider. Le contemplant de tout son haut, Varog lui dit :


Ainsi, tu chanteras mes louanges et l’incontestabilité de ma force.


Il regarda enfin le reste de la population.


Agenouillez-vous devant votre Dieu ! Ordonna-t-il.”


Toutes les silhouettes d’abaissèrent. Les hommes, les femmes, les enfants. Les vieux, les jeunes. Tous. Sa domination était complète et totale. Même incontestable. Il venait de faire ses premiers pas sur le continent. Sa première conquête. La conquête du reste du continent ne serait pas compliquée. Il pouvait affronter bien plus puissant que cela. Son regard se fixa sur l’une des femelles du groupes de faerys. Il la pointa subitement du doigt.


Toi, mortelle. Venez à moi, toi et ta progéniture.


D’abord totalement pétrifiée, l’un de son clan la poussa. Défié ses ordres pourraient déclencher une fois de plus son courroux et celui-ci avait déjà été bien assez mortel. Elle avança, tête baissée, comme si elle partait pour la potence. Elle arriva et s’agenouilla devant le démon.


Va chercher un breuvage de ce que vous avez de plus fort.

Bien mon seigneur, dit-elle docilement.”

Donne-moi cette chose que tu tiens dans tes bras.


La dame n’osa bouger. Elle ne pouvait donner son enfant, la chair de sa chair, son sang, son héritage vivant aux mains d’un démon impitoyable. Une jeune femme se décida à venir aider la mère. Elle prit délicatement l’enfant de ses bras et le tendit à Varog.


Tenez, mon seigneur.


Elle était prosternée et tenait l’enfant à bout de bras. Varog le prit par le cou, ce qui arracha une plainte de la mère. Il fit un geste pour dire aux deux femmes de partir. La plus jeune des deux tira l’autre qui opposa une résistance passive. Néanmoins poussée, elle ne quittait pas son enfant, en pleur, des yeux.


Vous, la vermine, êtes déjà bien assez nombreux. Vous n’avez pas besoin de vous multipliez encore.


La mère ayant entendu cette phrase résista à la poussée de l’autre femme. Elle résistait, voulant rejoindre le démon, lui arracher son enfant de ses mains pour le mettre en protection.


NON ! PITIÉ ! PITIÉ !


Elle criait, les larmes coulant à grosses gouttes de ses yeux. Elle regardait, implorante, le fameux “seigneur” dont elle craignait le jugement. Les yeux exorbités, elle essayait d’attirer le regard de Varog, essayait de lui inspiré la compassion. Mais il ne la regardait pas. Il n’y avait que de l’indifférence sur son visage. L’enfant criait fort et lui agréssait l’ouïe. Il prit sa tête de la main droite et ses épaules de la main gauche, puis tira d’un coup sec, séparant le petit en deux morceaux. La mère sous le choc, tomba dans l'inconscience. La deuxième avait caché son visage sous ses cheveux. Elle se reprit aussi vite qu’elle put pour aller chercher le breuvage du démon.


Le silence et l’obéissance régna sur la ville jusqu’à la nuit. Varog avait demandé l’assistance de ses esclaves tout le reste de la journée. Entre informations sur la force noire qui se sentait depuis son île et tâches ingrates envers sa petite personne, Varog avait profité de cette interlude dans son voyage pour retrouver du confort et du pouvoir. Il avait aussi pu souiller quelques demoiselles et absorber le faible pouvoir de quelques vermines. Mais il n’avait nullement le temps des s’attarder. Les plus au courant des nouvelles du continent lui avait indiqué la direction de la force noire qui se trouvait dans d’étranges montagnes : Les montagnes d’Heimdall.
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En arrivant à Micellis, il fut surpris par le calme de ville. Il n’était pas tard pourtant. Les bistros étaient fermé, tout comme le port, et les boutiques souvenirs. La méfiance des rares passants qui courraient pour rentrer chez eux finirent de mettre l’obsdien en alerte. En avant dans les rues pavés, la main serré sur la garde de son épée, il ne pu s’empêcher de se demander si la démone qu’il accompagnait savait ce qui se tramait dans cette ville. Il voulut la questionner, mais avant qu’il n'ait pu le faire, elle lui présenta un bout de papier avec une adresse. Il connaissait l’endroit, aussi il lui fit le plaisir de l’accompagner, empruntant quelques chemins détourné pour essayer de comprendre ce qu’il se passait. Si la jeune femme n’avait rien vu, lui n’avait pu manquer le sang sur les dalles, près du port, ni la terre fraîchement retourné dans le petit cimetière de la ville. Il avait alors pressé un peu le pas, histoire de mettre la jeune fille en sécurité, et pouvoir interroger leur hôte sur ce qui se tramait dans la ville, et partir au plus vite.

Il n’avait pas apprécié le regard qu’avait lancé la vieille à sa partenaire. S’il n’était pas haineux, il était empreint d’une méfiance et d’une peur que l’on pourrait avoir envers un tueur sanguinaire, pas d’une aussi frêle créature. La petite absynthe avait fini par sortir le médicament que la vieille avait commandé, cela l’avait quelque peu adoucie, mais elle restait méfiante. Il lui fallut encore parlementer un peu avec la vieille pour qu’ils puissent rentrer chez elle. La démone gardant et le silence, et les yeux baissés vers le sol. Le gardien du se contenir. Se contenir de la forcer à relever la tête, de la secouer, et pas avec toute la douceur du monde pour lui faire ouvrir les yeux, et la forcer à s’imposer un peu. Il avait soupiré, avait passé sa main négligemment dans ses cheveux quand la byzantine passa finalement lui, avec ce regard empli de gratitude. Elle lui donnait a la fois l’envi de la secouer, mais aussi de la protéger. D’ailleurs, ne se briserait-elle pas s’il osait juste la pousser ?



