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 Le futur d'Eldarya [Leiftan, Nevra, Ezarel, Staliane, Selen, Harya, Dipree, Kather, Akihiro, Noctem, Xenos, Dànaé et Gwen] [Terminé]



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Division I mercenaire - Général
Général Mercenaire
Nourriture pour familier:
Bonbons d'amûre : 0

Equipement:
Long manteau noir à capuchon (ce manteau a la capacité de supprimer l'aura de son propriétaire. Il supprime aussi les odeurs.)

Armes:
Céléritaté : Épée courte magique. Elle se téléporte dans la main de son maître ou permet à son maître de se téléporter sur elle. Elle n'a qu'un seul maître.
Poignards

Potions:
Potions de soins - x1

Magie :
Force level 2 : Endurance
Force level 3 : Endurcissement de la peau

Vitesse level 5 : Célérité

Enchantement level 1 : Perception du maana
Red like roses fills my head with dreams
Cryokinésie
Magie de Rang O
Maana de rang C
Faery
182
1057
Il n’avait plus qu’une seule solution s’il voulait rester en vie. Il aurait espéré ne jamais se faire prendre au piège ainsi, comme un débutant, mais il était trop tard pour regretter quoi que ce soit. S’il ne bougeait pas, il allait mourir. C’était une certitude. Et la question ne s’imposait même pas dans son esprit : il vivrait. Il vivrait jusqu’au bout du combat si cela signifiait tuer l’homme qui se tenait sur ce piédestal fragile, Nevra. S’il avait généralement des réticences à tuer froidement, il s’en sentait plus prêt que jamais.

      Il voyait l’air contrit du chef des Ombres, devant lui, un air désolé, un air de pitié. Le sien n’était que haine. Il n’était pas encore temps de bouger. Son opposant ferma les yeux. Lâche. Regarde-moi si tu oses vouloir me tuer. Vois mon regard à cet instant. Tu n’y trouveras ni peur, ni regret. Comme s’il eut entendu ses pensées, Nevra rouvrit les yeux…

Pas encore.


Approcha le poing de sa bouche…


Encore un instant.


Et dans un même geste mordit le fil, qui se teinta d’une couleur jaune incandescente si vive qu’elle perçait l’aspect sombre des arbres environnants.


MAINTENANT !

      Plus rapidement que toutes personnes face à cette situation, Noctem reprit son épée solidement en main et la lança de toutes ses forces à travers les fils qui te tranchèrent un à un dans une teinte toute aussi solaire que pour Nevra. Cela importait peu. Il voyait les fils exploser autour de lui avec une lenteur incroyable. Tout semblait s’être ralenti. Même son épée lui avait semblé prendre des minutes entière avant de se transpercer le sol. Et ce fut le cas, il se sentit partir, voler comme une étincelle dans une douleur atroce. Mais cette attaque meurtrière n’avait pas réussi à entamer la détermination du mercenaire. Dès qu’il eut atterri, son épée en main, il profita de cet appui pour se propulser jusqu’au champ de bataille. Sa rage empêchait toutes douleurs de se manifester. Il ne retiendrait plus ses coups. Cette fois il le tuerait.
Il arriva droit sur le gardien qui, sans croire Noctem mort, était surpris d’une attaque aussi rapide.


«  AAAH ! cria le mercenaire en abattant son épée de haut en bas sur le gardien. »


      C’était un cri de haine, de rage qui venait du plus profond de ses entrailles. Le gardien croisa ses lames pour bloquer l’attaque. Noctem avait mis toutes ses forces dans l’attaque que Nevra peinait à canaliser. Ce dernier utilisa son appui solide au sol pour faire reculer le jeune homme qui recula avant de repartir à la charge. Ses coups étaient plus désordonnés, moins vicieux  mais plus bestiaux et plus puissants. Le bruit du métal qui s’entrechoquait était maintenant bien plus présent qu’auparavant. Nevra parait chacun de ses coups qui devenaient au fur et à mesure de plus en plus prévisibles et rapides. Il n’avait aucune possibilité de riposter, il n’en avait pas le temps.  Le gardien avait bien trop confiance en ses deux petites dagues. Noctem les briserait. Il asséna à Nevra un coup bien plus puissant que les précédents, espérant faire céder sa défense. Mais au lieu de cela sa lame glissa sur celles de l’Ombre. Il se rendit compte à ce moment-là qu’il avait laissé une ouverture béante le laissant à la merci de son ennemi. Il était impossible pour un espion et un assassin de ne pas le remarquer. Il était mort. Il ne restait plus qu’un seul coup à porter pour qu’il ne  mette fin à la vie du jeune garçon. Noctem sentit le coup lui arriver dans le ventre. Il n’avait même pas tenté d’esquiver et s’était pris son pied de plein fouet. Une fois qu’il eut envoyé le mercenaire trop loin de lui pour qu’il ne puisse le toucher, Nevra mit un genou à terre d’épuisement. Noctem en avait fait de même. Son épée plantée dans le sol avec sa main droite à sa garde. Il était plié en deux, le genou gauche au sol également. Il était haletant, mais pas vaincu. Puis soudain, une douleur vive, qui ne faiblissait pas. Ce genre de douleur qui vous cloue au sol. Son bras. Sa jambe. Comme une intense brûlure. Noctem fixa son bras et la peau rouge brunâtre et tuméfiée qui remplaçait sa peau initialement blanche. Quand ? Comment ? Il se rappelait, c’était l’explosion. L’explosion l’avait touché, même si cela n’avait pas été frontal. Et malgré sa téléportation, son manteau ne l’avait pas entièrement protégé du feu. Sa jambe était moins touchée, certainement grâce à son pantalon qui avait joué le rôle d’une protection supplémentaire. Maintenant qu’il s’en rendait compte, la douleur était insupportable. Il n’y avait pas que son bras et sa jambe qui le faisait souffrir. Il y avait sa tête, les souvenirs, les paroles du gardien qu’il entendait en boucle dans sa tête.

Calme-toi. Concentre-toi.


      Il ne fallait pas qu’il succombe à la rage. Elle ne lui servirait à rien contre un gradé des gardes. Et il se ferait touché, comme il venait de se faire toucher. Il avait pourtant vu la mort s’abattre sur lui à ce moment-là. Nevra en avait eu l’occasion. Mais il ne l’avait pas saisi. Pourquoi ? Avait-il encore une once de pitié pour l’ancien bénéficiaire du refuge ? L’orphelin de mère lui inspirait-il encore la compassion ? Mais pourquoi ?
Repense à ton entrainement. Ne laisse jamais tes émotions te dominer ou tu finiras tué. Cette rage lui avait donné la force, à lui de la canaliser. Il se releva, non sans peine. Son bras lui faisait toujours aussi affreusement mal. Nevra en fit de même.


- Arrêtons ici, Ignis. Je n’ai pas envie de te tuer.

- Ça tu aurais dû y penser avant de me faire sauter, pensa-t-il.


      Ils n’allaient pas en rester là. Un combat à mort. En bonne et due forme.


- Tu en es toujours à là ? Toujours à te dire que je ne suis que l’innofensif petit Ignis ? Allons, Nevra, nous savons tous les deux comment ce combat doit finir. Il ne peut y avoir qu’un seul de nous deux qui sortira de cette forêt.


      Nevra soupira en passant ses doigts devant son regard désemparé. Tout son visage était empreint de cette espèce de désarroi qui restait incompréhensible aux yeux d’Ignis.
      Quant à Noctem, il était décidé. Son regard n’exprimait rien. Ni compassion, ni rage, juste un vide, immense. Ils jouaient le dernier acte, celui qui allait décider de tout.

      Si une fausse note pouvait détruire toute une symphonie, il en était de même pour un homme. Ce regard où la rage s’était substituée à la raison déplaisait fortement à Nevra mais jamais personne ne lui avait demandé de jaspiner sur ce qu’il préférait pour le Destin des autres. Après tout, pourquoi s’acharnait-il à ce point ? Ignis l’avait choisi non ? Il avait enterré son nom en même temps que sa mère et son attachement à sa propre famille pour aller fricoter avec ces rebuts qu’étaient les mercenaires. C’était son choix. Il avait forcément dit “oui” à celui qui l’avait recruté et même si ces serpents étaient de fallacieux parleurs, il y avait fort à parier qu’il n’avait pas accepté, le couteau sous la gorge. Triste destinée pour un gamin qui jadis nourrissait de somptueux rêves.
Toutefois, si Nevra avait été de ces faeries qui abandonnaient facilement, cela se saurait. Il se redressa finalement et recula de quelques pas sans quitter le mercenaire de son regard violacé.


      Ils se tenaient là, à quelques mètres de distances l’un de l’autre, prêts à se bondir dessus. Noctem n’avait plus la force d’engager l’affrontement. Sa jambe, dont la brûlure paralysait les muscles, ne pouvait plus lui permettre Autant de rapidité qu’au préalable.


- C’est ridicule, souffla Nevra.

- Et alors quoi ? Tu vas me laisser partir ?


      Pour toute réponse, Nevra reprit l’assaut. Il sembla glisser vers Noctem, fondant sur lui, lame devant. Prit de court, Noctem para tant bien que mal l’attaque véhémente du chef des Ombres, tentant de protéger son bras endolori. Nevra sembla rebondir, en appui sur sa lame, sur celle de Noctem et exécuta une vrille tandis qu’il volait, atterrissant derrière le jeune homme. Il prit immédiatement appui sur son premier pied au sol pour l’attaquer de nouveau, visant sa nuque du tranchant de sa main. Le mercenaire suivit le mouvement du vampire, utilisant sa jambe valide pour pivoter et bloquer l’attaque avec sa main gauche, brûlée. Elle était la seule défense qu’il avait pu mettre en place avec la vitesse de son adversaire. Il serra les dents, tandis qu’il poussait stratégiquement le bras de son opposant loin de lui. Il n’avait pas pu tirer profit de cette attaque, n’avait pu fermer sa main sur le bras de Nevra. Il voyait de plus en plus la victoire lui échapper. Mais que faisaient donc Xenos et Dànaé ?
      Nevra s’était reculé et semblait avoir la suffisance de le laisser reprendre son souffle.
Finis en vite, se dit-il.
      Il se sentait inutile. Il avait tout juste la force de repousser les attaques. Même Nevra semblait vouloir lui donner un peu de répit. Il ne lui ferait pas la joie d’abandonner. Ni de tomber à genoux. Il voyait le regard désolé de Nevra qui hésitait à tenter quoi que ce soit.
Toutefois, il n’y aurait pas eu de respect s’il s’était juste barré sans achever son adversaire ou en capitulant. Nevra semblait préférer la première option, rappelé par son devoir de gardien. Il relança une série d’assauts, rapides, vifs, mais atrocement faiblards. Une petite affliction par là, un coup raté par ci. Des attaques incroyablement faciles à arrêter pour un infirme entraîné. Tout cela ne reflétait pas la force de frappe d’un chef de garde.


      Le coup suivant, Nevra visait encore la nuque de Noctem sans arme. Tout le monde savait que, même si les artères étaient faiblement protégées dans cette partie du corps, on ne saurait les déchirer à mains nues. Pourtant le vampire s’échinait à garder deux lames dans la main qui n’était pas destinée à frapper le cou. Etrange…
      Encore sa nuque. Cela n’avait pu échapper au mercenaire. Il ne fallait pas être particulièrement perspicace pour s’apercevoir qu’il n’y avait aucune intention de tuer dans les gestes de Nevra. Ils étaient d’une mollesse énervante.
      Et il persistait. La nuque une fois encore. Ce combat était-il donc sans fin ? Condamner à attaquer et esquiver à perpétuité ?
Quelque chose vint couper court à leur petit manège. Un son. Sourd. Le bruit d’une explosion. Cela brisa l’élan de Nevra qui, par réflexe, se redressa et tourna la tête vers la provenance de la déflagration. Il écarquilla les yeux lorsqu’il vit une épaisse fumée aux lueurs orangées s’élever contre le ciel, ainsi qu’un souffle balayer ses cheveux. Un souffle empli de chaleur.


      Un combat avait commencé au loin. Bien loin des pas de chats qu’avaient produit les deux hommes. Tout était bruyant et les auras explosaient d’elles-mêmes derrière les arbres.


- HARYA !! Vociféra Nevra.


      Il amorça un mouvement vers l’explosion mais il se stoppa bien rapidement. Il s’était ravisé et de nouveau tourné vers Noctem. Il semblait qu’il était incapable de l’oublier. Noctem aussi semblait soucieux. Il avait laissé son ami seul avec cinq gardiens. Et cette explosion… Ce n’était pas de bonne augure. Il fallait finir vite. Au diable ce gardien, au diable la douleur. Il reprit son épée en main, bien solidement. Cette fois il tenterait le tout pour le tout. Il profita que Nevra baisse sa garde pour s’éclipser. Il apparut la seconde d’après à côté du gardien, là où la brèche était la plus béante. Cette fois, il y mit toutes ses forces, tout son coeur, toutes ses tripes. Ce coup ne le tuerait pas, pas avec la vitesse de réaction de Nevra. Et c’était bien. Il n’en avait pas encore fini avec le gardien, mais il craignait pour la vie de son ami, son frère.
      Il n’oublierait sans doute jamais l’air surpris, presque horrifié du Gardien, comme si dans le reflet de ses yeux, il avait vu sa longue vie défiler. Pourtant, ses réflexes étaient effectivement au rendez-vous. Nevra opposa sa lame pour empêcher que l’épée s’enfonce trop profondément dans ses chairs, bien qu’il était quelque peu…
Trop tard…


      De son autre main, Nevra agrippa l’épée de Noctem, préférant le retenir lui plutôt que le sang qui glissait le long de son menton. Il vit le jeune homme sourire étrangement. Noctem lâcha brutalement son épée qui disparut de la plaie de l’Ombre pour revenir se loger dans le creux de la main de son maître.
      Et la pression artérielle joua son rôle. Le sang coulait lentement, doucement entre les doigts qui pressaient la plaie. Le vampire se rembrunit. Il ne pouvait pas le laisser partir. Mais malgré toute sa bonne volonté, il s’affaissa sur un genou, les mains sur sa blessure.
En voyant le vampire au sol, Noctem hésita. Il l’avait presque à sa merci. Il pouvait le ramener à Vorn Orgoloth où il serait acclamé, où il pourrait l’interroger, loin des armes et des affrontements. Il pouvait aussi le tuer. Mais Akihiro. Il ne pouvait pas laisser Akihiro seul face à ces gardiens. Après quelques secondes d’hésitation, il commença à courir vers l’explosion.


- JE NE TE LAISSERAI PAS FAIRE !


      Ce fut l’injonction qui annonça le coup suivant. Se retournant à l’entente de la voix du gardien, Noctem eut la surprise de faire face à une lame plutôt qu’à son propriétaire. Il avait lancé son arme, vraisemblablement et devant le peu de temps qui lui était accordé, Noctem opposa sa main plutôt que sa lame pour protéger ses points vitaux. La lame transperça la main du mercenaire, s’arrêtant à quelques centimètres de son visage. Le mercenaires lâcha un cri. Il se tourna vers gardien, avec une certaine colère.


- Tu ne pouvais pas crever en silence ?

- Encore aurait-il fallu que tu ais la force suffisante pour me tuer, haleta Nevra.


      Noctem s’approcha du vampire à petits pas, calmant ses hardeurs à la mesure de ses pas. Il n’allait certainement pas laisser cet homme l’empêcher de sauver Akihiro. Nevra le regardait s’approcher, sans amorcer le moindre mouvement. Le mercenaire s’arrêta devant le gardien et soupira lentement.

- Tu détiens tellement d’informations. Ils m’en voudraient certainement de ne pas t’avoir ramené au quartier général…

- Tu n’y arriveras pas. Je me débattrais pour t’en empêcher, jusqu’à ce que je me sois vidé de mon sang. Un otage mort, cela ne te sera pas très utile.


Et il avait un sourire tellement moqueur en disant ça.


- Ta vie, contre celle de mon ami, ce n’est pas cher payé.

- Alors ne dis pas que tu vas le regretter si tu ne m’embarques pas… Voyons, que fais-tu encore là ? Ton ami va se faire immoler par ma protégée.

- Je n’en ai pas encore fini avec toi. Si tu m’as arrêté avant, tu tenteras de m’arrêter encore.

- Tu gaspilles ton temps en d’inutiles paroles. Ne dirait-on pas que j’ai déjà gagné ? Souffla Nevra. Allez… Va le chercher, ton si précieux ami… Il va se faire battre.