Un bruit de verre brisé, un sanglot étouffé et des bruits de pas précipités… Il en était a présent certain, Pikaha connaissait le démon qui terrorisait les habitants de Micellis. D’un bond, l’obsidien se leva de sa chaise et partit chercher la démone. Quatre à quatre, il grimpa les marches qui menaient aux chambres du haut. Sans retenu, il toqua à la porte de Pikaha, et sans attendre de réponse de sa part, il entra. La démone mauve sursauta et se retourna d’un bon. Vive, elle passa sa main droite sur ses joues pour essuyer les larmes qui avaient coulé.

- Qu’est ce que tu fous ? lui demanda t-il presque surpris alors qu’elle avait déjà remballé toute ses affaires.

La jeune femme baissa les yeux vers son sac et posa sa main dessus avant de les relever vers le gardien qui s’approchait.

- Oh non ! Tu n’iras nul part ! Ce soir on reste ici.
-I-il faut prévenir la garde..! murmura t-elle.
- ça attendra demain. Il fait nuit, tu te perdrais ou te ferais attaquer.
- Mais nous n’avons pas de temps à perdre ! Va… Il est dangereux…
- Justement, si là tu le croises, tu crois quoi ? Que tu pourras fuir sans te perdre ?
- Personne ne lui échappe ! Plus nous attendons, plus nous prenons le risque de le croiser…

Il ne pouvait ignorer les tremblement de son corps et les trémolo de sa voix, mais ne pouvait non plus s’empêcher de rire.

- Si demain nous le croisons, je te protègerais. Vous devez le surestimer un peu trop la vieille et toi, rigola t-il.

- Tu ne le connais pas … fit-elle, secoué par un frisson.

- Non mais tout le monde n’est pas aussi immortel que Nevra !
Elle ne put rien ajouter. Les bras croisés, les épaules voûtés, la mine défaite, les yeux pleins de larmes… Elle faisait peine a voir. Aussi soupira t-il.

- Nous partirons demain à la première heure, et si nous le croisons, nous n’aurons qu’a fuir le plus rapidement possible. ça te va ?

Si elle ne semblait pas plus rassuré que ça, elle finit par hocher la tête, comme à contre coeur.
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Ceci est à écouter pendant la lecture ^^




Cet effroie, cette épouvante. Un corps frêle recroquevillé sur une couche trop grande pour elle. La chevelure éparse, étalée sur l’oreiller, le regard vitreux perdu dans le vide. Ce nuage qui s’agite et dévoile la lune, projetant sur le mur une ombre à faire hurler de peur un enfant. Un sursaut. La jeune femme se redresse brusquement sur un coude. Elle se sent stupide. Non ce ne sont pas des cornes. Elle finit par s’asseoir, s’appuyant contre le mur. Un bruit dehors et elle sursaute. Elle ramène ses jambes contre elle. Elle ferme les yeux. Le nuage se joue d’elle, la replongeant dans une pénombre inquiétante. Elle pense a ces petits humains, caché dans leur lit, craignant d’avoir sous leur lit un monstre ou un démon. Que savaient-ils réellement de la peur qu’ils renvoyaient ?

Ce sentiment, cette oppression, cette douleur dans la poitrine, cet engourdissement des membres, ses frissons, cette sueur, ces battements de coeurs anarchiques, ces voix dans sa tête qui l’angoissent plus encore. Des larmes qui finissent par perler sur ses joues et la clarté qui revient. Pourquoi n’étaient-ils pas parti ? Son corps et sa conscience lui hurlaient de s’enfuir. Elle ne le pouvait. Elle ne pouvait se permettre de déroger aux règles, elle ne devait pas fuir son protecteur, elle ne pouvait se permettre de lui rendre la tâche plus ingrate qu’elle ne l’était déjà… Selon elle.

Peur sournoise, affre diabolique, transe vertigineuse, lâche désir…

Ces souvenirs enfantins, cette anxiété de voir son dernier jour arrivé d’horrible façon. Encore ces images, encore ces échos qui avait arrêté un temps de la pourchasser.

Il était là.

Elle le sentait.

Proche. Trop proche. Toujours trop proche. Oui, juste là. La panique montait en elle, et étouffant ses sanglots, elle enfouit son visage dans l’oreiller. Elle n’en pouvait plus. Sa lâche nature la répulsait. Bercer par ses pleurs, elle finit par s'endormir pour d’autres cauchemars, peuplé d’être aux cornes décorés d’anneaux d’or, épris d’atroce victoire.




Comme il l’avait promis, ils étaient parti à l’aube. Si au début les sursauts incessants de la démon semblaient l’amuser, ils finirent par l’inquiéter quelques peu. Cette angoisse qui semblait grandir en elle a chaque secousse des buissons, ce ne pouvait être le fruit que de simples cauchemars. C’était plus profond. Plus ancré en elle. Le gardien avait finit par se concentrer sur la forêt environnante, l’angoisse de sa compagne d’infortune le contaminant peu à peu. Il avait tenté de la rassurer en osant poser une main qui se voulait apaisante sur l’épaule de la démone. Elle lui avait sourit très légèrement, mais ce ne fut que lorsqu’ils purent apercevoir la tour Nivéenne à travers les frondaisons que la démone commença à se détendre. Elle accéléra le pas, désireuse de faire son rapport, ayant ce besoin de se libérer et cet étau qui enserrait sa poitrine, qui l’écrasait de cette insupportable angoisse.