- Si ta protégée se bat vraiment contre lui, à ta place je me ferais du souci pour elle. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, il faut que j’aille neutraliser ta petite bande.


Le mercenaire reprit son chemin en direction des explosions. Elles se faisaient de plus en plus nombreuses et pressantes. Une fois encore, la persévérance agaçante de Nevra tint toutes ses promesses. Noctem se senti ramené en arrière, retourné puis flanqué contre un arbre, une dague contre la gorge.


- “Lui” ? Contre qui se bat-elle ? Ne me dis pas que celui que tu appelles “ami” est cette ordure d’Akihiro.

- Tu sembles le connaître, ricana Noctem en tentant d’échapper à l’étreinte saillante de la lame.


Mais Nevra semblait encore plus appuyer dessus.


- Un ami… Lui ? Tu n’as plus le sens des réalités mon pauvre Ignis. Mais si c’est bien cet enfoiré qu’elle affronte, dans ce cas c’est moi qui n’ai plus de temps à gaspiller avec toi.

- Comme tu me l’as si bien fait comprendre tout à l’heure, je ne te laisserais pas non plus partir à sa rescousse!


      Nevra grogna mais décida de ne pas céder à sa colère. Il n’avait vraiment pas de temps à perdre, aussi il sortit d’une sacoche deux petits couteaux de lancer et les planta dans les vêtements d’Ignis, au-dessus des épaules, avant de décamper en vitesse. Noctem se dépêcha de retirer la lame de son épaule et courut en direction du gardien. Il ne pouvait pas laisser Akihiro être acculé de petits cons. S’il pouvait au moins retenir Nevra, ce serait déjà un chef de garde de moins. Il n’avait aucune chance pour rivaliser contre la vitesse d’un Ombre sans utiliser un peu de maana. Lorsqu’il fut assez proche pour l’apercevoir, il lança son épée en direction du vampire. Celle-ci se planta dans le sol, après que Nevra ait perçu l’attaque. Digne de son grade, ce Nevra.
      Si cela n’avait pas blesser le brun, il avait au moins permis à Noctem de se rapprocher de la cible. Nevra ne semblait plus vouloir le considérer. Il arriverait en premier et assénerait un coup surpris, aussi bas et sournois fût-il. Toutefois, malgré les trésors d’efforts qu’ils pouvaient bien déployer, il y avait des combats perdus d’avance, des volontés qui ne pouvaient être exaucés.


      Ils ne comprirent pas.
Ni pourquoi ils n’entendaient rien d’autre qu’un bruit sourd martelant leurs têtes, ni pourquoi le sol ne défilait plus sous leur galop. L’espace d’un instant, tout semblait ralenti, mais ce n’était qu’un cadeau de leur subconscient pour assimiler une chose.
Ils venaient d’être expédiés par une force invisible.
Loin, très loin. Ils ne surent jamais quel miracle fit que leur dos ne se brisa point contre un des multiples troncs qui auraient dû leur barrer la route, mais rapidement leur champ de vision ne fut couvert que par un ciel qui, malgré son immensité, semblait s’éloigner. Puis des piliers de roche bordèrent leur vision puis…


Une douleur et le noir complet.


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Habitant d'Eldarya
Habitant
A été dépossédée de tous ses biens par les mercenaires.
"Je veux que tu évolues dans la peur qu'en te retournant, tu me vois, prête à te châtier."
Pyrokinésie
Magie de Rang B
Maana de rang C
Faery
181
1049
Bon, pour le bien de ce RP, je poste ceci temporairement. 


Nous allons faire comme suit ;
Nous allons considérer ce combat-ci et faire comme s'il se passait en forêt et non dans une arène. L'issue sera la même, les deux se retrouveront à terre, l'un près de l'autre, inconscients. 
Pendant tout leur combat, vous avez sans doute été soufflés par les vagues d'énergies qu'ils ont déployée. 


http://eldarya-rpg.forumactif.org/t380-harya-vs-akihiro-1-corti-termine?highlight=Akihiro





Pour le reste, je laisse le soin à Ezarel, Xenos, Dànaé et les Gardiens de continuer le RP °v°


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Chef de la Garde Absynthe
Capitaine de Garde
° Armes

- Alquaramë, rapière argentée et gravée
- Aiguilles de métal
- Aiguilles empoisonnées
- Coutelas de Sélénia x4

° Potions

- Elixir de soin x3
- Potion anti-douleur x1
- Potion Imolsan x2

° Nourriture

- Bonbon au miel x1

° Objets d'alchimie

- Poudre arcanique
- Gaz corrosif des marais
- Rose de poison
IL N'Y A PAS DE PETITES SOUFFRANCES, NEVRA !
Phytokinésie
Magie de Rang A
Maana de rang C
Elfe
189
116
        Ezarel, malgré le fait que son souffle aurait mieux fait de servir à sa course, hurlait des ordres aux autres Gardiens qui, par la force des choses, s'étaient retrouvés sous son unique commandement. Et en plus, ils avaient la fée, l'objet des convoitises de leurs ennemis. Si Leiftan avait bloqué une folasse dans la forêt des ronces, l'elfe n'était pas plus sorti d'affaire.
        Cette impression se renforça lorsque Harya décida de se détacher du groupe pour entraver la progression d'un mercenaire qu'elle avait semblé reconnaître. Ce fait avait fait tiquer l'alchimiste. Normalement, l'existence des mercenaires était cachée aux Gardiens pour éviter les soulèvements dans la population et les accès de paranoïa ou, pire encore, de xénophobie. Une situation que les Hautes-Sphères voulaient absolument éviter, à juste titre. Si les réfugiés se mettaient à craindre leurs voisins de façon vicieuse, l'unicité du refuge, qui faisait aussi sa force et sa cohésion, volerait en éclats. Des éclats bien acérés qui crèveraient sans vergogne les espoirs de Miiko. Ce qui était à éviter. 
        Pourtant, Ezarel savait que si les réfugiés se mettaient à craindre les individus dans le refuge-même, ils n'étaient pas tout à fait en tort puisque...
 
        Puisqu'il y avait effectivement des mercenaires là-bas.
        S'ils n'avaient pas agi, c'était toujours dans le but de préserver le secret. 
        Mais voilà, même si les mercenaires dans le refuge étaient surveillés étroitement, même s'ils savaient que des mercenaires se faisaient sans doute passer pour des Gardiens, un si terrible secret placé sous un silence contraint avait une conséquence qui, sur l'instant, était plus grave que tout le reste.


        Staliane et Dipree... Ils n'étaient absolument pas préparés à ça.
        Nevra avait raison sur toute la ligne, Miiko avait fait le mauvais choix. 


        L'elfe fut ramené à la réalité par la voix de Staliane qui lui criait que deux personnes étaient à leurs trousses. Il se retourna légèrement en prenant garde à ne pas perdre l'équilibre et vit en effet que deux individus - un homme et une femme - étaient sur leurs traces. L'alchimiste fronça les sourcils. Il devait s'agir de deux généraux. Nevra lui en avait déjà parlé. Le vampire avait récolté des informations il y avait quelques temps, sans être sûr de leur véracité. 
        S'il croyait ce que son ami lui avait confié, la petite femme qui le pourchassait, c'était Dànaé. L'autre grand gaillard, sûrement Xenos. Ou quelque chose du genre. Peu importait.
        Ezarel sourit puisqu'il ne comptait pas écrire leurs noms sur leurs épitaphes. 


        Mais pour commencer, il devait les ralentir. Toutefois, avec une fée dans les bras, c'était lui qui était ralenti. Il souffla avant de regarder la fée.


- Bon, ne m'en veux pas, mais il est temps que tu prennes ton envol, tu es lourde. 


        Sans lui laisser le temps de réfléchir à ce qu'il venait de dire, il la redressa légèrement dans ses bras.


- Lève-toi et cours, dit-il avant de la jeter en avant en déployant toutes les forces qu'il avait.


        Il se retourna alors, laissant aux autres le soin de la relever si besoin était, et analysa la situation à laquelle il devait faire face. A ses trousses, deux mercenaires, vraisemblablement des Généraux et ceux-là étaient du genre déterminé, à en juger de part les éclats dans leurs regards. Ezarel fronça les sourcils. Il devait les ralentir et il n'avait pas beaucoup d'options avant d'arriver à celles qu'il aimerait éviter, même s'il savait qu'on ne pouvait pas toujours faire ce qu'on voulait dans la vie. 
         La première chose qui parvint à son esprit était que les deux autres le sous-estimaient grandement pour préférer une approche de front à une embuscade. Sans doute était-ce parce qu'il n'était que le chef de la Garde Absynthe, un elfe pratiquement inoffensif qui était davantage habitué aux vapeurs de ses potions - peut-être même lui avaient-elles grillé le cerveau - à l'ardeur des combats. Cela le fit sourire tandis qu'il posait une main sur un tronc d'arbre. Il la maintint en place un instant avant de repartir dans le sens inverse, sur les talons de ses coéquipiers. Il accéléra le pas tout en jetant des coups d'oeil de temps à autre derrière lui. Une fois que les deux mercenaires arrivèrent au niveau du tronc que l'elfe avait touché, ce dernier écarta violemment le bras et, en écho, une petite branche d'arbre vit sa croissance tellement exacerbée qu'elle barra d'un coup la route des deux mercenaires. 
        Bien sûr, ce petit tour de passe-passe était bien trop médiocre pour les stopper définitivement mais l'alchimiste essayait de jouer sur l'effet de surprise. Sa faible maîtrise sur les végétaux pouvait tout de même s'avérer utile, bien qu'il détestait avoir à l'utiliser. Ce n'était pas tant qu'il ne supportait pas commander la nature, bien au contraire, mais on avait trop longtemps prêté aux elfes une symbiose exagérée avec la nature. Une idée préconçue des humains, ça. 


        Ezarel toucha une liane sur son passage et cette dernière appela sa petites copines pour constituer un filet entre Ezarel et ses poursuivants, filet qui ne put résister au tranchant de l'épée du mastodonte. Là aussi, l'elfe s'y attendait, mais toutes les supercheries étaient bonnes pour gagner quelques mètres sur les mercenaires. Pourtant, il savait que cela ne suffirait pas, il devait passer à la vitesse supérieure. Tout en continuant sa course, il attrapa un petit bocal cubique surmonté d'un épais bouchon vissé. Il se retourna, coordonnant ses pas pour courir immédiatement en arrière et jeta avec violence la verrerie à terre. Il hurla aux autres de ne surtout pas s'arrêter et reprit sa route habituelle en accélérant le pas. Il entendit le verre se briser et, alors qu'il courrait, il attrapa une petite tige enduite d'une petite poudre noire. Il la prit du bout des doigts et la frotta verticalement et vivement contre un tronc, créant une petite flamme qu'il jeta derrière lui.


        Il y eut une violente explosion, et pas n'importe laquelle, puisque ce qu'Ezarel avait jeté auparavant n'était ni plus ni moins que du gaz corrosif des marais.


______________________


Ceci est une première session, j'ai d'autres coups en réserve alors merci de ne pas m'envoyer au tapis en deux posts, ça m'arrangerait beaucoup. Merci.
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Division I mercenaire - Général
Général Mercenaire
Arme :
Epée broyeuse

Equipement :
Nécessaire de premiers soins (préparé par Nury)
Potion de soin x2
Poison étourdissant x1
Poison létal x1
Flasque de gnôle
I'll leave with your head, oh, I'll leave you for dead
Pas de magie
Pas de Rang
Pas de maana
Faery
203
145
Voilà maintenant un jour qu’ils s’étaient séparés. Depuis lors, Xenos et Dànaé n’avaient cessés de courir vers leur but : la fée. La quête leur semblait longue, mais la détermination était présente. Le cristal brillait maintenant de plus en plus fort au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient. Des explosions se faisaient entendre. Les hostilités avaient commencés.


On se rapproche d’eux, dit soudain Dànaé.

Ils sont combien ? demanda Xenos.”

J’en sens quatre devant nous, répondit-elle. Mais avec le nombre de combats, c’est difficile à dire.”

Quatre ?


Xenos sourit. Quatre contre deux. Le combat promettait d’être intéressant et issu inéluctable. Il ne ferait qu’une bouchée de ces gardiens. Et puis il avait sentit quelque chose depuis qu’ils avaient quittés le quartier général. Ils étaient sûr de gagner. Il n’y avait pas d’autres issues possibles.


Quelque chose se laissait apercevoir à travers les arbres. Ce n’était que de vagues formes qui gigotaient comme de vulgaires herbivores pendant la période de la chasse. Ils étaient là. Ils étaient trois ou quatre. Un jeu d’enfant. Il entendit Dànaé dire un vague “Ils sont là” ou quelque chose dans le genre. Eux aussi les avait remarquer. L’un d’eux se retourna même. Une espèce de mec aux cheveux bleus qui déposa une jeune femme par terre. C’était elle ! La fée ! Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres du barbare. Il sortit bruyamment son épée. Que les festivités commencent ! Dànaé semblait tout aussi déterminée, bien que moins emballée.


L’elfe bleu était resté en arrière de la troupe de gardien. Encore un qui couvrait les arrières ? Xenos avait toujours eu horreur de cette technique. Mais elle était la meilleure à suivre lorsque l’on était sûr de perdre. L’elfe s’arrêta un instant près d’un tronc d’arbre. Il ne fallait pas être devin pour savoir qu’il avait posé un piège.


On fonce, déclara Xenos, répondant à la question de Dànaé avant même qu’elle ne la pose.”


Après tout, il n’y avait pas de temps à perdre, et quoi de mieux pour désamorcer un piège que de foncer dedans ? Son épée ne resterait pas inactives longtemps. Arrivé à hauteur de l’arbre, les deux mercenaires gagnèrent en prudence. Et ce ne fut pas un effort inutile, car une grande branche poussa à grande vitesse du tronc de l’arbre leur barrant le passage. Dànaé n’eut aucun mal à contrer le piège. Elle bondit sur la branche et glissa son corps filiforme entre les autres branches pour accéder à la suite du parcours. Mais Xenos était loin d’être aussi agile et préféra couper la branche à l’aide de son épée.


Le général avait pris un certain retard sur les gardiens mais aussi sur sa partenaire. Enervé par sa médiocrité, l’elfe bleu entreprit un nouveau subterfuge. Il toucha une liane et celle-ci se mit, avec l’aide de ses copines, à faire un filet impassible. Pour qui les prenait-il ? Des débutants ? Même de simples habitants auraient réussis à contrer ce médiocre piège. Xenos eut juste à ce saisir solidement de sa buster sword et à lancer un grand coup sur le filet. Celui-ci tomba en petit morceau, Xenos n’eut même pas à s’arrêter. Mais au moins, l’elfe avait réussis à les retarder tous les deux à des endroits différents.


Commence à me saouler celui-là avec ses petits coups… s’énerva Xenos”


Dànaé sourit légèrement. Elle ne pouvait pas désapprouver. Leur course continuait. Ils se rapprochaient maintenant des gardiens. Petit à petit. C’était à ce moment là qu’on pouvait voir la différence des deux organisations : mercenaires et gardiens. Mais ce petit jeu ne pouvait plus durer. Ils le savaient tous. Xenos entendit un bruit comme du verre qui s’était brisé non loin d’eux. Quoi que cela puisse être, ça ne pouvait pas être bon. Quelque chose se criait là bas. Ça ne pouvait rien signifier de bon. Xenos prit Dànaé par ses vêtements et la projeta de toutes ses forces en arrière.


Cours ! lui cria-t-il.”


Il courut à son tour dans l’autre sens. Quoi qu’il s’agisse, gaz, poison ou explosifs, ils ne pourraient pas atteindre l’autre côté sans être touchés. Il entendit un grand bruit, comme si un milliers d’éclairs s’étaient abattus sur le sol au même endroit au même moment. Xenos fut projeté au sol par le souffle de la grande explosion. Ce c****** avait des explosifs. Il était à éliminer rapidement. Xenos regarda Dànaé. Elle allait bien, ou elle en avait l’air. Mais le feu était toujours vif à cet endroit. Les deux généraux s regardèrent.


On va devoir contourné, n’est-ce pas ? Remarque, j’ai peut-être mieux en ce qui te concerne. Je peux essayer de te lancer avec ma buster sword à travers les flammes.


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Je peux changer si quelque chose ne va pas.
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- Un paquet de cigarettes
- Une colonne vertébrale qui lui sert de canne
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Le futur d'Eldarya
FT. Beaucoup de monde

       La chevauchée était vraiment ennivrante et la pluie ne pouvait pas dégrader cette plénitude qui avait envahit Stolphégan de tout son être. Il était beaucoup trop heureux pour que son sourire ne s'évapore. Même si la foudre s'abattait sur lui, elle ne serait rien à côté du coup de foudre qu'il avait eu pour le Destin, ce jour-là. 
        Les sabots de Nightmare, son Rawist, émettaient un clapotis désastreux sur la terre noyée sous la pluie, mais ce n'était pas grave non plus. Rien n'était grave ! Tout était encore plus beau que d'habitude. Son sourire jovial pendu à ses lèvres exsangues, il passa ses mains sous ses mèches de cheveux collant à son visage pour les confondre dans sa chevelure nébuleuse. 
        Cette fée, il la voulait. En cet instant, les intérêts des mercenaires et des gardiens ne lui importaient que bien trop peu, seuls les siens avaient une quelconque importance à ses yeux. Cette fée, il en ferait une reine si elle lui permettait d'atteindre son rêve, et il était prêt à tout pour ça. Il voulait juste rejoindre la Terre, qui pouvait si vivement l'en empêcher ? Il n'était pas si malhonnête, non, bien au contraire. Il était un gentilhomme épris de connaissance. Après avoir fait târir le flots de nouvelles connaissances qu'il pouvait obtenir sur ce monde, il voulait en changer, jouir de leurs sempiternelles évolutions, infinies connaissances, tout ! Il ne voulait de mal à personne !
        Il était même prêt à se retourner contre mercenaires et gardiens une fois qu'il aurait son billet pour le grand trajet en poche. Ce n'était pas si grave. Son départ aurait pour faire-part la haine de personnes qu'il ne reverrait jamais, et alors ? Il avait toujours été honnête avec les autres, mais surtout avec lui-même. Il s'alliait avec ceux qui pouvaient l'aider à s'élever, toujours un peu plus, en gardant l'optique qu'il y avait toujours quelqu'un plus haut que lui, quoiqu'il fasse. Alors, il continuerait de gravir l'échelle de la beauté et de la connaissance, encore et encore, jusqu'à ce que la mort ne reprenne ses droits sur lui. Ce n'était pas grave, Stolphégan était préparé. 

        Entre son Amie et lui, c'était également une histoire d'honnêteté. C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait toujours préféré la mort à la vie. La Mort ne trichait jamais. Elle venait une bonne fois pour toutes et ne faisait jamais de détour, sauf quand la vie décidait de faire un Coup d'Etat. Elle ne laissait jamais l'amère impression d'être autre chose que mort quand on l'était et ne donnait pas de mauvais espoirs. Intransigeante, cette Grande Dame avait assis son autorité sur tous les Êtres sans exception et pouvait parfois venir quand on le décidait. Même ceux qui se targuaient d'être immortels pouvaient se faire rattraper par cette Fallacieuse Courtisane, qu'ils le veuillent ou non.
        Stolphégan sourit davantage. Il n'avait jamais assez remercié sa vieille amie. Travailler à son service en tant qu'assistant avait été source d'une faramineuse accumulation de savoirs. Elle avait susurré à l'oreille de Stolphégan au creux de l'oreiller ce qu'il pouvait se passer après son passage, en lui faisant jurer sur la lune changeante qu'il ne le répèterait à personne. Ce savoir était la quintescence de tout ce qu'il avait pu espérer et, maintenant que la magie était devenue somme toute banale à ses yeux, il voulait entendre parler de technologie, de médecine, de sciences autres que l'alchimie. 

        Le noble se ressaisit. Quelque chose attira son attention. Outre le fait qu'il passait à côté de la forêt des Ronces, ce berceau à Mort Décolorée, il ressentait de nombreuses sources d'énergies, toutes plus imposantes les unes que les autres. Cet influx énergétique vint même le prendre à la gorge et manqua de lui faire regretter ses choix. Ce n'était pas tant qu'il craignait ceux à qui elles appartenaient, d'autant qu'il en connaissait déjà plusieurs, mais si jamais il venait à être embarqué dans le tumulte des combats et qu'aucun mort n'avait été inumé dans les environs, il serait malheureusement inefficace. 
        En réponse à ses doutes, une nouvelle bourrasque d'énergie le heurta de plein fouet. Son rawist se cambra dans un hénissement d'Outre-Tombe et le Dullahan dut se cramponner à son familier pour ne pas chavirer comme un novice. Une fois l'animal calmé - grâce à quelques caresses sur sa crinière osseuse - Stolphégan se redressa mais plaça son bras replié devant ses yeux qu'il n'eut d'autres choix que de plisser. La vague d'énergie irradiait avec une telle force... Elle était même ardente, ce qui était très désagréable. Si Stolphégan avait su attribuer certaines énergies à ses généraux ou à ses anciens chefs de Garde, celle-ci, il ne la connaissait pas. Ne pas connaître un adversaire qui en avait autant dans les manches... ce n'était guère appréciable. 
         Toutefois, il ne pouvait pas se défiler. Son rêve était à portée de galop, il devait y aller. D'un petit coup de talon contre le flanc de son animal, le nécromancien reprit sa chevauchée entre les arbres.




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Voilà plus d'une journée que Xenos et Dànaé recherchaient la fée séparément de Noctem et Akihiro. Sans succès, pour l'instant. Depuis peu, la forêt tremblait au rythme des combats qui avaient débutés. Visiblement, les deux autres mercenaires avaient rencontré des gardiens.
Mais la fée n'était pas avec eux : Dànaé sentait son énergie devant elle, si forte qu'elle en masquait presque la présence des autres gardiens à côté d'elle. Ils étaient quatre, cinq si la fée savait combattre. Bien que Dànaé doutait qu'on la laisse face à eux : trop risqué.
Elle annonça ses découvertes à Xenos, au moment pile ou les gardiens apparaissaient dans leur champ de vision. Xenos sourit sauvagement et tira son épée. Dànaé roula brièvement des yeux, puis se concentra de nouveau sur sa route, affichant un air déterminé.
L'elfe aux cheveux bleus en qui Dànaé reconnut Ezarel s'arrêta à deux reprises, très brièvement, afin de poser des pièges. Le premier stoppa brièvement Xenos, mais pas Dànaé, qui réussit à prendre un peu d'avance sur son compagnon. La situation s'inversa au niveau du second piège, un filet qui se fit détruire par Xenos sitôt qu'il eut récupérer son retard, et les mercenaires accordèrent de nouveau leur course, accélérant pour rattraper les gardiens. Ezarel se retourna, sans s'arrêter cette fois. Il balança une petite fiole qui atterrit quelques mètres devants les deux généraux. Probablement une substance explosive, ou un gaz empoisonné peut être. Mais s'il en était à prendre le risque de brûler toute la forêt ou d'empoisonner sa propre équipe, c'est qu'il devait être dans ses derniers retranchements.
A peine Dànaé eut-elle penser cela que Xenos la saisit et la balança au loin en lui hurlant de crier. Il devait avoir suivit le même raisonnement qu'elle, sur le contenu de la fiole du moins. Elle se réceptionna comme elle put, son allié l'avait vraiment éjectée n'importe comment ! Mais en entendant l'explosion, elle grimaça et conclut qu'il valait mieux une mauvaise chute qu'une explosion en pleine face.
Rapidement, la jeune femme rejoignit Xenos et ils s'entre-regardèrent. L'explosion avait, comme prévu, créer un incendie dans le passage. Hors de question de passer par là, il allait falloir faire un détour. L'elfe avait bien réussit son coup ! Mais Xenos proposa alors mieux :

“On va devoir contourné, n’est-ce pas ? Remarque, j’ai peut-être mieux en ce qui te concerne. Je peux essayer de te lancer avec ma buster sword à travers les flammes.”

Dànaé hésita un instant. Elle venait d'une contrée nordique, elle supportait mal la chaleur. Mais elle ne resterait pas longtemps à la portée des flammes, et il était hors de question d'échouer cette mission. D'un bref hochement de tête, elle marqua son accord. Après quelques réglages tels que la trajectoire ou la force que Xenos devrait mettre dans son geste, ils furent enfin près.
Quelques secondes après, Dànaé sentait les flammes lui lécher la peau et sa peau rougir sous la chaleur du brasier. Mais presque aussitôt, la sensation s'arrêta et elle atterrit une dizaine de mètre derrière l'explosion. Elle distinguait encore les cheveux bleus d'Ezarel, loin devant, et se mit aussitôt à courir dans cette direction. La générale ne se faisait pas d'illusion : elle n'arriverait jamais à vaincre les quatre gardiens seule, même s'ils étaient pour la plupart des bleus. Mais elle pouvait les ralentir en attendant que Xenos contourne le feu et la rejoigne.
Elle arriva enfin sur Ezarel. Il était bon dernier, et ses alliés se trouvaient loin devant, protégeant la fée. Accélérant encore pour prendre de l'élan, Dànaé sauta et asséna un coup de pied à l'elfe au niveau des reins, le faisant chuter. Elle poursuivit sa route sans vérifier son état. Il n'était probablement que déstabilisé de toute manière. Mais le mettre K.O. n'était pas le but de la générale, et elle poursuivit sa route jusqu'à finalement percevoir des bruits de course devant elle. Un éclair de cheveux rouges. Dànaé s'autorisa un sourire. Les mercenaires n'avaient jamais été aussi prêts du but.
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Si vous avez besoin que je change quelque chose, n'hésitez pas !
Désolée du temps d'attente, j'ai eu un de ces manques d'inspiration et de motivation...
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° Armes

- Alquaramë, rapière argentée et gravée
- Aiguilles de métal
- Aiguilles empoisonnées
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° Potions

- Elixir de soin x3
- Potion anti-douleur x1
- Potion Imolsan x2

° Nourriture

- Bonbon au miel x1

° Objets d'alchimie

- Poudre arcanique
- Gaz corrosif des marais
- Rose de poison
IL N'Y A PAS DE PETITES SOUFFRANCES, NEVRA !
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        On dit de moi que je suis le plus grand alchimiste qu'Eel ait jamais connu. C'est peut-être vrai mais comprenez-le bien, ce n'est pas en réalisant  des potions de soin somme toute basiques qu'on gagne ce titre honorifique. Ce n'est pas en étant excellent dans les aspects les plus faciles de notre profession que l'on devient quelqu'un d'exception. C'est en devenant le meilleur toutes catégories, notamment et surtout en ce qui concerne les choses les plus dangereuses. Les vainqueurs sont ceux...
        Qui prennent des risques.

        Ezarel courait toujours et commençait à haleter. À l'avenir, si toutefois avenir il y avait, il écouterait les conseils de Nevra qui allaient souvent de paire avec ses médisances concernant sa forme physique. Comme quoi, tous les elfes n'étaient pas tous de somptueuses créatures douées d'une légèreté et d'une souplesse sans bornes.
        Comme en réponse à son essoufflement, un violent coup dans son dos le fit arrêter sa course. Il partit en avant et seul un réflexe l'empêcha d'embrasser le sol. Il releva vivement la tête et, voyant que son attaquant n'était nulle autre que Dànaé, il se redressa complètement et repartit à sa suite, redoublant d'efforts pour la rattraper.
        Impossible. Il n'arriverait pas à avaler la distance entre eux deux, même s'il partait risquer une tendinite. Il devait ruser, une fois de plus. En appeler à son amie la forêt bien qu'il venait de faire exploser son gaz en plein cœur de celle-ci. Quel ami tout à fait fiable il était !


        Ezarel se rembrunit et tendit une main en avant. Immédiatement, des lierres qui jusque là étaient couchés sur le sol se redressèrent et filèrent vers Dànaé. Bien entendu, elle ressentit les bruits brouillés d'une forêt s'activant de manière artificielle, aussi, en une pirouette, elle tranchant du pied les liens de tiges qui voulaient la capturer. Alors, Ezarel qui venait tout juste d'apparaître dans son champ de vision, abattit le tranchant de sa main dans le vide et une branche pointue s'abattit sur Dànaé. Il ne sut pas s'il l'avait touchée ou non, toujours était-il qu'elle avait repris sa course et qu'il ne pouvait pas se laisser distancer. Invoquant alors l'obéissance d'une nouvelle racine, il la fit fuser à vive allure sur les bras de la jeune femme. Là encore, elle l'esquiva, mais une racine pouvait en cacher une autre, si bien que Dànaé dut hoqueter de surprise quand elle sentit quelque chose lui serrer le poignet et la soulever. Cette manipulation permit à Ezarel de rattraper la jeune femme et même de la dépasser. 
         Combien de kilomètres faisait cette forêt, déjà ?!


         Un glissement de tissus fit s'agiter les oreilles d'Ezarel et ce dernier se retourna pour voir Dànaé se libérer de son lien de bois. L'elfe pesta pour lui-même. Toutefois, il devait continuer de courir, toujours en la surveillant de temps en temps. Il ramassa une pierre sur son chemin et regarda encore une fois en arrière. Bien sûr, il n'allait pas lui envoyer un vulgaire caillou, il le rangea plutôt dans sa besace et écarquilla légèrement les yeux quand il nota un changement de luminosité dans son champ de vision. Regardant de nouveau devant lui, il remarqua qu'il arrivait dans une petite clairière d'herbes hautes. Là, il comprit de part les irrégularités de la courbe des herbes que ses collègues étaient déjà passés. Tant mieux. Ezarel bondit en faisant un demi-tour et s'arrêta aussi net. Il tendit les bras de part et d'autre de son corps et, après quelques secondes de concentration, il les ramena lentement devant lui, jusqu'à croiser légèrement ses mains. Entre Dànaé et lui et depuis les deux arbres entre lesquels l'alchimiste venait de passer poussèrent d'épaisses branches entrelacées qui finirent par se nouer avec celles de l'autre arbre, jusqu'à ce qu'une sorte de porte de bois sépare les deux antagonistes. 
        Satisfait mais non moins épuisé par son travail, Ezarel décida que cette petite clairière serait le tombeau de sa poursuivante, aussi il fit quelques préparatifs pendant le temps qui lui était alloué par un probable détour. 


         Quand la jeune femme arriva dans son champ de vision, Ezarel était face à elle, l'air étrangement serein. Il n'y avait rien d'autre que des hautes herbes dans cette clairière, il était beaucoup plus facile de se battre dans cette situation. La forêt ne s'en porterait que mieux.


https://www.youtube.com/watch?v=syLIUMrNqNw


         Un souffle, long mais déterminé, franchit les lèvres entrouvertes de l'elfe. Pourtant, la Générale accourait déjà vers lui, sans doute pour faire en sorte que plus jamais il ne la dérange. Alors qu'elle bondissait sur lui, prête à lui tordre le cou, une racine s'interposa entre eux et heurta la jeune femme au niveau de l'abdomen. La chassant en arrière, elle eut le bon goût de la poursuivre, mais la Général se reprit dans les airs et croisa les bras pour ne pas se faire empaler au niveau du cœur. Mieux que ça, elle vrilla et retomba sur ses deux pieds. Alors, Ezarel ouvrit ses paumes de chaque côté de son corps et releva les mains lentement, comme si elles forçaient contre quelque chose. Alors, la terre se craquela par douze fois autour d'Ezarel avant que ne pointent autant d'épaisses ronces de fibres claires. Les lianes ondulaient avec rage et semblaient viser la jeune femme. Ezarel les y invita alors en tendant ses paumes ouvertes vers son adversaire. 