Ce soulagement sur son délicat visage ne tarda pas à s’envoler comme un papillon effarouché.

Une inspiration difficile.

Elle s’arrêta brusquement. Une ombre. Elle se sent défaillir de nouveau. Un son, un gémissement, un mot resté bloqué dans sa gorge. Tétanisée, elle ne peut plus bouger alors qu’un rayon de soleil tombe droit sur un anneau d’or …
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La civilisation du petit port de pêche et de plaisance n’avait plus rien à offrir à Varog. Il était parti, laissant les cadavres, le sang et ces petites créatures chétives derrière lui. Il n’avait pas eu besoin de les tuer jusqu’au dernier. La vermine était à peine bonne à écraser. Il avait suivi les indications de ses esclaves pour rejoindre les montagnes d’Heimdall. Mais avant cela, une vraie traversée l’attendait. Cette île se trouvait être bien plus grand que l’île sur laquelle il régnait, et la forêt dans laquelle il évoluait semblait s’étendre sur des lieues.


Les forêts ne lui étaient pas inconnues mais celle-ci possédait quelque chose de presque civilisée. Les arbres semblaient s’épanouir de tout leur haut, accueillant avec bienveillance les visiteurs. Aucune liane, aucun gaz, aucun poison ne voulait ralentir ces pas. Une forêt était faite pour piéger même les plus féroces. Même les animaux le fuyaient. Il n’avait même pas croisé un seul nexu ou quoi que ce soit d’autres qui aurait pu rivaliser. Il avait pourtant été mis en garde en ce qui concernait les créatures de la grande île. Les légendes des anciens rois racontaient l’existence de bête tellement immense, qu’il aurait dû prendre dix faerys pour le mettre au sol. Conneries. Ces bois étaient aussi inoffensifs qu’un blackdog. Rien n’était assez fort pour le distraire.


Il commençait à redouter la surestimation des montagnes maudites. Le pouvoir qui s’y élevait était fort et il était noir. Les créatures les plus dangereuse du monde devait s’y trouver. S’il était capable de toute les battre, il serait incontestablement le plus fort. Mais pourtant, cette blessure, infligée par ce faery. Ce faery avait pu le défier. Il voulait se battre à nouveau contre un tel pouvoir. Il voulait avoir sa tête entre les mains et son crâne comme verre pour les festivités du clan. Il voulait pouvoir faire un trône avec ses os et montrer que rien ne pouvait mettre fin à Varog, l’impitoyable. Il devait retrouver ce pouvoir et ce pouvoir devait être à Heimdall. Les villages de la grande île n’étaient pas défendu, il pourrait prendre tout ce qu’il voulait en attendant. Il détruirait tout le reste sur son passage.


Varog entendit des bruits discrets venir de derrière lui. Après tout ce temps passé, il semblait qu’un familier avait assez de courage ou de faim pour l’affronter. Il se retourna pour voir ce qui le menaçait en lui grognant dessus. Cela ressemblait plutôt à un nexu, si ce n’était que sa mâchoire était plus petite, et ses yeux, moins effrayant. La bête rugit. Varog plia légèrement ses genoux, courba le buste et prépara ses bras à accueillir le premier assaut de la bête. Il grogna lui-aussi. La bête s’approcha un peu plus de lui, toujours prudemment. Elle rugit encore une fois, tentant d’impressionner sa proie. Pauvre vermine. Varog l’imita en montrant les dents. La bondit sur Varog dans un rugissement de fureur. Le démon accueillit le félin entre ses bras, le saisit par la fourrure et le bascula par terre, prenant bien soin de l’immobiliser. La créature se débattait d’anxiété et de terreur, essayant d’une part de reprendre appui sur ses pattes, mais aussi de donner des coups à son prédateur.


Tout en criant pour augmenter sa force, Varog envoyait des coups de poing dans l’animal. Il ne savait plus quoi faire. Le démon l’assommait de coups. Il ne pouvait que pousser des cris contre le prédateur. La force du démon était trop grande. Varog profita d’un rugissement pour placer ses mains sur les deux parties de la gueule de l’animal. Il était assez fort pour séparer les deux moitiés et déchirer les muscles et les ligaments de la mâchoire. L’animal se viderait assez vite de son sang mais cela lui laisserait une lente agonie. Varog ne se sentait pas la clémence d’abréger les souffrances de la pauvre bête. Si celle-ci avait attaqué un monstre bien plus fort qu’elle, elle n’aurait que la mort qu’elle méritait. Sa fourrure était belle, et elle aurait pu devenir une jolie parure pour le futur chef, mais la route était encore longue avant les montagnes maudites. Varog reprit sa route, laissant derrière lui, l’animal, comme l’on sèmerait une miette de pain sur son passage.
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Au final, Pikaha s’était inquiété pour rien. Sous les moqueries de son camarade obsidien, elle cueillait le fruit de miel à moitié mangé. Après l’avoir observé un instant, elle le posa délicatement par terre. Elle savait, grâce à Zoyia, les dalafa nombreux dans cette partie de la forêt, et une sucrerie de ce genre, ça faisait toujours plaisir, même à un animal sauvage.

- On m’aurait dit un jour qu’une démone aurait peur d’un fruit, je ne l’aurais pas cru ! s'esclaffa Hidéo.