         Les douze tiges fusèrent alors vers elle. Deux prirent les devant et s'encastrèrent dans la terre, là où se trouvait précédemment leur ennemie que seul un réflexe avait fait sauté sur le côté, la sauvant d'une mort atroce. Pourtant, il lui fallait continuer de courir puisque déjà les autres comparses naturelles la poursuivaient. Elle bondit au-dessus d'une et atterrit sur la quatrième du lot. Elle se mit à courir dessus, redoublant d'ingénieuses cabrioles pour s'en sortir. À force de bonds et d'escalades, Dànaé avait gravi de nombreux mètres. Toutefois, Ezarel continuait d'exercer son ascendant sur elle tout en tournant sur lui-même pour continuer de la suivre du regard. Il guidait ses amies de la forêt comme un chef d'orchestre, sa gestuelle était si précise que prévoir les attaques des lianes n'était pas si compliqué, ce qui expliquait sans doute pourquoi Dànaé n'avait toujours pas été empalée. Mais bientôt, cette dernière parut en avoir marre d'être malmenée de la sorte, si bien qu'elle bondit de son piédestal fragile pour s'abattre de tout son corps sur Ezarel, un poing en premier. Ezarel esquiva d'un saut en arrière et des lianes barrèrent la route de Dànaé. Cette dernière posa son pied dessus pour leur passer par-dessus mais dès lors une autre rangée de ronces s'interposa. Qu'à cela ne tienne, Dànaé gravit cet étonnant escalier avant de plonger derrière Ezarel. Elle roula au sol mais sitôt qu'elle eût renoué le lien entre ses pieds et le sol, elle repartit en sens inverse pour frapper Ezarel. Un poind dans la joue, puis une manchette dans le menton, pour terminer le mouvement par un coup de genou dans l'abdomen. Ezarel cracha de la bile sous les coups, peu habitué à être malmené de la sorte. Il en tomba même sur le flanc et alors le mur de ronces s'abattit une nouvelle fois entre les deux opposants, afin de protéger leur allié. L'elfe souffla un instant, sous le regard impitoyable de la jeune femme, et ne put s'empêcher de rire quant à sa propre médiocrité. Il ne pouvait pas se laisser faire. Pourtant, il restait allongé, à reprendre tranquillement son souffle derrière le treillis de ses lianes.


         Jusqu'à ce que l'une d'elle ne s'étende violemment depuis l'espace ridicule entre le sol et le corps de l'elfe, jusqu'à l'épaule de Dànaé où elle se ficha de toute sa longueur et de tous ses pics, avant de se retirer aussi sec. Là, la cage de ronce s'ouvrit sur Ezarel qui se recula vivement, profitant du bref moment de répit. Il devait trouver de quoi enchaîner. Visiblement, les ronces ne suffisaient pas. Alors, il regarda autour de lui et sourit quand une couleur rouge entra dans son champ de vision. Il tendit sa main vers cette couleur et serra le poing avant de plier vivement son bras en arrière. Les pétales rouges se précipitèrent sur cette ligne imaginaire inventée par l'elfe et l'instant d'après, il courrait sur son adversaire, éclat rouge en main. Il plia sa jambe d'appui devant lui et ramena son bras droit vers le nez de Dànaé. Il lâcha alors l'éclat rouge et une mystérieuse poudre dorée se répandit entre les deux.


- Respire-moi ça, ma grande.


         Ce faux coup de poing fut rapidement avorté, Ezarel préférant se reculer à nouveau pour ne pas à son tour inhaler ce puissant anesthésiant. D'ailleurs, à force de gesticuler dans tous les sens, les deux adversaires avaient fait se lever énormément de poussière, une myriade de petites particules bleues qui recrouvraient bientôt la moitié de la clairière depuis le centre. Dànaé sembla se demander ce qui était en train de se passer mais, voyant le regard assuré et non interloqué de l'elfe, elle comprit que cela ne présageait rien de bon. Elle devait l'empêcher d'agir, peu importe ce qu'il prévoyait. Alors, elle l'attaqua au corps à corps comme cette discipline ne semblait pas du tout être au goût de l'alchimiste. Elle eut raison puisqu'il ne sut pas même esquiver la moitié des coups, encaissant des dommages de plus en plus grands. À chaque coup, à chaque pas, la poussière s'élevait davantage et gagnait des hauteurs, se posait parfois sur leurs vêtements et sur leur peau. Ezarel comprit que le moment était bientôt venu. Il devait se sortir de là au plus vite. 
         Il invoqua alors une nouvelle fois son amie sylvestre alors que Dànaé lui assénait un coup violent au niveau de la joue. Il demanda exactement à cet instant à ce qu'une liane l'éjecte de l'endroit où il se trouvait pour s'éloigner le plus possible de la demoiselle. En plein vol, il s'empara de la pierre qu'il avait ramassée durant sa précédente course, ainsi que d'une branche carbone. Peu importait sa mauvaise réception, comme en témoigna le lourd craquement qui suivit son violent atterrissage. Ébaubie, Dànaé regarda l'elfe qu'elle ne pensait pas expédier aussi loin mais, quand elle vit ce qu'elle avait dans les mains, ses yeux s'écarquillèrent.


         Ezarel sourit sous la douleur. 


- Trop tard, ma grande.


         La branche frotta la pierre et une étincelle, petit joyau de vie, naquit entre les mains de l'alchimiste prodige. 


- Ezarel, chef de la Garde Absynthe. Anciennement Incantateur de Catastrophes. Ce fut un plaisir... ma grande.


         Il jeta la branche incandescente dans le flot volatile de poussières bleutées, une poussière qui n'était pas sans rappeler la puissance de la poudre arcanique, une poudre si fine qu'elle était un élément abrasif et explosif de choix, comme si on avait décidé de faire voler de la farine et d'y jeter une allumette. 
         Malgré le pas le plus rapide dont il était désormais capable, malgré toute sa bonne volonté, Ezarel ne put esquiver sa propre explosion. Dès lors que la branche noire avait touché la première friction entre deux grains de poussière, une première petite explosion avait résonné, immédiatement suivie de ses grandes sœurs qui s'étendirent avec une célérité folle sur toute la surface poussiéreuse. L'elfe se retrouva projeté en avant, poursuivi par une chaleur ardente. Il fut réceptionné par un arbre plusieurs mètres plus loin, à l'autre bout de la clairière. L'arbre en question avait invoqué pour son ami un lit de feuilles et de mousse pour que son ami ne se brise pas toutes les vertèbres. Le redéposant doucement au sol, il le réanima d'une douce brise oxygénée. 


         L'elfe resta un moment étendu sur le ventre au sol, le visage sur le côté et le regard perdu loin dans le vague. Sa vue était brouillée, bordée d'un halo intensément lumineux et il y avait cette espèce d'horrible et continuel son strident qui taraudait ses oreilles. Sa lèvre inférieure, balafrée, tremblait contre sa volonté et son corps ne semblait ne plus vouloir répondre. Il ne ressentait plus grand chose, mis à part le froid glacial qui rongeait son corps. Mais les irrégularités des afférences sensitives signifiaient bien que l'explosion avait dû le brûler sur toute la surface du dos, et peut-être même des jambes.
         Une nouvelle brise, comme un souffle pour le réveiller.
         Il sentit ses cheveux longs glisser sur son visage. Ils n'étaient plus attachés. Le regard turquoise du jeune homme était extatique et bientôt l'angoisse s'empara de lui. Son regard s'écarquilla et sa respiration, devenue rauque, s'accéléra, ne laissant passer que quelques faibles éclats de sa voix. Sa main, juste en face de lui, empoigna l'herbe et l'arracha d'un coup sec, sous le poids de l'horreur. Le regard d'Ezarel s'était figé dans la stupéfaction et, l'espace d'un instant... il arrêta tout simplement de regarder. De penser. De respirer. Seules des larmes coulant sans autorisation finirent par se suicider dans l'herbe, oubliées dans la rosée.


         Non... Non.
         Le regard d'Ezarel retrouva son éclat tandis que l'elfe cracha douloureusement le sang qui avait inondé sa gorge. 


         Il ne voulait pas mourir.


         Une jambe... puis l'autre. 
         Une jaaaaambe... puiiiiis... l'auuutre...
         Non... Cette autre... ne voulait pas obéir. Sitôt Ezarel eut posé son pied gauche qu'un craquement se fit entendre et dans un râle, l'elfe s'effondra à nouveau sur un genou, le regard sur l'affliction de sa jambe. L'épine blanche qui avait percé sa peau et sa botte ne signifiait rien de bon, vraiment rien. Non, cette blessure... était très grave, il le savait. Pourtant, il n'avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Là-bas, plus loin, trois jeunes gardiens devaient protéger une fée. Ezarel espérant sincèrement qu'ils avaient déjà gagné les plaines. 
         Il devait absolument se relever.
         Toutefois, l'utilisation exacerbée de son pouvoir l'avait épuisé et il y avait fort à parier qu'il avait lui aussi inhalé le pollen de la fleur écarlate. Il se laissa choir sur le côté et fit le choix de ramper à la force de ses bras et de sa jambe valide jusqu'à l'arbre qui l'avait sauvé. Il laissa sa tête tomber contre le tronc un instant avant de poser sa main à côté. Puis l'autre. Il se cramponna à son ami pour se relever. Cela prit énormément de temps, peut-être que Dànaé était déjà partie. Tant pis. L'elfe n'allait pas vérifier, ni faire fermer à son cadavre s'il avait réussi. 
         Il étreignit longuement l'arbre et celui-ci, reconnaissant et touché par son ami, lui présenta une racine pour qu'il puisse s'appuyer et continuer sa route. 
         Ezarel releva péniblement la tête vers la cime de cette arbre, confrontant son visage strié par les coupures, le sang et les larmes. Un visage qui devint souriant reconnaissance.
         Ses oreilles s’agitèrent deux fois.


         Il reprit sa route en boîtant, se tenant à cette racine qui lui traçait une route vers ses collègues qu'il ne manquerait pas de rejoindre. Il le leur promettait. Son regard se nimba à nouveau d'une grande volonté et, à chaque pas, il psalmodia ;


- Tenez bon. J'arrive. Tenez bon... J'ar...rive.


         Toutefois, il attrapa maladroitement une des fioles accrochées à sa besace sous scellés et en vira le bouchon d'un mouvement de pouce. Il garda ensuite la fiole contre lui, le pouce au-dessus de l'ouverture. Les dents serrées, il pensa à ce que ce tube contenait ; un dangereux explosif. Un simple lâché, un simple heurt au sol, et tout dans un périmètre de dix mètres disparaissait avec lui. Le bruissement des feuilles lui susurra que c'était d'accord.
         Si Ezarel devait mourir, rattrapé par les mercenaires, alors ils mourraient avec lui.


________________________


Enfiiiiiin !
Bon, Dànaé, tu finis comme tu veux du moment que tu n'esquives pas tout, merci, bye, ce fut un plaisir, en espérant ne pas t'avoir tuée ! ~


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Dànaé n'avait parcourut qu'une trentaine de mètres lorsqu'elle sentit des lianes s'agiter sous ses pieds. Ezarel n'avait pas mit longtemps à se remettre du coup de pied qu'elle lui avait envoyé. La mercenaire se débarrassa rapidement de la végétation qui l'agressait. A la périphérie de son champ de vision, la chevelure bleue de son poursuivant. La couleur, très voyante, attira son regard, et Dànaé ne vit la branche qui l'attaquait qu'au dernier moment. Elle fit un écart sur le côté, un peu en catastrophe, et la branche pointue ne fit que la frôler, déchirant sa manche, entaillant légèrement la peau.Sans se laisser distraire, elle reprit sa course, aux aguets. Ici, tout pouvait se révéler un ennemi sous l'impulsion du pouvoir du chef de l'Absynthe. Sa vigilance accrue permit à la jeune femme d'éviter une racine qui fusait, mais pas celle qui suivait la première. Son poignet emprisonné, Dànaé sentit ses pieds quitter le sol et vit Ezarel arriver à son niveau. Serrant les dents, de plus en plus énervée par les pièges et les tours de son adversaire, elle tenta d'atteindre celui d'un coup de pied, mais il évita l'attaque et continua à courir, la devançant.
D'un geste empli d'agacement, la mercenaire arracha son bras à l'emprise de la racine et reprit sa course, déterminée à avoir la peau de cet elfe. De toute manière, il ne la laisserait pas aller tranquillement jusqu'à la fée si elle ne le battait pas définitivement.
La générale se rapprochait petit à petit de son opposant, mais alors qu'elle allait rentrer dans la clairière où il se trouvait, les deux arbres qui formaient le passage virent leurs branches croître et se lier à toute vitesse, jusqu'à former une barrière infranchissable. Dànaé tenta d'emprunter un passage différent, mais malheureusement la clairière entière avait subit le même sort et il était impossible de se faufiler entre les arbres.
Elle envisagea un instant de continuer à poursuivre la fée, en laissant Ezarel poireauter dans son trou. Mais elle avait l'intuition que l 'elfe ne serait pas berner longtemps et qu'il la rattraperait, déportant juste le combat sur un autre lieu.
La jeune femme entreprit donc de grimper aux arbres, les hauteurs ayant été épargnées par la poussée de croissance subite.
Enfin, au bout de quelques minutes, elle parvint assez haut pour dominer les barrières et sauta, pour atterrir face à Ezarel. Elle eut l'impression de se retrouver dans une arrière de gladiateur : un espace à peu près rond, sans moyen de s'échapper, avec deux ennemis à l'intérieur.
Dànaé eut une pensée pour sa cible, qui s'éloignait chaque seconde un peu plus. Elle allait devoir agir vite si elle voulait la rattraper. Et que foutait Xenos bon sang ?!
La mercenaire ne perdit pas plus de temps et fonça sur son adversaire. Comme il fallait s'y attendre, une énième racine surgit et rencontra Dànaé au niveau de l'abdomen, coupant momentanément son souffle. Mais elle ne resta pas inactive longtemps et croisa les bras devant elle pour dévier une autre attaque du végétale, puis elle vrilla et atterrit finalement sur ses pieds à l'autre bout de la clairière. Retour au point de départ.
Cependant, elle ne put pas tenter une autre attaque : Ezarel ripostait. Tel un marionnettiste commandant ses pantins, l'elfe fit un geste en direction de Dànaé, sommant des ronces sorties de nulle part de la prendre pour cible.
Dès lors, tout ne fut plus que réflexes et instincts. Les ronces attaquaient sans cesse : à peine Dànaé avait-elle échappé à deux d'entre elles que les autres prenaient le relais. Elle n'avait le droit ni à l'erreur, ni à un temps mort : si elle s'arrêtait ou commettait un faux mouvement, elle mourrait. La jeune femme devait rivaliser d'ingéniosité et de cabriole pour échapper aux incessantes attaques dont elle était la cible. Et pendant que son corps était en pilotage automatique, la mercenaire réfléchissait à toute allure, observant Ezarel pour trouver un moyen de s'échapper de la prison végétale. Elle ne tarda d'ailleurs pas à remarquer les gestes que faisaient l'elfe pour guider ses alliées et il devint aussitôt plus facile pour Dànaé d'éviter les attaques. Ses esquives se firent plus précises et maîtrisées, moins spectaculaires : cela demandait aussi moins d'énergie.
Enfin, elle vit une ouverture entre deux ronces et bondit aussitôt vers son ennemi dans le but d'enfin mettre fin à cette comédie. Il évita son coup de poing et, de nouveau, des ronces prirent sa place. Dànaé, y prenant appui en prenant soin d'éviter les épines longues et acérées, bondit une nouvelle fois vers Ezarel. D'autres ronces lui barrèrent le chemin, et la jeune femme s'en servit encore une fois comme tremplin vers sa cible. Elle bondit vers le gardien, il s'éloigna dans la direction opposée. Dès qu'elle fut en contact avec le sol, Dànaé repartit dans sa direction et parvint enfin à le toucher. Coup de poing, manchette, coup de genou. Enfin elle prenait l'avantage ! Les plantes, ça allait cinq minutes ! Alors qu'elle allait donner un dernier coup à son adversaire pour enfin l'achever et pouvoir remplir tranquillement sa mission, les ronces s'interposèrent de nouveau, mais pour défendre cette fois. Impassible, Dànaé attendit que l'elfe daigne sortir de sa cachette. Il ne pouvait s'y terrer éternellement. Cela dit, cette petite pause ne pouvait faire ne mal à Dànaé : les cabrioles, ce n'était pas sa spécialité, et celles de tout à l'heure l'avaient épuisée plus qu'elle ne l'aurait voulu. Elle ferma les yeux et inspira profondément.
Cette seconde d’inattention fut de trop : elle sentit quelque chose fendre l'air, et au moment où elle rouvrit les yeux, une ronce se ficha dans son épaule gauche et s'en retira aussitôt. Un bruit étranglé sortit de la gorge de Dànaé, suivit d'un sifflement de douleur. Elle porta automatiquement la main droite à son épaule blessée et fixa Ezarel d'un regard noir quand il sortir enfin de son refuge.
Cependant, l'Absynthe avait encore un tour dans son sac. Exerçant de nouveau son contrôle sur les plantes, il attira à lui une fleur rouge. Il referma le poing dessus et courut sur Dànaé. Il balança son poing vers son visage, et elle recula pour éviter, mais il arrêta son geste au dernier moment et ouvrit le poing, libérant les pétales rouges et une étrange poudre dorée.

- Respire-moi ça, ma grande.

Evidemment, la jeune femme arrêta aussitôt de respirer, et fixa son ennemi qui venait de reculer, cherchant à deviner ce qu'il avait en tête. Sans succès, mais son regard déterminé fit comprendre à Dànaé que ce n'était rien de bon pour elle. Imitant l'elfe, elle recula pour s'éloigner encore plus de cette mystérieuse poussière qu'il avait voulu lui faire respirer. Et réussit au moins en partie d'ailleurs, car elle se sentit soudain fatiguée. La poudre était probablement un anesthésiant. Elle n'en avait pas inhalé suffisamment pour s'endormir, mais le peu qu'elle avait dans l'organisme suffisait à lui donner sommeil. Pour combattre la somnolence, la jeune femme se jeta sur Ezarel et l'attaqua au corps à corps. Elle n'avait pas mis longtemps à deviner que l'elfe y était malhabile, et cela se prouva encore une fois : il resta sur la défensive tout le long de l'échange, parant avec difficulté et peinant à esquiver.
Dànaé ne fit pas attention à la poussière qui s'infiltrait partout sur les deux combattants.
Alors qu'elle venait de lui asséner un puissant coup sur la joue, elle aperçut du coin de l'oeil une liane foncer vers eux et elle fit un bond en arrière pour l'éviter, mais ce n'était pas nécessaire : la plante éjecta Ezarel au loin sans se préoccuper de Dànaé. Les sourcils froncés par l'incompréhension, elle regarda l'elfe atterrir dans un craquement des plus sinistres à l'autre bout de la clairière. Le pire était qu'il semblait satisfait, presque fier de lui.

- Trop tard, ma grande.

Puis elle vit ses mains bouger et quand elle vit ce qu'il avait dans les mains et ce qu'il faisait, toutes les connections se firent dans son esprit en une seconde. Elle vit enfin la poussière bleue, comprit de quoi il s'agissait et ce que l'elfe manigançait depuis le début. Paniquée, elle tourna talons et s'éloigna le plus vite possible. Elle atteignait un arbre et commençait à grimper lorsqu'elle entendit pour la dernière fois la voix d'Ezarel :

- Ezarel, chef de la Garde Absynthe. Anciennement Incantateur de Catastrophes. Ce fut un plaisir... ma grande.

La première pensée qui lui vint alors que les explosion commençaient fit complètement absurde. Elle se demanda ce qu'il avait tous avec sa taille, et que l'elfe n'avait rien à dire puisqu'ils avaient, à peu de chose près, la même.
Et puis Dànaé sentit la chaleur des explosions et elle ne pensa plus à rien. Son corps vola en même temps que les arbres, arrachés par le souffle de la déflagration. Elle atterrit violemment beaucoup plus loin et cette fois ce fut son corps qui émit un craquement inquiétant. La mercenaire sentit quelque chose tomber sur sa jambe. Un nouveau craquement, elle hurla. Elle voulut bouger, s'éloigner de l'incendie provoquer une nouvelle fois par Ezarel, mais sa jambe était coincée, ses côtes lui faisaient mal et l'empêchait de ramper. Elle étouffa une bordée de juron et, lentement, prenant garde à ne bouger que son bras droit, chercha sa sacoche. Elle y avait mit des potions de soin en quittant le QG, et elle avait bien fait. Mais soudain elle se figea. A quelques mètres d'elle, sa lanière déchirée, il y avait son sac. Elle tendit le bras pour l'attraper mais, dans l'action, elle bougea de nouveau sa jambe. Le pic de douleur fut si intense que Dànaé s'évanouit.

***

Ce fut Xenos qui la réveilla. Probablement attiré par l'explosion, il avait découvert son alliée évanouie, une énorme branche sur la jambe. Vu la taille, elle faisait probablement parti de celles qu'Ezarel avait fait grandir avec sa magie.

-M'aurait fait chié jusqu'au bout celui-là... marmonna la mercenaire avant de reprendre à l'attention de Xenos. Passe moi mon sac, j'ai des potions curatives. Et si tu peux me débarrasser de la branche aussi... Je me débrouillerais pour la suite, il faut poursuivre la fée et je serais plus un poids qu'autre chose, dans cet état. Je te rejoindrais quand les potions auront fait effet, si t'as pas finis le boulot d'ici là...
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Tss, c'est pas une façon de traiter les dames ça, Ezarel ! x)
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Par un élan d'originalités, j'écris ce disclamer au début. Non en fait c'est juste parce que je dois prévenir qu'il y a des choses violentes... Encore une fois, si quelque chose ne va pas, je peux changer. ♥

Attention, des scènes de violences sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes. Si vous êtes sensibles des trippes… Mieux vaut ne pas lire la zone en rouge.

Cordialement ♥



Dànaé traversa les flammes sans aucun soucis. Il la regarda rapidement courir vers l’absynthe qui leur avait fait obstacle avec brillo. Il fallait bien l’avouer, celui-là leur avait causé du fil a retordre, mais Dànaé le battrait sans difficulté. Mais l’heure n’était pas à la contemplation. Il ne devait pas se tourner les pouces ou commencer à faire du tourisme maintenant. Il se mit donc à courir le long des flammes pour les contourner. Cette grosse explosion ne lui faciliterait donc pas la tâche. Dans sa course, il pensa à un détail. Et si l’elfe les avait menés dans une mauvaise direction ? Xenos s’arrêta quelques instants et chercha dans sa poche. Il sortit le petit fragment de cristal qu’il avait pris au quartier général. Lui au moins le guiderait sur le bon chemin. Il brillait. Ni ardemment, ni faiblement, il brillait juste, mais son éclat diminuait au fur et à mesure. N’étant pas totalement un abruti fini, il voyait que les gardiens s’éloignaient de lui et faisait route vers Eel et le quartier général. Ils passeraient certainement directement par Celimor, ce qui donnait à Xenos un certain avantage. Toutes ces ronces lui filaient le cafard. Et pour Dànaé… La miss était tout de même une générale, elle se débrouillerait. Et si tel n’était pas le cas, sa mort serait déplorable, mais ils avaient tous mis leur vie en jeu dans cette mission. Elle ne serait qu’un dommage collatéral de plus dans cette guerre.


Il se mit donc à courir se dirigeant vers Celimor, ce qui au final revenait à lui faire contourner le feu. Ce n’était évidemment pas réjouissant, mais il se résignait en se disant que, réjouissant ou pas, il n’avait pas le choix. Cela allait lui prendre une vingtaine de minutes rien qu’à contourner la zone enflammée. Grâce à l’humidité, les zones les plus extérieur s’étaient éteintes mais la zone restait tout de même large. Il voyait la forêt s’agiter de temps en temps. Des racines bougeaient parfois quand il courait. Certainement le fait de cet elfe des Absynthes. Maintenant qu’il y pensait, il lui semblait bien avoir entendu parler d’un chef des Abynthes elfe. Mais un Absynthe restait un Absynte. Ce n’était pas des guerriers et encore moins des tueurs professionnels. Il continua donc de courir vers la fée. Mais une détonation au loin attira son attention. Puis un grand souffle qui le projeta à terre. Il devait être à un bon kilomètre de Dànaé et de son ennemi. Quoi qu’elle ai fait pour essayer de s’en sortir, la pauvre avait du être sacrément touchée.


Après un moment d’hésitation, de questionnement, il décida de partir à la recherche de la fée. Dànaé savait ce qui l’attendait quand elle était partie du quartier général. Il n’y avait pas de retour en arrière. Sa décision était prise. Qu’importe ce qui était désirable. Mais, finalement, il se ravisa et courut vers l’explosion. Dans le pire des cas, ce ne serait qu’un détour, et si l’elfe n’était pas encore mort, il pourrait le tuer de sa propre main. Ou plutôt de sa propre épée. Les autres gardiens étaient les moins forts, pour preuve, ils étaient ceux qui n’étaient pas restés pour se battre. Et ça se disait gardien. Xenos ne tarda pas à retrouver Dànaé parmi les décombres de branches, de terre et de pierres. La pauvre était sacrément balafrée, mais en vie.


Hey, réveille toi la marmotte, arrête de tirer au flanc ! dit vivement Xenos en secouant la général.”


Dànaé ouvrit doucement les yeux, la tête un peu dans le vague, Elle reprit petit à petit ses esprits.



M'aurait fait chié jusqu'au bout celui-là... marmonna-t-elle. Passe moi mon sac, j'ai des potions curatives. Et si tu peux me débarrasser de la branche aussi... Je me débrouillerais pour la suite, il faut poursuivre la fée et je serais plus un poids qu'autre chose, dans cet état. Je te rejoindrais quand les potions auront fait effet, si t'as pas finis le boulot d'ici là…


Xenos alla chercher le sac qui avait glissé un peu plus loin et le donna à Dànaé. Puis il se mit près de la branche, coinça son épée et fit levier avec celle-ci pour que Dànaé puisse débloquer sa jambe.


Bon je vois que tu me laisses seul sur ce coup là… dit-il en effectuant quelques étirement au niveau des bras et des épaules. Okay, mais tu me dois une tournée à Orphyr ! Je ferais en sorte que tu ne meurs pas avant.


Il finit sa phrase avec un clin d’oeil avant de repartir en direction des gardiens. Il n’était finalement pas mécontent que la mercenaire ne l’accompagne pas. Elle pouvait être une vraie rabat-joie de temps en temps. Elle aimait le travail propre et bien accompli, sans superflu. C’était d’un chiant. Lui il aimait ne pas être très discret, il aimait causer des dommages collatéraux. Sur ce point Dànaé et son ex-élève se ressemblaient, mais Noctem était plus malléable. Plus violent aussi. Il courait plus vite, il s’en était rendu compte. Il ressentait l’adrénaline courir dans ses veines, l’excitation du meurtre. Mais il fallait faire vite aussi. Le plus vite il aurait récupérer la fée, le plus vite ils pourraient tous rentrer. Des violentes secousses s’étaient faites ressentir un peu plus tôt. les combats étaient violents et non sans danger. Sauf pour lui bien sûr. Le plus anciens général, le plus ancien mercenaire, un homme dans la fleur de l’âge, et il récupérait la bleusaille. Il vérifiait de temps en temps le petit morceau de cristal qui étincelait de plus en plus. Plus il brillait, plus il se dépêchait. Comme si son corps ne ressentait ni fatigue, ni douleur dues aux souffles des explosions.


Des pas, des pas, toujours plus de pas. Des arbres, des arbres, toujours plus d’arbres. Mais il entendait des voix.


Staliane, relève-toi, on doit se dépêcher ! dit une voix féminine.”

Laissons-la ici, elle nous ralentirait, dit une voix masculine plutôt calme et apaisée pour la situation. On a la fée, on doit remplir notre mission.

On ne va pas la laisser ici, Dipree ! s’emporta Selen.”


Ils tournèrent  tous la tête d’un même mouvement lorsqu’ils entendirent du bruit. Xenos déboula en pleine conversation. Quand il arriva, il se courba, les mains sur les genoux pour reprendre ça respiration.


Ouh… Vous m’avez sacrément donné du fil à retordre ! Bon, alors comment on fait ? Vous me donnez la fée, et je jure en retour qu’aucun mal ne vous sera fait, ni à vous, ni à vos petits camarades ?

Viens la chercher, dit le seul homme avec un sourire malsain.”

C’est drôle j'espérai que tu me répondes ça… répliqua Xenos avec le même sourire.”


Les deux homme étaient en gardes. Rapidement la filles aux cheveux rouges vint rejoindre l’autre gardiens et se mit à son tour en position de combat. Elle n’avait aucune arme. Détail qui étonna Xenos. Elle était juste armée de ses poings et de petites plaques de métal qui entourait ses membres. L’autre restait en retrait avec la fée, certainement histoire de la protéger ou de fuir si les choses tournaient mal.


Reste en retrait Selen, je vais m’occuper de lui seul.


La dénommée Selen semblait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre et se tourna vers son ami, lorsque celui-ci fonça tête baisser sur le mercenaire. Xenos resta cependant statique, un rictus au lèvres. Il était définitivement bête. Il lança un premier coup d’épée au mercenaire qui réceptionna le coup d’une seule main. Mais Dipree n’était plus un apprenti et continua à donner des coups, tous plus ou moins faciles à dévier. Xenos était lui même étonner du si bas niveau des gardiens. Il expédia d’ailleurs le gardien sans difficulté, d’un coup plus grand que les autres. Dipree tomba aisément sur ses pieds.


C’est tout ce que t’as ? le provoqua Xenos en faisant tourner son épée dans sa main.”

Ce n’est même pas le début…

Hm, ricana Xenos, on va voir ça.


Le drôle de faery se relança à l’attaque de Xenos. Mais cette fois ses coups se faisaient plus puissants. Les coups d’épée restaient relativement facile à contrer ou à éviter mais la force physisue était mise à l’épreuve. Ses coups étaient aussi souples que puissants, aussi rapides d'adroits. Mais Xenos était le plus fort. Il essaya d’immobiliser le gardiens. Sa claymore sous l’épée de Xenos, le mercenaire appuyait pour le faire plier. Dipree, qui serrait les dents, concentra sa force pour soulever sa claymore, allant contre la force de Xenos et de sa Buster Sword. En balayant l’épée, il laissa au brun l’opportunité de reprendre le dessus du combat. Cette fois c’était Xenos qui donnait les coups et Dipree qui s’efforçait de les éviter. Le gardien parait tantôt à droite, tantôt à gauche. Malgré sa rapidité et la fluidité dont il pouvait faire preuve, la puissance du mercenaire prenait le dessus. Sous la pression d’un coup, le bout de sa lame tomba à terre bien que son épée se trouvait toujours dans sa main. Il laissa une ouverture béante que le mercenaire ne laisserait pas passer. Il voyait le mercenaire lui bondir dessus, se préparant à lui assener un grand coup en revers, un sourire de tueur sur le visage. Le gardien se protégea le côté gauche de son épée qu’il tenait de la main droite. Mais un tel coup ne laisserait pas le gardien sans dommages. Il fut projeter sur le côté et se réceptionna de son mieux par une roulade avant. Le gardien entendit ses deux amis s’inquiéter pour lui.


Le gardien était à genoux, et le mercenaire ne pouvait pas passer cette opportunité pour le tuer. Il lui fonça dessus alors que Dipree peinait à se relever. Mais Xenos remarqua un détail qui lui fit se raviser. Au dernier moment, Xenos se jeta en arrière. Les flammes vinrent l’approcher de près, mais aucun dommage ne lui fut causé. L’Obsidienne était donc un pyrokinésiste ? En plus d’être un véritable crétin. Xenos siffla, comme un signe d’admiration avant de dire :


Eh bah ! J’ai eu chaud ! Sans mauvais jeu de mot…


Le gardien esquissa un sourire. En guise de réponse, Xenos se remit en garde, toujours avec le même sourire. Il attendit que Dipree recommence une attaque. Les démons étaient de natures sanguines. Et lui ne faisait pas exception. Il le réattaqua en pensant sérieusement qu’il avait une chance de le tuer. Il tenait sa claymore d’une main. Il donna un coup verticalement vers bas laissant le poids de sa claymore atteindre le mercenaire. Xenos balaya le coups de son épée, sans monter aucun signe de fatigue. Le poing toujours en feu, Dipree enchaîna avec un coup de poing au niveau du visage que Xenos esquiva en reculant la tête. Puis un coup de claymore vint lui frôler la tête qu’il baissa de justesse. Le deuxième coup de poing enflammé fut celui de trop. Xenos attrapa son avant-bras et s’apprêta à lui donner un coup d’épée. Mais le gardien agile utilisa ce qu’il avait comme appui pour sauter et frapper du dos de son pied la joue de son ennemi. Xenos se prit le coup de plein fouet. Il lâcha le gardien par réflexe et essuya la petite goutte de sang qui coulait de sa lèvre du dos de la main. Dipree était retombé comme un charme sur ses deux pied, non peu fier de son action.


Je te conseille pas de m’énerver, gamin. Tu pourrais y laisser ta peau… Je n’aime pas me répéter mais je vais le faire cette fois : donnez moi cette fée et personne ne mourra.


En guise de réponse Dipree se remit en garde.


Je prends ça pour un non.