Pikaha ne répondit pas. Qu’aurait-elle bien pu dire sinon balbutier quelques incompréhensibles paroles qui n’aurait fait que la décrédibiliser encore plus? Rougissante, elle avait détourné la tête, les yeux obstinément tourné vers le sol alors qu’ils s’approchaient un peu plus à chaque pas des remparts protecteurs de la cité d’Eel.

Le gardien avait bien vite remarqué que la plaisanterie n’avait guère fait rire la jeune femme. Se reprenant, il avait posé une main sur son épaule, main qui avait glissé sur son bras, la faisant frissonner, avant de saisir son poignet.

- Hey… Désolé, je te taquinais juste…

Pikaha avait relevé des yeux surpris vers lui avant de sourire, désolée, et secouer la tête.

- Non c’est rien ne t’excuses pas.

L’empoisonneuse avait levé les yeux vers la tour Nivéenne, et d’un sourire, elle accéléra légèrement le pas, se défaisant de la poigne d’Hidéo.

-Dépêchons nous ! Nous ne sommes plus très loin de la citée !

Elle avait commencé à s’enfoncer dans la forêt, faisant Hidéo trottiner un instant derrière elle pour la rattraper. Si la démone était un peu plus détendue, elle ne se sentirait en sécurité que lorsqu’ils auraient atteint les remparts… Non… Que lorsqu’elle serait dans la salle d’alchimie.

Hidéo lui avait de nouveau attrapé le bras, la surprenant, il la fit s’immobiliser. Les sens aux aguets, il lui fit se taire. La demoiselle n’avait pas bronché, écoutant attentivement. Son sang se mit à battre violemment à ses tempes. Un backdog ? Une bête sauvage ? Un ennemi ? … Un … Démon?

Un painte. Un faible gémissement sur la droite. Hidéo n’avait pas attendu plus longtemps, et malgrés les protestations de sa camarade, il l’avait saisit par la main pour l’entrainer voir de quoi il s’agissait. Et qu’il s’agissait d’une victime laissé pour morte par un faery fou ou une bête ? L’esprit chevaleresque de Hidéo ne pouvait laisser passer cela. Mais il ne pouvait pas non plus abandonner sa compagne dans un coin de la forêt et jouer les héros ailleurs.

Au détour d’un arbre, le coeur de Pikaha se serra. Gisant dans son sang, les pattes avant brisés, la mâchoire à demi arraché, un tygrion agonisait. Promis à une mort lente et douloureuse, l’animal gémissait, plus qu’il ne respirait.

- Qui a pu faire ça ? se demanda l’obsidien alors qu’il connaissait déjà la réponse.

Pikaha s’était avancé vers la créature, les larmes aux yeux.

Que l’on veuille se défendre d’une bête sauvage, Pikaha le comprenait. Que l’on doive blesser, tuer pour survivre, elle le comprenait.

Elle s’était baissé vers le grand félin, qui avait commencé à s’agiter en la sentant dans son dos.

Mais qu’on laisse ainsi une créature souffrir de la sorte, sans précipiter sa mort… Elle ne comprenait pas.

- La même personne qui à fait de nombreuses victimes à Micellis…

la mâchoire serrée, Hidéo avait regardé autour de lui, cherchant des traces de passage.

- Hidéo ?

Les branchages cassés, les traces de pas vers l’est indiquait un récent passage. Un feary à large carrure. S’élançant sur la piste encore fraiche, le gardien lança un “reste là” à la démone. La jeune femme s’était redressé précipitamment, horrifié.


-Hidéo ! Non ! Reviens !


Elle s’apprêtait à le poursuivre, mais un grognement la rappela. Baissant les yeux de nouveau, Pikaha surpris le regard de la bête posé sur elle. Elle déglutit. Elle le pouvait laisser le Tygrion agoniser plus encore. Se mordant la lèvre inférieure, elle fixa l’endroit ou le gardien avait disparu, puis le prédateur à ses pieds. L’absynthe s’agenouilla au plus près de l’animal, et posa une main sur le pelage fauve de la bête qui tressaillit à son contact.

- Pardonne moi … murmura t-elle en dégainant son poignard.

Elle avait caressé le doux pelage du prédateur. Comme s’il sentait la mort salvatrice arrivée, il ferma les yeux. Pikaha les garda ouverts. Elle se redressa, la main poisseuse du sang du félin, et les joues humides. Ne prenant pas la peine de s’essuyer, elle se mit à courir pour essayer de rattraper Hidéo.

- Hidéo !? Reviens !


Il ne savait pas à quoi s’attendre… Après avoir parcouru quelques centaines de mettre, la démone se figea, essoufflée, devant elle en contre jour , la silhouette immobile du gardien.

- Hidéo ..! Rentrons ..! Tu ne …


- Je t’avais dis de rester la bas, l’avait-il sèchement coupé, tendu.

Pikaha se redressa et frissonna en constatant que son compagnon, en garde, avait sorti ses armes.


- Hidéo ?

Elle fit trois pas et son sang se glaça dans ses veines quand elle vit qui faisait face au jeune homme. Surprise, horrifiée, apeurée, elle laissa tomber sa dague ensanglantée.

- Démon ! Je t’arrêtes ! Tes méfaits prendront fin ici et maintenant ! lança t-il, faisant la jeune femme reprendre ses esprits.
- Hidéo ! Tu ne comprends pas !

Elle s’était accroché à lui, pour le tirer vers l’arrière, voulant fuir avec lui. Elle se fit brutalement écarter. Trébuchant sur une souche, elle fixa interdite la mine résolue et furieuse du gardien.

- Pikaha. Tu me gênes. Ecartes-toi.
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Que de bruits dans cette forêt. Que de mouvements aussi. Les mouvements inutiles de la vermine qui se débattait inlassablement pour sa survie. Varog avait entendu derrière lui un bruit d’insecte qui se faufilait à travers les buissons, les troncs, et les herbes. Quelle fut sa surprise quand il entendit un le langage de la grande île, venir de son dos, semblable à des braillements :


Ne bouge plus, démon !


Il aurait pourtant juré avoir entendu un insecte ou un familier. Mais lorsqu’il se retourna, c’était bien un faery, chétif à son goût, qui se tenait en posture de défense. Ils étaient totalement l’opposé l’un de l’autre. Si Varog était court et trapu, le faery était grand et élancé. A l’image des gens de sa grande île. Il marquait tout ce qui faisait défaillance à son espèce et à sa civilisation. Chétivité, faiblesse, clémence, bonté. Il aurait bien laissé la pauvre vermine fuir, mais cet insecte l’avait défié. Il ne pouvait pas le laisser repartir, impuni. Il se tourna donc totalement vers le faery. Il n’avait pas bougé d’un pas, ne s’était pas mis en posture de combat et se contentait de regarder ce que le faery allait oser, ou non, faire. Un autre bruit, un autre insecte, avait rampé jusqu’à eux.


Hidéo ..! Rentrons ..! Tu ne--, dit une voix femelle lorsqu’elle arriva à eux.”


Je t’avais dis de rester la bas ! avait répondu le mâle sur le ton d’un ordre.”


Il avait promptement tourné la tête vers la démone qui venait d’arriver, essoufflée, avant de la redirigée vers le démon. L’autre créature était plus petite, mais tout aussi chétive. Elle était le symbole de la dégénérescence qu’exerçait cette civilisation molle sur l’espèce impétueuse des démons cornus. Sa peau violette et ses cheveux bleus n’étaient pas sans lui rappeler ceux de sa progéniture. Mais les années avaient passées et elle avait dû mourir avec les années. Les yeux de Varog se posèrent sur elle au moment où elle releva la tête. Un air horrifié déformait les traits de la démone. Elle venait de voir un cauchemar se dessiner sous ses yeux. Varog ne fut pas étonné de la voir trembler de tous ses membres et de voir son couteau tomber au sol. Sa mère avait toujours été faible et cette tare s’était propagée dans le sang des femelles de sa lignée. Il n’y avait pas de raison pour que ce simple fait soit changé par le temps ou la progéniture que sa fille avait engendrée.


Démon ! Je t’arrêtes ! Tes méfaits prendront fin ici et maintenant !


Varog broncha, émettant un grognement, tenant plus de la bête que de l’homme. Le faery avait continué ses avertissements, ne bougeant pourtant pas d’un pouce. Il n’était rien et il osait ralentir sa course. Car si Varog n’était nullement gêné à l’idée de se battre, il l’était plus à l’idée que ses vermines ne méritent une seconde de plus de son temps.


Hidéo ! Tu ne comprends pas !


Elle s’était accrochée à son mâle comme une sangsue, suppliante et impuissante. Elle faisait honte au siens. Il ne voulait même pas la regarder.


Pikaha. Tu me gênes. Ecartes-toi.


Le mâle préparait ses appuis pour attaquer. Il jaugeait le démon en face de lui, essayant de deviner la robustesse et l’épaisseur de sa peau. Varog avait plié les genoux et ouvert les bras, une position de lutte appropriée à ses techniques de combats. Hideo le tenait en joue de ses deux pistolets. Deux petits éclats bleus commençaient à rayonner dans le canon de chacune des armes. La faery devait le prendre pour un idiot s’il pensait que Varog ne savait pas qu’il préparait son premier coup. Varog s’élança vers lui dans un cri furieux. Avant que Varog n’ait pu arriver jusqu’à lui, Hideo, confiant, tira ses premiers coups. Les petites boules d’énergie bleues étaient aussi faibles que le faery qui les avait produites, jugea Varog. Les petites billes égratignèrent à peine le cuir que le démon avait pour peau. Pris de court, Hideo jeta un très bref regard vers son arme avant d’échapper de peu au premier assaut du démon. Celui-ci était plutôt lent, mais le faery savait au fond de lui que s’il se faisait attraper ce serait la fin. Et s’il ne pouvait pas blesser le monstre avec ses projectiles normaux, il devait alors charger son maana. Il s’éloigna de Varog pour ne pas prendre un autre coup, dans la lignée de ceux qu’il avait tenté de lui donner dans son premier assaut.