Les deux hommes attaquèrent d’une même paire, épées à la main. Ils étaient maintenant tous les deux sérieux. Les coups fusaient. Ils étaient rapides, puissants, plus qu’auparavant. Les esquives étaient peu nombreuses, seuls les techniques pour parer les sauvaient l’un et l’autre. Aucun n’était meilleur épéiste que l’autre. Les techniques étaient différentes, mais rien ne permettait de les départager. Alors Xenos tenta son maximum pour s’éloigner un peu du démon. Lors d’une attaque il fit exprès de reculer, laissant penser à son ennemi qu’il avait gagner cette manche. Le mercenaire se leva de tout son long, faisant signe avec la main d’approcher. Avec le sourire des victorieux, Dipree s’approcha claymore à la main. Pendant qu’il courait, Xenos rangea son épée, et prit un de ses poings dans son autre main. Il craqua ses doigts et lorsque Dipree fut pile à la bonne distance lui jeta poing dans la figure, jetant le gardien à terre. Le gardien releva le buste et cracha une dent. Son épée était à terre. Xenos le releva d’une main par le col et sortit son épée de l’autre main. Mais pile au moment où il s’apprêtait à donner le coup final, il entendit un cris à sa gauche et vit un pied lui foncer dessus. Il recula, lâchant par la même occasion le démon.


La fille aux cheveux rouges était intervenu. Elle se dirigea rapidement vers son ami et l’aida à se relever.

C’est un mercenaire, tu ne pourras pas le battre seul, dit-elle intelligemment.”


Xenos se trouvait quelque peu frustrer. Cela lui faisait l’effet d’un repas manqué. Elle venait de lui retirer son jouet, son petit déjeuner, et il avait faim. Tant pis, il aurait deux proies au lieu d’une. Il tournait sur ses pas comme un lion en cage. Il avait envie de les tuer, de les découper, de retirer leur coeurs de leur poitrine. Il se demandait parfois s’il n’était pas un peu démon. Non, il était juste sauvage. Sauvage comme le Nord. Puis il s’arrêta. Sous le coup de l’énervement, il se prépara à l’attaque puis parti. Il traçait comme une flèche sur ses deux ennemis. Dipree para l’attaque lorsque Xenos abattit son épée. Dipree le bloqua assez longtemps pour que Selen puisse l’attaquer sur le côté d’un coup de pied, bien plus puissant qu’un simple coup de poing. Xenos se prit le coup dans la mâchoire, puis se ressaisit pour parer le coup suivant de Dipree. Ils échangèrent à nouveau quelques coups d’épées. La fealienne se plaça derrière Xenos et lui donna un coup au niveau du genoux. Dans un gémissement de douleur Xenos plia le genoux mais donna un coup d’épée sur Selen qui battit en retraite. Dipree profita du mercenaire agenouillé et de la diversion de sa coéquipière Pour tenter de trancher la tête du mercenaire. Xenos baissa la tête au bon moment et évita le coup. Selen courut vers lui préparant un coup de poing magistral. Xenos dévia le coup in extremis et para la claymore qui arrivait au dessus. Il était totalement dépasser par les deux gardiens. Dipree ne batailla pas pour asseoir sa puissance et retira son épée laissant le temps à Selen, dont le poing avait été dévié, de donner un coup de tibia dans le visage du mercenaire. Ce dernier tenta d’éviter le coup mais il se prit l’armure de métal dans le front. Du sang coula abondamment de sa tête. Il se releva tant bien que mal malgré les assauts, mais Dipree tenta d’attaquer son flanc. Un coup simple, visible, prévisible, mais il fallait parer. Xenos para donc avec son épée, mais au vue du sourire de Dipree, il sut qu’il était tombé dans la gueule du loup. Il vit la fille se diriger à toute allure, le poing à moitié tourné, levé vers la poitrine. Il se prit le coup de poing le plus fort qu’il n’avait jamais pris, entre le diaphragme et l’estomac. Il cracha sur le coup de la bile et un peu de sang. Et bien sur, le coup le fit glisser sur quelques mètres. Il tomba à genoux, ne pouvant se retenir. Il essayait de reprendre son souffle :


Salope… cracha-t-il.”


Les deux gardiens, fiers se remirent en garde. Pour sa part, le mercenaire fit de son mieux pour se relever. Il était mal en point. S’il ne faisait rien, il allait perdre. Et les deux gardiens l’avaient compris. Il ne pouvait pas se le permettre. Les deux gardiens attaquèrent d’une même paire. Le mec en armure lui avait interdit de le faire. Mais tant pis, il le ferait quand même. Avec un sourire résigné, il tira quelque chose de sa poche et la mit dans le premier trou de son épée, celui près de la garde. Un flux turquoise traversa l’épée jusqu’au deuxième trou, puis jusqu’aux “creux” qui formaient l’épée. La prochaine chose que les gardiens virent fut un arc d’énergie bleuâtre fendre l’air droit sur eux. La fealienne se protégea avec son avant bras gauche tandis que Dipree para avec sa claymore. L’arc d’énergie continua de les cisailler pendant quelques secondes avant de s’évanouir. Quand il revirent le mercenaire, il n’avait plus le même air. Ses yeux rayonnaient d’un bleu exacerbé, et son épée était parer en son premier trou d’un morceau de cristal.


Les deux gardiens semblaient tout d’un coup plus réservés. Quant à Xenos, le bougre ne sentait plus la douleur ou ses blessures. Celles-ci de toute façon étaient superficielles, mais cet état de transe était une vraie bénédiction. Xenos courut vers ses ennemis, plus déterminé que jamais et assena un coup d’une rare violence à Dipree. Sous le choc, le gardien faillit perdre l’équilibre. De peu, il fut sauver par sa coéquipière qui attaqua Xenos. Elle avait sauter pour donner plus de force à son poing mais il la balaya d’un revers d’épée. A terre, il la releva par les cheveux et avec toutes ses forces, il la balança le plus loin possible. Puis il fallait s’occuper de Dipree. Il para ses pauvres coups d’épée, puis lui foutu un coup de poing dans la joue. Il l’empêcha de tomber en le retenant par le col, et lui donna un coup de boule. Décidée à ne pas laisser son partenaire se faire tuer, Selen se redirigea vers Xenos. Celui-ci envoya un arc d’énergie assez puissant vers elle, pour la ralentir. L’arc d’énergie la faisait reculer de manière non négligeable. Il fallait en finir. Il s’avança vers le gardien et lui assena des coups d’épée de plus en plus fort, de plus en plus rapides, jusqu’à l’épuisement du gardiens. Ce dernier tenta un coup trop faible, trop prévisible, et dans un mouvement souple, ample et puissant, Xenos répliqua.


Aaaaaaah… cria le gardien.”


Sa claymore était tombée par terre, sa main avec. Il regardait, choqué, son bras coupé. Xenos s’avança vers lui. Il le regardait du haut de ses 2 mètres, l’air de la faucheuse sur son visage. Il voyait toute la haine que lui vouait le gardien. Puis, sans plus de suspens, il le transperça de tout le long de lame, puis retira son épée d’un seul coup. Le coeur était un organe mortel pour toutes les races. Le démon tomba à terre, les yeux à moitiés ouverts. Le sang coulait sur le sol. L’énergie du cristal avait laissé des stigmates sur sa blessure mortelle. Xenos releva l’épée et la posa sur son épaule au niveau de sa garde.



Qui est la prochaine ? dit-il sans sourire.”


Si la mort devait ressembler à quelque chose, c’est à lui qu’elle ressemblerait. A ce moment là du moins. Selen se dressa contre lui, tremblante, les larmes à moitié présentes sur son visage. Les deux autres faerys semblaient tétanisées.


Dipree… Murmurait la gardienne.”


La combattante encore debout courut vers le mercenaire, mais ces gestes étaient bien moins déterminés et bien moins précis. D’un coup d’épée, Xenos la projeta du plat de sa lame un peu plus loin. Le choc avait fait un “crac” significatif, et par la main placée de la faery, Xenos sut qu’il lui avait cassé une ou deux côtes. Xenos s’avançait lentement vers les trois filles.


Staliane, va t’en, ramène la fée au quartier général.


La fille hésita quelques instants, puis commença à courir avec la fée. Xenos eut un air d’énervement et se mit à courir vers les deux faerys. Il lança un ultime arc qui força les deux filles à se séparer. Dans un geste ultime de défense, la dénommée Staliane déclencha son pouvoir par accident et alluma une raie de feu la séparant du mercenaire, mais aussi de la fée qu’elles auraient du ramener dans leur quartier général. Selen se releva grâce à sa plus grande volonté, courut vers son amie, la prit par l’épaule et courut loin du mercenaire.


Kather ! cria-t-elle comme pour l’encourager à sauter par dessus le flammes qui n’était pas si hautes.”


La fée était résolue à rejoindre les gardiennes. Xenos se dirigea vers elle avec hâte et, alors qu’elle s’apprêtait à sauter par dessus les flammes, il la saisit par les cheveux.


Oh non ! Toi tu restes avec moi.


Elle saisit ses cheveux tirés en se plaignant et en ordonnant au mercenaire de la lâcher. Xenos l’attira vers lui et l'assomma. Il retint la fée de tomber avec son bras et rangea son épée. Il la prit ensuite sur son épaule et se redirigea vers la forêt.

Dànaé me doit une tournée.
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"Et bien, qu'attends-tu pour poser cette fameuse question ? Je sens que tu en brûle d'impatience." Avait-elle dit avec le même tact qu'autrefois.


Leiftan était troublé. Cette voix. Il connaissait cette voix par coeur. Il était impossible qu’il se trompe sur son identité. Mais pourtant, il ne pouvait croire ce qu’il voyait devant lui. Elle était morte, mais elle était là. Mais ce n’était plus totalement elle. Une lueur brillait dans ses yeux. Une lueur de cruauté, une lueur de haine, une lueur de folie. Une métamorphe ? Ou une créature aurait-elle volé le visage de son amie? Une seule question flottait dans sa tête :


Qui es-tu ? dit-il doucement, presque de manière inaudible.”


Il ne pouvait pas lui demander si elle était bien Gwen. Cela reviendrait à cracher sur la mémoire de son amie. Malgré tout, il avait besoin d’une réponse. Et elle, elle l’observait. Toujours avec cette même lueur d’amusement dans les yeux. Elle se jouait de lui. Elle n’avait aucune intention de lui répondre. Leiftan rassembla ses esprits et ferma les yeux. Il n’était pas temps de se laisser décomposer par quelques subterfuges. C’était une faery folle, cela ne faisait aucun doute. Il ne pouvait pas la laisser vagabonder librement, la laisser tuer des gens, ou la laisser déclencher des catastrophes. Il fallait la ramener chez les gardes. Il fallait la juger pour ses méfaits et décider de son sort. Toujours les yeux fermer, il déclara :


Au nom des gardes d’Eel, je vous somme de vous rendre immédiatement. Nous vous ramènerons à Eel où vous serez jugé pour vos crimes.


Il lui laissait une dernière chance. Même s’il s’agissait de la procédure pour les petits malfrats, elle n’était pas respectée pour des faery fous ou encore, des mercenaires. Il ne pouvait pas se décider à la tuer sans sommation. Il ne pouvait plus se résoudre à tuer aveuglément qui que ce soit d’ailleurs.
La faey folle se mit à rire.


La dernière fois que je m’y suis rendue, j’ai vu le Cristal voler. Au nom de Eel, tu dis ? Mais es-tu sûre qu’Eel existe vraiment ? Toi, ainsi que le reste gardiens, protègent une cause perdue depuis bien longtemps.


Il s’était attendu à ce genre de réponse. Il fronça les sourcils. Elle ne lui donnait pas le choix. Pourquoi cette réponse ? Pourquoi toute cette violence ? Le monde était-il tombé si bas ? Il ne savait plus quoi décider. Il s’était promis ne plus tuer. Plus jamais. C’était pour ça qu’il appréciait autant son travail avec Miiko. Plus de missions, juste de la paperasse et de la diplomatie. Et dieux, qu’il adorait la diplomatie. Mais il avait son devoir. Il devait les protéger. Les protéger tous. Du jeune gardien à l’enfant qui vivait dans les contrées septentrionales.


Tu ne me laisse alors pas le choix.


Elle haussa les épaules et esquissa un sourire plein de malice. Il souhaitait vraiment s’engager dans un combat ? La jeune femme fut un petit surprise par ce retournement de situation. Mais en y réfléchissant bien, elle se souvenait que Leiftan n’était pas du genre à mettre côte à côte ses sentiments personnels et sa mission. Mais dans ce cas-ci, il était simplement persuadé que ce n'était pas elle. Qu’elle n'était pas la douce et frêle Gwendolyn que Miiko et lui avaient côtoyé toutes ces années. Qu’elle n’était pas elle-même. Juste une femme qui avait sombré dans la folie. Mais était-ce réellement de sa faute ? C’était à cause des gardiens que le Cristal n’était plus ce qu’il était. S’ils l’avaient protéger comme il se doit, elle et bien d’autres n’auraient pas perdus leurs identités. Ils seraient restés ceux qu’ils étaient avant.


Très bien.” Dit-elle, le sourire au lèvre. “Après tout, “le corps parle de lui même en combat”. C’est bien ce que tu disais non ? À moins que tu n’ais oublié tes propres enseignements.


 Le provoquer était certainement sa meilleurs des chances. Elle voulait taper dur. S’il se souvenait d’elle. Si il finissait par placer sa tête sur le souvenir qu’il avait d’elle, alors elle pourrait lui faire du mal. Sa vengeance n’en serait que meilleurs. Lui ainsi que tous les gardiens qu’elle avait connu n’avait absolument aucune idée d’à quel point elle les haïssait. Ses obscurs pensées envenimèrent son regard et, l’instant d’après, une flamme noirâtre fit apparition au dessus de sa paume.


Je pense que tu n’auras plus jamais l’occasion de revoir ces flammes, dans leurs couleurs d’origine.


Pour la première fois depuis le début de leur entretient, son sourire s’était évanoui. Leiftan restait silencieux, préparant intérieurement son corps aux chocs magiques qu’il subirait, que ce soit de la part de cette feary folle ou de son propre fait. Il n’avait plus rien à dire face à ses élucubrations. Qui qu’elle soit, il ne pouvait pas se permettre de penser qu’elle était Gwen. Il n’avait pas le droit. Il ne pouvait mettre en danger ses compagnons, se mettre en danger pour une idée, une hésitation, un doute. Il était préparé au combat, il l’avait toujours été depuis sa plus tendre enfance. Il maniait le manaa avec la plus grande dextérité.


 Gwen fit alors quelques pas, tout en prenant soin de contourner le jeune homme. Elle ne reculerait pas, mais n’avancerait pas non plus. Elle prendrait ses distances. Elle estimait que le blesser serait suffisant. Mais elle voulait tout de même s’amuser un peu. Alors sans prévenir, elle lança sa première flamme en trajectoire de l’Etincelant. En voyant les flammes courir sur le sol, Leiftan se jeta sur le côté. Il regarda un instant les flammes continuer leurs trajectoires pour venir lécher l’écorce des arbres. Voyant l’aisance avec laquelle il esquivait son attaque, elle continua sa lancé en essayant de viser plus proche. Mais petit à petit, une partie des arbres prirent feu. Elle se stoppa, préférant ne pas trop alerter l’ennemi, et ferma d’un coup sec le poing. Cette action eut pour effet d’étouffer les flammes sans pour autant les faire disparaître.


A force d’esquives et de roulades, Leiftan se trouvait quelque peu haletant. Il regarda les flammes se minimiser autour de lui, pendant qu’il récupérait son souffle. Elle n’avait rien perdu de sa maîtrise. Sa maîtrise s’était même grandement améliorer. Il se releva, le coeur battant fort, mais le souffle à présent normal. La faery avait récupérer son sourire tordu et semblait fière de l’effet que ces flammes avaient eu sur le gardiens. Leiftan fit tomber son manteau de ses épaules. C’était maintenant à son tour de frapper. Il se concentra quelques secondes et ferma les yeux. Il restait aux aguets guettant par l’ouïe l’épéiste qui lui faisait face. Le sol commençait à se déformer sous ses pieds. La pression qu’exerçait son manaa autour de lui, avait superficiellement fissuré le sol. Gwen avait sortie son épée et était prête à combattre. Il ne suffit que d’un battement de cil pour que le faery disparaisse de son champ de vision. Les yeux de Gwen s'écarquillèrent l’espace d’un instant, et son coeur rata un battement. Elle connaissait cette attaque, elle l’avait déjà vue auparavant. Le temps semblait s’être ralentit. Leiftan réapparut derrière elle en une fraction de seconde. La main en pointe, les sourcils froncés, il allait frappé en grand coup. Le manaa qui englobait sa main était perceptible dans une légère effluve bleue. Gwen se tourna dans un mouvement à la fois vif et gracieux. Elle vit promptement la main de Leiftan avancer vers elle et ne tarda pas à se protéger du plat de son épée. La main de l’étincelant vint toucher l’épée et sous le choc du contact, il fi reculer la faery folle de quelques petits mètres. Si ce coup l’avait touché de front, il aurait aisément pu la transpercer.


 Rapidement, ils se remirent tous deux en garde. La jeune femme avait un bras a hauteur de son thorax afin de parer les coups visant cette partie du corps, tandis qu’elle pointait Leiftan de son épée de l’autre. Elle avait repris une expression un peu moins malicieuse, elle avait compris que même si son apparence l’avait troublé, il n’en serait pas moins tendre. C’était compréhensible, il avait eut dix ans pour l’oublier. Alors, à son tour, elle leva doucement son épée à hauteur de son visage, et en une fraction de seconde, elle se propulsa vers lui. Elle n’avait pas autant de maîtrise de son maana que Leiftan mais elle compensait avec sa souplesse. Alors elle visa son épaule droite, ses yeux, droits dans les siens. Rien ne pouvait stopper son élan, mais, elle se rendit rapidement compte que Leiftan était rapide. Très rapide. Ce n’était pas avec ce genre d’attaque qu’elle allait le blesser, bien que l’idée de son sang souillant le sol et ses mains ne lui était pas déplaisante.


 Rapidement, l’étincelant se propulsa sur le coté, suffisamment pour voir l’épée de son adversaire passer devant son torse. Il saisit habillement son poignet et la tira au sol. Se servant de son seul corps et de son manaa comme armes, il retenta de la transpercer avec sa main. Mais la faery se releva d’un bond en arrière et la main du gardien fendit seulement le sol. La terre se fissura, faisant perdre l’équilibre à Gwen. D’abords déstabilisée, elle se ressaisit rapidement et repartit à l’attaque. Le poids de son épée étant assez encombrant, elle abandonna son arme et lança son poing vers le visage de Leiftan. Habilement, il bloqua le coup de ses deux mains. Elle répliqua en faisant un faible chassé sur l’estomac du jeune homme, dégageant son poignet. Bien qu’il avait protégé ses organes avec son manaa, le coup avait quand même bien touché Leiftan. Il glissa sur quelques mètres, la main sur le ventre, les jambes fléchis. La faery profita de ce moment pour masser un peu son poignet. Le maana de l’étincelante de l’avait pas épargné, elle sentie une brûlure qui s’étendait sur le contour de son avant bras. Leiftan esquissa un sourire. Une attaque empoisonnée. Oh bien sûr, elle n’était pas mortelle, mais la douleur était handicapante. Le gardien mit une main à terre pour finalement se lancer vers son opposante. En arrivant sur elle, il bondit, le pied pointé vers la visage de la faery folle. Toujours dénuée de son épée, elle nous trouva pas d’autres choix que d’esquiver le coup d’une roulade sur le côté. Mais l’étincelant ne s’arrêta pas là. Il enchaîna avec un coup de poing vers le visage de la faery. Elle le para avec son avant bras. Même si elle ne rivalisait pas avec la maîtrise du manaa, elle le maîtrisait bien assez bien pour ne pas recevoir de dommages. Il continua ses attaques avec un coup de pied qui vint de l’autre côté de la folle, plus bas au niveau de l’épaule et du cou. Celui-ci non plus, la faery eut aucun mal à le parer. Mais Leiftan profita de cette esquive pour plaquer son autre pied contre la tête de la faery. Elle baissa la tête in extremis, laissant le gardien atterrir de l’autre côté. Elle ne faisait pas le poids contre sa vitesse, mais il ne faisait pas le poids contre sa souplesse et sa capacité d’adaptation.


Ne voulant pas lui laisser l’occasion de reprendre son souffle, l’étincelant reprit ses assauts, ses coups de poing et de pieds. Il se faisait toujours plus rapide, essayant de l’avoir à l’usure. Dès que la faery paraît un poing d’une part, un coup de pied s’en suivait instantanément. Gwen faiblissait. Elle avait du mal à parer et esquiver tous les coups et sa défense se faisait de plus en plus faible. Leiftan accéléra le mouvement à tel point que ses gestes devenaient durs à percevoir. Seul le bruit des coups permettait de comprendre ce qu’il se passait. Finalement, Gwen se fit éjecter un peu plus loin, haletante. Leiftan en profita pour foncer droit sur elle, mais la faery alla dans une direction sui semblait arbitraire. Laissant ses pieds glisser sur les derniers mètres, elle donna un grand coup transversal avec son épée, touchant violemment Leiftan. Le gardien s’était protégé, les bras en croix. Ceux-ci saignaient de manière plutôt abondante. Il avait beau avoir fait son possible pour créer un bouclier, il n’avait pas été assez épais pour le protéger totalement. Il toucha sa blessure gauche de sa main droite et laissa ses yeux descendre sur son bras. Mais Gwen avait décidé d’agir. Son épée en position, elle fendait l’air en direction du gardien, prête à lui assener un coup dangereux. Leiftan n’y voyait aucun échappatoire. Il eut à peine le temps de concentrer un flux de manaa devant la paume de ses mains et d’arrêter la lame de ce petit bouclier bleu. Gwen mettait tout son appui sur son épée essayant de faire fléchir Leiftan. L’étincelant serrait les dents. Le bouclier faiblissait à mesure que la faery folle appuyait sur son épée. Elle n’avait pas dû apprécier la précédente démonstration de force du gardien. Le manaa solidifié se fissurait petit à petit, menaçant à tout moment de céder. Il fallait qu’il agisse vite. Reprenant son courage à deux mains, il força sur ses muscles pour repousser son ennemie et battre en retraite. Mais le bouclier céda au même moment vint lécher doucement la base de son pouce.


A quelques mètres de la faery folle, Leiftan reprenait son souffle. Gwen le regardait avec un sourire tordu et un air supérieur. Il enchaînait les petites blessures. C’était mauvais. Les petites blessures précédaient les grandes. Il fallait qu’il devienne plus sérieux. Cette faery avait forcément dut avoir un bon entraînement. L’image de Gwendolyn, son amie de l’étincelante, lui sauta aux yeux. Non. il ne fallait pas que Leiftan y pense maintenant. Elle n’avait rien de son éclat, ni de son génie. Enfin… Il le pensait, il l’espérait.


A suivre...
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Alors Leiftan ferma les yeux et se concentra. Ses mèches de cheveux commencèrent à voleter autour de lui et une aura blanche sortit de sa peau. Il n’allait pas laisser cette femme souiller le souvenir de sa défunte amie plus longtemps. Il sortit de sa ceinture une sorte de tube couleur nacre paré de dorure. En soit l’instrument ne semblait pas offensif, mais la faery folle savait pertinemment son pouvoir. Deux arc de cercle de lumière vive sortirent de part et d’autre du tube, formant un arc étincelant. L'atmosphère se fit plus pesante. La faery folle avala sa salive, consciente de ce qu’il voulait faire. Il allait vraiment passer aux choses sérieuses ainsi ? Elle ne le pensait pas si désespéré au point d’utiliser sa magie. Pas ainsi, du moins. Néanmoins, elle connaissait sa méthode de fonctionnement. Elle avait vécu suffisamment avec lui et Miiko pour savoir comment les deux étincelantes procédaient, et ces dix ans de retrait n’avaient pas altéré sa mémoire. Elle ne pouvait pas se permettre d’oublier cela.

Je ne te savais pas aussi désespéré.” Murmura-t’elle, dans un murmure à peine audible, presque provoquant.

Mais elle souriait. Et le voir ainsi la motivait encore plus.
Elle se remit en garde attendant la prochaine offensive. Elle expira brièvement, elle savait que ce combat ne se terminerait pas.

Tu voulais savoir qui j’étais, débuta-t’elle. Mais au fond, ne connais-tu pas déjà la réponse ?

 Leiftan serra les dents. Il refusait, tout son corps refusait de répondre à ces provocations inutiles. Le regard qui suivit fut un peu plus sombre, mais il restait calme. Longtemps avant, Gwen admirait cette capacité. Un sang froid à toutes épreuves. Comme toutes étincelantes, elle savait camoufler ses émotions quand elle le désirait, mais, jamais elle n’avait réussi à le faire comme lui. La jeune femme était rapidement du genre à craquer, laissant de sombres émotions la submerger quelques instants. C’était certainement ce qui l’avait perdu le jour de l’éclatement.

Tout faery fou sera jugé et je dois m’assurer de ne pas vous laisser fuir. Votre identité ne saura obscurcir mon jugement.

 Sans qu’il ne la comprenne, elle eut un rictus. Comme elle avait envie de le voir souffrir. Voir son expression misérable se tordre de douleur. Elle voulait voir son sang abreuver le sol. Elle voulait voir sa chair trembler, se fendre sous ses coups. Elle le voulait mort. Comme Miiko, comme les réfugiés qu’ils chérissaient tant, comme tous les gardiens, qui l’avaient lâchement abandonné. Elle s’était promis de réaliser sa vengeance. Quel qu’en soit le prix.

 Elle activa sa magie à son tour, plus en profondeur. A la différence de Leiftan, l’aura qui s’était matérialisé autour d’elle n’avait rien de lumineux. La froideur, l’amertume de ses sentiments les plus profonds se faisaient ressentir. En tant qu’ancienne magie blanche, cette magie avait comme qui dirait une espèce de marque, propre à elle-même. Elle avait beau avoir changé, mais… C’était indéniable, Leiftan ressentait quelque chose de familier en sentant sa magie. Troublé, il décida d’ignorer le tout. Il ne pouvait pas se permettre de se laisser distraire en pleine mission.

 Des flammes noirâtres firent apparition autour de Gwendolyn. Elle les faisaient tourner à la simple force de sa pensée autour d’elle. Leiftan débuta l’assaut. Il bondit sur le côté et décocha plusieurs flèches de lumière. Elle esquiva une majorité avec des acrobaties assez basiques, mais l’une d’entre elle se planta dans sa cuisse droite. Elle eut un grognement roque. En un mouvement, ses flammes formèrent une sphère autour d’elle, en guise de protection. Elle serra les dent et passa ses doigts autour de la blessure. Sa magie n’était pas faite pour soigner, mais elle fit disparaître l’arme. Elle fermait les yeux et se concentra. Elle devait le sentir. Elle devait le ressentir. Elle DEVAIT le retrouver. La tension était haute pesante. Un courant d’air.
 Elle se retourna vivement et lança les flammes dans sa direction.

 Un mouvement (battement?) de coeur. Elle se stoppa un instant. Ses yeux, qui avaient pris une couleur rougeâtre à cause de son usage intensif de la magie, ces dernières année, reprirent pendant un quart de seconde leurs teintes d’origine.
 Non. Elle ne pouvait pas se permettre de laisser sa conscience revenir. Ses flammes se firent plus nombreuses à jaïr. Gwen se trouvait dans une grande fureur. L’aura noire venait entourée Leiftan. Son aura de lumière le protégeait de la suffocation, de la pression et de la pesanteur de cette aura maléfique. Tant de haine. Tant de rancoeur. Tant de folie. L'étincelant ne ressentait que de la compassion, et une profonde peine. La destruction du cristal avait lancé un mal sans nom sur tout le pays. Mais il ne pouvait pas la laisser partir. Sa magie noire ne battrait pas sa magie blanche. Il courait, tentant d’esquiver ces flammes noires. S’il se faisait toucher, c’en était fini de lui, les flammes ne s’éteindraient pas. Il chargeait son arc pour former une flèche assez puissante pour traverser ses flammes. Mais cette concentration d’énergie affaiblissait son aura en retour. Il s’arrêta un instant pour viser. Les flammes noires glissèrent vers lui. Il décocha sa flèche visant la faery folle qui se dressait devant lui, à quelques mètres à peine. La flèche perça les flammes qui se dispersèrent et s’éteignirent. Mais la flèche, bien que moins puissante, continua sa route vers la faery folle. Celle-ci l’esquiva d’un simple déplacement sur le côté. Leiftan ferma les yeux. La flèche, qui s’était planté dans le sol, provoqua une petite explosion. Leiftan profita de ce moment de répit pour arrêter le saignement de ses avant-bras. Il ne s’était pas fait touché par son explosion, sa propre magie ne pouvait lui faire aucun mal. Cependant, il s’inquiétait de l’état de la faery. Quoi qu’elle soit, qui qu’elle soit, il ne voulait tuer personne. Et même, si possible, ne blesser personne. Il voulait finir ce combat, même si au fond de lui, il espérait qu’elle ne s’était pas faite avoir. La poussière volait dans toute la zone. Il était impossible d'apercevoir quoi que ce soit.

Puis soudain, sortant le nuage de terre, Gwen s’avança en titubant, une main posé sur le flanc, faisant pression sur une plaie abondante de sang. Elle avait oublié à quel point ce genre de blessure faisait mal. De la sueur coulait sur son front. La magie, à grande dose, était épuisante. Elle devait économiser son énergie pour la fin du combat. Leiftan pour sa part était haletant. Son aura magique avait considérablement diminué après cette flèche vicieuse. Elle était au plus bas de sa forme, il fallait qu’il en profites. Il banda une dernière fois son arc, faisant apparaître dans la foulée, une flèche de lumière. Elle ne pouvait plus beaucoup bouger, il allait la capturer maintenant. Elle le regardait avec mépris. Au fond de lui, il s’en voulait de faire subir cela à un faery. Pointant avec exactitude la position de la folle, il tira une flèche qui se sépara en plusieurs petites pointes destinées à entourer la faery. Dans un élan de désespoir ou de déraison, elle utilisa une partie de ses dernières forces magiques pour s’extraire du cercle magique de capture. Leiftan fonça sur elle, sans arc, sans armes et attaqua la faery. Dans la foulée, elle tentait tant bien que mal de maintenir sa garde. Mais il lui était impossible de tout parer à la force de ses poings. Mais elle refusait d’abandonner. Elle refusait de perdre la face, pas contre lui. Alors elle releva le visage et plongea son regard dans le siens. Sans prévenir, elle se jeta sur lui pour le faire reculer et utilisa ses dernières forces magiques pour essayer de reprendre de l’avantage. Surpris par cette attaque, Leiftan essaya de la repoussé avec se mains. Ils se retrouvèrent, main contre main, Leiftan bloquant l’attaque de Gwen, mais la magie noire de la faery folle lui brûlait littéralement les mains. Sa magie réagit d’elle même. Un éclat blanc contre une aura noire, la raison contre la folie, le bien contre le mal. Le mal ? Etait-ce vraiment le mal ? La brûlure avait cessé. Mais ce n’était pas sa magie qu’il ressentait à travers lui, ni la sienne d’ailleurs. Une sorte de mélange de magies. Ce n’était ni bon, ni mauvais, ni agréable, ni douloureux. C’était pur. Leiftan écarquilla les yeux. Des flashs de son passé lui vinrent à l’esprit. Des flashs de lui et de ses deux amis qui venaient d’être promus à la garde étincelante. Des flashs de lui qui s’entraînait avec elles, Son sourire à lui. Son sourire à elle. Il connaissait cette magie.

Il la repoussa de toutes ses forces. Il lui était impossible d’en douter maintenant. Il se tenait devant Gwen, sa défunte amie. Il voulait dire quelque chose, mais aucun son ne sortait. Il voulait faire quelque chose, mais son corps était paralysé.

 Gwen souriait. Il avait enfin comprit. Elle était toute haletante, mais elle sentait une poussée de satisfaction grandir en elle. Elle ne sait même plus a ses blessures, ni même à son réservoir de magie. Mais cette réaction était inespérée. Elle n’avait pas suffisamment étudié la magie pour en connaître les provenances exacte, mais elle se doutait que c’était à cause de leur longue fréquentation. Peut-être se produirait-il la même chose avec Miiko ? Honnêtement, elle ne souhaitait pas le savoir.
 Elle avait vu, comme lui, ces flash. Leurs sourires, leurs moments passé ensemble. En fait, il ne se passait pas un jour sans qu’elle se remémore tout cela. Mais pourtant, elle ne chérissait pas ces souvenirs. Ce n’était que le passé après tout. Sans prévenir, elle ne pût s’empêcher de rire. Ce qui déstabilisa encore plus l’étincelante.

Tu dis vouloir me capturer afin que l’on me juge équitablement à Eel ? Fait comme tu le souhaites. Mais, navrée de te décevoir, aujourd’hui n’est pas le jour ou j’y reposerais un pied.