Varog était encore calme, nullement énervé par les gesticulations du faery mâle. Les vers qui grouillaient dans la terre n’aimaient nullement être attrapé. Leur instinct de survie était méprisable. Incapables d’encaisser les chocs, ils préféraient fuir plutôt que d’affronter les coups. Les mains du faery devenaient bleues et certaines parties de ses armes commençaient à luir elles aussi. La prochaine fois les coups seraient plus violent. Hideo reprit son assurance, mais Varog aussi avait compris ce qu’il était en train de faire. Il avança cette fois en marchant d’un pas lourd. Car c’était ainsi que les démons se battaient. Ils n’esquivaient pas, ils encaissaient. Lorsque Hideo tira, Varog se protégea avec son bras. Le coup fut plus violent qu’il n’avait imaginé et, en plus de l’avoir fait reculer sur le coup, Varog se retrouva avec une entaille profonde sur le bras. Le démon rugit, mais le combat était loin d’être terminé. Hideo s’était retrouvé à portée du démon. Varog envoya son poing sur le visage du gardien. Hideo roula sur le côté pour éviter de se prendre ce coup, et le suivant que l’autre main préparait. Il faillit se faire attraper par le col de son haut mais il se défendit en tirant un petit coup dans la main qui se dirigeait vers lui. Varog recula sa main et Hideo en profita pour s’éloigner encore et recharger ses prochains coups. Le premier coups avait déjà décharger son premier pistolet et le petit coup qu’il lui avait tiré dans la main avait affaibli la force de frappe du pistolet encore chargé. Mais le démon était maintenant agacé de ce jeu. Il avança une fois de plus lentement vers le gardien. Puis lorsqu’il vit que les pistolets étaient sur le point d’être bien chargé, il se rua sur lui dans un cri bestial. Sans avoir la puissance de feu nécessaire pour le blesser mortellement, Hideo tira dans la précipitation sans viser plus précisément que la grande masse qui se jetait sur lui. Varog voulu dévier le coup, mais il prit tout de même une bonne éraflure sur le haut du bras. Sa main droite avait saisi le bras gauche du faery dont la main tenait le pistolet qui avait tiré. De sa main droite il saisit le faery par la mâchoire, pressant petit à petit. La douleur fit gémir le gardien. Il renforça sa poigne autour de son arme chargée et dans un élan d’audace, il plaque le bout de son canon contre la tête du démon. Ce serait peut-être sa seule et unique chance.


Le coup partit dans un fracas assourdissant. Mais le démon ne s’était pas écroulé à terre. Le sang ne coulait pas à flot. Seul un maigre filet coulait de la base de sa corne. Le faery avait pourtant réussi à gagner sa liberté. Il voulut repartir, s’éloigner le plus possible. Son bras gauche s’était cassé lorsque le démon l’avait saisi. Il ne pouvait plus tirer, il ne pouvait plus charger avec un bras dans cet état. Son pistolet ne tenait que par le bout de ses doigts. Hideo jeta un regard à Pikaha lui confiant intimement qu’elle ne devait pas rester ici et rapporter du renfort. Mais la démone était tétanisée, comme déconnectée de la réalité et ne semblait pas comprendre. Le gardien l’avait su, s’il se faisait attraper, ne serait-ce qu’une fois, il aurait perdu. Mais il ne voulait pas reculer. Il lui restait encore un pistolet et tout son courage. Varog avait posé sa main sur sa blessure  pour voir l’étendue des dégâts. Ce n’était pas très beau mais ce n’était pas un coup mortel. Avant que le gardien n’ait pu faire le moindre pas, Varog posa sa main sur son épaule et la ferma sur le tissu qui les recouvrait. Il fit basculer le faery pour qu’il tombe à terre. Sa force était telle qu’Hideo ne put avoir d’autre choix que de tomber de tout son long. Il vit le gros pied du démon s’abattre sur son bras droit. Une fois, deux fois, trois fois. Jusqu’à ce que ses os ne soient devenus que de la poussière et ses chairs de la bouillie. Il avait essayé de faire quelque chose. Essayer de penser à une solution. Mais rien ne lui venait à l’esprit tellement la douleur était intense. Il n’avait pu qu’assister impuissant à la scène et la subir avec l’honneur et la dignité d’un Obsidien face à la douleur.


Varog le retourna d’un coup de pied et le saisit par la gorge. Il le souleva au dessus du sol. Il regarda le regard du gardien se diriger vers sa femelle. Des paroles, à peine plus fortes qu’un souffle s’échappèrent de sa bouche :


Pi--Pikaha, dit-il difficilement. Sauve-toi


Varog jeta un coup d’oeil vers la démone. Elle était effrayée, tétanisée, horrifiée. Des petits spasmes couraient parfois dans ses muscles, comme si sa nature de démon lui criait de s’opposer à cette scène et à son chef. Les larmes étaient montées à ses yeux et inondaient maintenant le sol sous ses genoux.


Tu ne bougeras donc pas ? dit Varog avec une voix caverneuse.”


Varog mit sa deuxième main sur le côté du visage du gardien. Il remonta la première à la même hauteur et commença à presser le crâne du gardien. D’abord, ce qui semblait être des gémissements se transformèrent vite en cri. La pression qu’exerçait Varog devenait de plus en plus intense.


"Noooon ! Relâche le !  hurla la démone qui semblait avoir quelque peu retrouvé ses esprits grace a Hidéo."


Mais le gardien continuait de crier et Varog continuait de presser ses mains sur son crâne. Elle ramassa vivement son poignard laissé au sol et dans un hurlement s’élança vers eux. Varog lâcha le gardien lorsqu’il vit la démone à sa portée. Il se saisit du bras de sa progéniture avant que son poignard ne l’atteigne. Il la regarda droit dans les yeux.


Tu es aussi faible qu’eux. Tu as toujours été une honte à ta race.


Même si elle pleurait, même si elle tremblait, même si elle mourrait de peur, ce fut d’une voix presque assuré qu’elle lui répondit.


ça m’est égal ! Eux m’ont accepté.


Elle posa sa main sur le bras qui la tenait et prenant appuie, elle lui envoya son pied au visage, espérant le faire lâcher avant qu’il ne broie ses os. Ce qu’il fit, mais d’une manière plus déstabilisante. Au lieu de simplement lâcher prise, le démon la jeta au sol par le poignet lorsque la jambe de la démone avait commencé à décoller du sol. Elle se réceptionna, face contre terre, et se redressant, elle leva un regard craintif vers lui. Pikaha se remit en garde, et jeta un bref coup d’oeil a Hidéo. Cette provocation en combat que lui offrait la démone n’intéressait en rien Varog. Il se retourna en direction d’Hideo, bien décidé à l’achever cette fois.


"Ne l’approche pas ! Varog !"


Elle s’interposa entre lui et sa victime, arme en main. Tremblante mais décidé a ne pas laisser Hidéo se faire tuer. Surtout pas a cause d’elle. Varog tenta simplement de la balayer d’un coup de main, comme une vulgaire femelle. Si elle fut obligé de se pousser, elle revint bien vite à l’attaque. Elle ne voulait plus entendre son partenaire hurler de douleur. Le voir mourir, elle ne le supporterait pas. Elle le savait bien, pour lui, elle n’était qu’une mouche agaçante, une mouche incapable de lui faire le moindre mal, un insecte le dérangeant sur le champ de bataille, mais si cela permettait a Hidéo de se relever, elle continuerait de tourner autour de lui.
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-Pikaha. Tu me gênes. Ecartes-toi.

La démone ne pouvait le croire. Elle s’était accroché à une branche pour ne pas tomber quand il l’avait repoussé. Tremblante, elle avait tourné ses yeux vers Varog. Il l’ignorait, mais cet air qu’elle lui avait déjà vu à mainte reprise… Elle lui faisait honte. Elle le sentait, le savais, l’avait toujours su. Si Pikaha portait bien ses attributs démoniaques, sa mentalité ne suivait pas. Serait ce a cause du quart de sang feary qui coulait dans ses veines ? Etait-elle réellement de la même lignée que Varog? Elle en doutait parfois. Ils étaient si différent. Elle était si différente des siens. Elle le savait. Elle était une honte pour eux. Elle l’avait toujours été, et le serait toujours.

La démone retint sa respiration quand le guerrier s’élança vers son compagnon. Pikaha gardait les yeux rivés sur le visage déformé du démon. Son cris de guerre la fit tressaillir, hérissant tous les poils de son corps. Son esprit lui hurlait de partir, son coeur menaçait de s’extirper de sa poitrine. Mais elle ne pouvait partir et laisser Hidéo seul. Non. Ce n’était qu’une excuse. Elle aurait pu partir, courir au QG chercher de l’aide et revenir. Elle ne pouvait pas bouger. Paralyser par la peur, elle dévisageait son cauchemar. Ces yeux qui fixaient avec intensité le gardien… Les mêmes que les siens. Oh qu’elle ne les aimait pas ses yeux là, témoins de sa ligné, de son ascendance, de leur lien de parenté, sa race, sa condition. Elle voulait s’en défaire. Se défaire de ses liens. Se défaire de ce qui la forçait à rester immobile, et regarder la scène qui se déroulait sous ses yeux, ce combat qui n’aurait jamais dû avoir lui, ce démon sortit tout droit des enfers, ce démon venu de Yovuz. Ce héro, ce barbare, ce monstre. Ce diable, que l’on ne peut que craindre et admirer.

Si elle avait osé espérer un millième de seconde qu’Hidéo puisse l’emporter sur Varog, elle se reprit bien vite. Il était, avait été et serait toujours, imbattable, inarrêtable, invincible…

Les genoux de la démone se dérobèrent sous elle. Cela avait toujours été comme ça, et le serait toujours. A lui les combats, le sang, la victoire et la gloire, et à elle d’être témoin de son calme, de sa rage, de sa sauvagerie, sa cruauté. A elle, de ployer le genoux, de ramper devant lui comme un vers. Elle en était la de sa condition. Elle n’était pas une combattante. Trop chétive, trop faible. Depuis sa naissance. Elle n’avait su, comme d’autres membres issus de basse lignée, que s’attirer le dégoût des siens.

Hidéo…

Que pouvait-elle bien pour lui? Elle ne pouvait rien pour lui. Sa condition ne le lui permettait pas. Pikaha ne pouvait défier son sang, ne pouvait défier Varog, son roi, une nouvelle fois. C’était cela… Et son roi avait choisi sa victime. Elle était une démone, elle ne pouvait aller a l’encontre des siens. Elle ne pouvait se permettre de se faire détester plus qu’elle ne l’était déjà. Elle ne le voulait pas … Peut-être qu’un jour … Varog... La reconnaîtrait-il? Et au delà de cela, l’aura écrasante de Varog l’en empêchait. La puissance mène les faibles à s’abaisser devant elle. Ou sa mère avait-elle trouvé de courage de défier l’autorité de Varog?

-Pi--Pikaha, avait-il dit. Sauve-toi

Elle le voyait, lisait plus sur ses lèvres qu’elle n’entendait. Que devait-elle faire ? Son sang démoniaque lui intimait de ne pas s’opposer à son roi, sa nature naturellement bienveillante lui hurlait de réagir. Elle était une démone. Elle ne devait pas se dresser contre son chef. Mais elle aussi devenu une gardienne… Les larmes , s’étaient mise à couler abondamment sur ses joues, ruisselant sur sa peau violine, et se jetant de la pointe de son menton pour inonder le sol à ses genoux.

Encore un de ses regard dont Varog avait le secret et lui donnait envie de se terrer sous terre. Elle était une honte pour la race des démons cornus. Il le lui faisait sentir encore une fois. Elle n’était rien… Rien …

-Tu ne bougeras donc pas ? avait dit Varog de sa voix caverneuse.

Même ainsi… Elle n’était pas digne de lui, pas digne de son sang, de la fière race des démon cornu. Elle n’aurait jamais cette reconnaissance que quelque part elle recherchait de la part des siens. Les siens… Elle n’en avait jamais fait partie, et n’en ferait surement jamais partie. Un esclave, un insecte insignifiant. Ils ne l’accepteraient jamais. Pourquoi donc hésitait-elle ? Pourquoi sa nature cherchait-elle encore à se mettre sous l’autorité de Varog ? Pourquoi?

La peur.

Cette peur qui l’empêchait de bouger. Cette peur qui oppressait sa poitrine et l’empêchait de respirer.

Un gémissement.

Varog tenait à deux mains la tête d’Hidéo. Sa spécialité… Varog était connu pour ça. Et que faisait-elle..? Revenant un peu a elle, Pikaha avait tendu un bras vers le gardien. Elle ne pouvait le laisser. Non. Elle avait intégrée la garde. Elle l’avait choisit. Elle avait choisi son camp. Elle ne pouvait se trahir elle même. Elle ne devait pas laisser “un frère” dans l’horreur. Qu’attendait-elle encore pour agir ?!

Un cri.

-Noooon ! Relâche le !
hurla la démone, plus horrifiée que jamais.

Il criait de plus belle. Elle n’aurait pas le temps de chercher de l’aide. Varog serait déjà trop loin, ne laissant derrière lui qu’un cadavre encore chaud. Son corps se mit alors à bouger de lui même, ramassant son poignard avant de s’élancer vers le démon en poussant un cri barbare. Cri qui ne serait jamais aussi effrayant que celui de son ancien chef, mais qui au moins lui apportait un peu de courage. Elle était une gardienne. Une gardienne.

Elle n’avait pu le toucher. Il avait attrapé son bras avant qu’elle ne l’atteigne. Elle ne pouvait rompre le contact visuel avec lui, elle se faisait un devoir de soutenir son regard. Un frisson d’effroie secoua sa colonne vertébrale.

-Tu es aussi faible qu’eux. Tu as toujours été une honte à ta race.

Elle le savait. Depuis longtemps. Pourtant, se l’entendre dire était chose difficilement supportable. Elle était une honte, une tare de sa tribu, un déchet rejeté des siens parce qu’elle était aussi faible que les autres, voir plus. Mais les autres la jugeait sur sa race. Non… Pas tous. Un voile d’azur passa sous paupière, le temps qu’un battement de cil. Non. La-bas, elle n’était pas rien. Ni un déchet, ni une esclave, ni une démone. Elle était Pikaha l’empoisonneuse. Pikaha l’absynthe. Et on lui avait reconnu des qualitées. Non. Elle n’était pas rien. Dans son domaine elle n’était pas faible. On l’avait accepté pour ce qu’elle était, pour ses compétences… Si Varog lui paraissait flou a cause de ses larmes, l’image de son chef de garde se dressant devant elle le jour de son arrivé dans la garde s’imprima nettement derrière sa rétine. Ezarel. La garde.

- ça m’est égal ! Eux m’ont accepté !

Si elle avait toujours été très faible comparé aux siens, à Najm, avec sa mère, elle avait un peu appris à se battre. Au moins pouvait-elle se défendre un peu si on l’attaquait, avant de prendre la fuite. C’est ainsi qu’elle avait pu survivre après la mort de Neera. Puis a Eel, elle s’était entraînée avec quelques obsidiens, et Dalva de l’Ombre avant que celle-ci ne disparaisse. Pikaha savait bien que ce n’était pas ça qui réussirait à lui faire percer le cuir de Varog, mais si elle pouvait l’occuper un moment, pour laisser le temps a l’obsidien de se relever… Elle en serait heureuse. Mais Varog ne semblait pas intéressé par elle. Il la chassait comme elle l’aurait fait avec un moustique enquiquinant. Le peu de fierté qui lui restait en prit un coup. Elle n’était vraiment rien à ses yeux.

- Ne l’approche pas ! Varog !


Elle n’allait pas le laissait le tuer. Pas à cause d’elle. C’était de sa faute a elle s’ils étaient là. Elle n’aurait jamais dut prendre cette mission pour Micellis, elle aurait dû le convaincre de partir tout de suite, elle aurait dû le retenir quand il avait décidé de partir, elle aurait dû directement partir à la recherche de renfort. En courant vite… Elle aurait pu le sauver, les sauver, et arrêter ce tueur.

Elle n’avait pas ce qu’il s’était passé, un éclair blanc avait surgi d’entre les arbres pour sauter au visage du démon après que la gardienne se soit faite repoussé une nouvelle fois. Elle n’avait pas comprit, elle n’avait pas eu le temps de réagir. Un couinement plaintif, puis un craquement si caractéristique… La boule de poil blanche fut projeté plus loin sous le regard désespéré de la démone. Pas un sursaut, pas un soulèvement de sa petite cage thoracique…. Juste une petite mare de sang qui se formait sur la tête. Et pour la première fois, sur le visage de Pikaha, on put y lire une expression, proche de la haine. La tristesse de son regard se disputait sa colère. Pour la première fois, elle avait l’envie de tuer. Et c’est dans un cris barbare qu’elle attaqua de nouveau Varog, la vue troublé par ses larmes.
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