 Elle marqua rapidement une pause. Dans un élan de folie, elle claqua des doigts. De la fumée rouge, couleur sang, commençait à faire apparition autour d’elle, recouvrant petit à petit son corps, le faisant presque disparaître.

Transmet mes amitiés à Miiko.” Acheva-t-elle dans un rictus.


"Ce n'est pas la folie qui est capable de bouleverser le monde,  c'est la conscience."
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Gwen !cria-t-il en s’enfonçant dans le nuage de fumée.”


Trop tard, elle n’était plus là. Elle était belle et bien partie. Il avait tellement de questions : Que s’était-il passé ? Pourquoi n’était-elle pas rentrée au quartier général il y a déjà plusieurs années de cela ? Pourquoi Miiko l’avait-elle dite morte ? Il courut un peu plus loin vers la forêt. Elle ne pouvait pas s’être évaporée dans cette fumée. Mais une vive douleur sur ses mains le ramena à la réalité. Il regarda la paume de ses mains. Elles étaient noires, brûlée par une magie infecte. Il aurait besoin d’une bonne potion de soin d’Ezarel. Les gardiens s’était certainement séparer. Il avait entendu des combats et chacun connaissait la marche à suivre pour ce genre de mission. Ramener la fée au quartier général était leur priorité absolue. Il fallait qu’il se dépêche de retrouver les autres gardiens. Combien d’entre eux étaient tombés dans cette mission ? Et il ne parlait pas seulement de la mort, mais aussi des blessures. Physique comme mentale. Aucun d’eux ne rentrerait indemne de cette mission.


Il avait entendu des bruits un peu plus profondément dans la forêt des ronces, quelqu’un devait s’y trouver. Il courut à travers la forêt et les ronces. Il ne savait pas si l’aura noire avait diminuée ou si c’était lui qui s’était habitué, mais il s’enfonçait dans un lieu très dangereux sans y réfléchir à deux fois. Les lieux étaient sombres, toutes les ronces, tous les arbres, toutes les pierres se ressemblaient. Un vrai labyrinthe. Il avançait en essayant de se raccrocher à quelques traces de pas, quelques arbres abîmés. Puis, par un pur hasard, ou par un coup du destin, il tomba sur une zone qui semblait avoir été ravagé par une magie très puissante. Il ne savait pas par quel miracle les arbres tenaient encore debout, ni par quel miracle ils semblaient encore vivants. “Qu’est-ce qui avait pu produire un tel débordement d’énergie ?” se demanda premièrement Leiftan. Il s’était arrêter de courir pour observer un peu la scène qui prenait place autour de lui. Quoi qu’il s’était passé, il devait voir ce qui avait causé tout ça. Mais alors qu’il s’apprêtait à partir, un bruit le retint. Il tourna la tête dans la direction opposée. Il balaya la zone du regard. Un autre bruit, comme un gémissement. Leiftan décida d’aller voir ce qu’il se passait. Il avança à pas légers, un peu courber, de manière à se faire le plus discret possible. Il n’était pas aussi discret qu’une ombre mais il arrivait tout de même à se faire discret.


En se rapprochant, il vit deux silhouettes se dessiner contre la roche. L’un était un inconnu, à la chevelure argentée et aux habits noirs. Il ne bougeait pas et semblait inconscient. L’autre était…


Nevra ! s’exclama Leiftan en retenant sa voix.”


Il se précipita vers son ami. Il vérifia vite fait son état. Aucun besoin de vérifier son pouls, il ne le sentirait certainement pas. Ni sa température corporelle, il était habituellement aussi froid qu’un cadavre. Mais son souffle était régulier. Leiftan se sentait rassuré. Il essaya de bousculer un peu l’ombre pour le réveiller, mais rien y faisait. Il avait du recevoir un sacré choc pour être dans cet état. Leiftan se releva et jeta un oeil autour de lui. Ils n’étaient pas vraiment pressés, les combats autour d’eux paraissaient s’être calmés. Mais les autres gardiens étaient disséminés aux quatre coins de cette forêt maudite et l’idée ne lui plaisait pas. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il réunir les gardiens en priorité, quitte à laisser Nevra ici en attendant ? Ses mains le brûlaient encore. Il ne savait pas s’il serait capable de porter le chef de l’ombre avec ce type de brûlure. Peut-être devait-il retrouver Ezarel avant.


De lourds bruits de pas parvint à ses oreilles. Qui que soit cette personne, elle ne semblait pas se préoccuper de se faire entendre ou non. Leiftan se rabaissa aux côtés de Nevra. Alarmé, il tenta une fois encore de ranimer le brun. Mais tout ce qu’il parvint à obtenir ne fut que de faibles mouvements et de faibles gémissements. Des éclats de voix maintenant se faisaient entendre. Sans plus réfléchir, Leiftan prit le bras du gardien d’une main et ses jambes de l’autre pour le porter à l'abri un peu plus loin. Il se cacha, lui et son ami, derrière quelques végétaux assez denses. Ils n’étaient pas très bien cachés, mais Leiftan ne pouvait pas faire bien mieux pour le moment. Il fallait maintenant prier pour que personne ne le repère. L’étincelant poussa quelques petites branches pour laisser sa vision atteindre la scène qui se déroulait devant lui. Deux personnes, un homme et une femme, étaient apparus dans son champ de vision. L’homme parlait bruyamment, mais Leiftan n’arrivait pas à comprendre ses dires d’où il était. Après les avoir regardé attentivement, il reconnu leurs visages. Le grand brun était Xenos, un ancien déserteur, soupçonné de nombreux crimes. La fille, il ne la connaissait que par son rang. C’était une générale mercenaire. Ils l’étaient tout les deux. Il ne pouvait pas bien voir qui se trouvait plier sur l’épaule du brun, mais il croyait reconnaître Akihiro, le dernier général officiellement reconnu. Le quatrième était mort, il y a environ neuf mois. Ils le savaient de sources sûres. La fille quand a elle retenait la fée. Leiftan voulu sortir de sa cachette à ce moment là, mais au fond de lui, il savait qu’il ne ferait pas le poids seul. La fille ne semblait pas dans son meilleur état, mais l’homme trop bruyant pour être blessé. Et il était couvert de sang. L’étincelant sentit un frisson lui parcourir le corps. Qu’avait-il fait ? Il espérait qu’aucune des jeunes recrues n’étaient trop blessés. Il espérait qu’ils avaient fui devant le mercenaire. Xenos, le sanguinaire. Il n’avait pas ce titre pour rien. Leiftan ferma violemment les yeux, tête baissée. Il priait pour que rien ne soit arriver à ses jeunes gens.


- … Ignis… Il faut aller le chercher, souffla la voix caverneuse de Nevra.


Le vampire avait ouvert les yeux mais semblait encore à des kilomètres de la réalité. Et, du haut de son perchoir onirique, la seule préoccupation qu’il pouvait avoir, au-delà de sa propre survie, c’était récupérer ledit Ignis. Leiftan tourna la tête vers son ami. Il avait enfin reprit conscience. Il posa la main sur son torse pour le rassurer, le calmer. Puis quand il eut l’attention de l’ombre il lui fit signe de rester discret et de ne pas parler. S’ils se faisaient repérer, ils pourraient grandement le regretter. Le mercenaire prit le jeune garçon aux cheveux argentés sur son autre épaule, puis les deux mercenaires repartirent vers les profondeurs de Celimor. Leiftan lâcha un soupir de soulagement. Il ne voulait pas plus de conflits, ni plus de sang. Il se pencha vers Nevra, prenant le visage du chef de l’ombre entre ses mains pour attirer son attention. Il ne fallait pas qu’il retombe dans l’inconscience avant qu’ils aient pu atteindre Ezarel.


- Accroche-toi, ça va aller, le rassura-t-il. Tu crois que tu pourrais tenir sur tes jambes si je te soutiens ?



Nevra tourna la tête vers Leiftan, l’air complètement perdu. Marcher ? Par automatisme, il testa ses appuis, qui semblaient plus ou moins solides, plus moins que plus d’ailleurs mais au vu de la situation ça ferait l’affaire. Pourtant, quelque chose semblait retenir le chef des Ombres.


- Où est Ignis ? Tu l’as emmené ?

- Ignis ? Qui est-ce ? Il était ici ?

- Nous nous sommes battus… C’est… c’est le fils d’Elysa, il… il doit pas retourner là-bas… Ils se jouent de lui, il va se faire avoir, on doit aller le chercher !

- Attends, je ne comprends rien à ce que tu racontes… Qui est le fils d’Elysa, enfin qu’est-ce qu’il faisait ici ? Tu le connais ? C’est un ami ?

Nevra déglutit.

- C’est le gamin d’Elysa… J’avais promis de l’protéger, ce môme, mais… mais il a vu quelque chose et il a quitté Eel… les mercenaires lui ont mis la main dessus, ces salopards, cracha-t-il. Ils l’ont nommé Général, ils lui font croire qu’il a de l’importance pour mieux le manipuler il… il doit pas rester là-bas, merde !

- Donc, ils ont fini par remplacer l’ancien, se dit le gardien à lui-même. Ecoute, il n’y a plus personne ici. Les mercenaires sont partis. Mais tu n’es pas avec Harya. Et le reste du groupe. Où est le reste du groupe ?

- Je… Je sais pas j’ai… J’ai été arrêté par Ignis. Il est rapide, le bougre… J’ai juste eu le temps de voir Harya se détacher du reste pour entraver l’avancée d’Akihiro… Attends… Ils sont partis ? Akihiro était avec eux ?!

- Il me semble l’avoir vu avec le sanguinaire. Il n’était pas dans un bon état, finit-il avec un petit sourire.

- Elle l’a eu… Souffla le vampire. Il faut la retrouver. Et les autres aussi. Ils sont peut-être blessés. Akihiro est vraiment très puissant, je le connais. Elle l’a peut-être vaincu mais elle a sûrement été blessée…

- Tu sais où ils sont ? Où il faut se diriger ?

- Leiftan… La seule chose dont je me souviens, c’est d’avoir été éjecté avec Ignis à cause d’une force horriblement sombre. Je ne sais même plus d’où j’ai décollé tellement j’ai été chassé loin. Il me semble qu’elle partait vers une clairière pour pouvoir profiter d’un bon dégagement… enfin, c’est ce qu’elle aurait sans doute fait, vus ses pouvoirs.

- Je comprends. Vu les dégâts, je suppose qu’il faut se diriger à la source.


Nevra hocha la tête faiblement. Il voulait évidemment retrouver sa protégée, surtout depuis qu’il savait qu’Akihiro avait réussi à quitter leur affrontement. Il avait soudainement peur de l’état dans lequel il la retrouverait.
Néanmoins, il jeta un regard en arrière, attristé. Il aurait vraiment réussi à ramener Ignis avec eux. Il aurait pu le sauver, sans doute, enfin. Leiftan enroula le bras de son ami derrière sa nuque et le soutint de sa main gauche au niveau du flanc. Il regarda le vampire d’un air à la fois inquiet et contrit. Il avait eu son lot de souffrance. Il fallait vite rejoindre le quartier général. Il fallait vite rejoindre le reste du groupe. Les premiers pas furent laborieux. Le temps que les muscles récupèrent leur fonction première et que le rythme des pas s’inscrivent dans leurs têtes.


Les pas étaient lents et hésitants. Un trajet qui aurait du prendre une dizaine de minutes prirent trois fois plus de temps à être exécuté. Avec la fatigue et les multiples maux, ils eurent l’impression de parcourir des kilomètres.
Néanmoins, Nevra sembla recouvrer un peu de ses forces au fil des pas. Bien sûr, il ne pouvait pas être au mieux de sa forme mais il s’appuya de moins en moins sur Leiftan, allégeant ses épaules. Le vampire regarda le blond et son regard fut happé par l’état de ses mains. Quelle violence avait pu permettre cela ? Leiftan n’était pas un homme qui se battait aussi farouchement, d’ordinaire. Du moins, il ne l’était plus.


- Qu’est-ce qu’il s’est passé, Leiftan ? Demanda finalement l’Ombre. Tu nous as demandé d’épargner une ennemie pour t’en occuper à notre place et tu nous reviens avec les mains brûlées. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?


Leiftan prit un air grave. Ses sourcils étaient froncés et son regard entre la tristesse et la colère. Il n’avait pas envie d’en parler. Cette rencontre, cette découverte, elle avait été dure à digérer. Il repensait au combat, aux mots qu’ils avaient échanger, aux souvenirs qui avaient surgis. Elle avait dû le sentir aussi. Il ne savait pas ce qu’il devait dire au chef des ombres. Ni même s’il devait en parler à Miiko. Comment trouver les mots ?
Face à ce silence, le vampire décida de passer à autre chose.


- Tu ne me dois rien. Tu n’es pas tombé au combat, c’est le principal.

Leiftan sourit. C’était quelque chose qu’il appréciait chez Nevra. Ce dernier savait faire preuve de tact.

- Merci, répondit-il avec gratitude.


Nevra hocha simplement la tête, lui préconisant pour la forme d’aller voir Eweleïn aussitôt qu’ils seraient retournés à Eel. Il pouvait se tenir debout encore plus facilement tout seul, ce qui facilita leur avancée. Ils devaient absolument continuer. L’inquiétude de Nevra au sujet de Harya ne se calmait pas et il savait qu’il serait bien sot de ne s’inquiéter que pour elle.
Avant de devoir se concentrer sur Ignis, il se souvenait avoir vu Harya foncer sur Akihiro dans son aura de feu. Les deux avaient dû élire une grande clairière comme arène. C’était ce qui convenait le mieux à leurs styles de combat. La première clairière depuis la forêt des ronces avait dû faire l’affaire. Sans doute à quelques centaines de mètres de l’endroit où Nevra s’était battu. Sinon, l’énergie déployée par les deux autres adversaires n’auraient pas pu le chasser aussi violemment de son propre terrain. S’il avait pu mémoriser l’orientation de son vol plané, il aurait été plus facile de retrouver la provenance de cette bourrasque. Tant pis, il devrait se fier à ses connaissances de Célimor. Leiftan était soulagé de voir le vampire retrouver ses forces. Il le voyait ausculter la forêt en quête d’indices, de traces témoignant de la violente magie qui l’avait propulsé si loin. Mais Nevra, accélérait de plus en plus, par inquiétude certainement. Malgré la rapidité de son rétablissement, il n’était pas bon qu’il se surmène s’il voulait rentrer en vie à Eel. Leiftan le rattrapa, tentant de le calmer.


- La forêt entière pue le sang ! Cracha Nevra. Comment je fais pour retrouver Harya et les autres ?! Ça affole mes sens, c’est insupportable !

- Calme toi, dit-il calmement. Il faut que l’on garde notre sang froid si l’on veut retrouver tout le monde…


A mieux y réfléchir, Leiftan aussi sentait une sorte d’aura de mort qui sévissait autour d’eux. C’était le résultat de tous les combats, de toutes les traces de magie et les traces de leurs auras qui avait laissé cette atmosphère dégoûtante. Et la forêt des ronces s’en nourrissait.


Si Nevra humait dans d’effluves porteuses d’hémoglobine, cela ne signifiait qu’une chose ; les combats avaient été nombreux, dispersés et très violents. Leiftan tourna son regard vers Nevra qui avait pris un teint livide. Leiftan se concentra de nouveau sur leur trajet et continua d’avancer. La meilleure chose qu’ils pouvaient faire en ce moment-même était de trouver leurs équpiers.
Le vampire écarta des feuillages sur son passage et laissa son regard d’alcopafel balayer la clairière. Non, rien dans celle-ci. Ni odeur plus forte, ni corps inerte, ni même la moindre trace d’affrontement. En regardant cette clairière rougie par la lumière crépusculaire du soleil qui décidait seulement à cet instant à se montrer, jamais le vampire aurait pu penser que la sylve avait été la spectatrice d’un tel déferlement. Il soupira et lâcha mollement les fougères qu’il retenait avant de se tourner vers Leiftan.


Bon sang. Nevra voulait courir. Le plus vite possible, s’enivrer de la fraîcheur du soir, recouvrir toute la superficie de la forêt, la ratisser dans tous les sens pour remettre la main sur sa protégée, son frère d’arme et ses collègues gardiens. Ce silence de la part de la vie était un véritable sale coup et si cette dernière avait daigné être tangible, il lui aurait joyeusement craché sa rancune à la figure.


Le vampire posa sa main sur l’épaule de Leiftan avant de le dépasser et de continuer sa route. Il n’avait pas le temps de tergiverser. C’était pas cette clairière ? Alors ce serait une autre et il n’appartenait qu’à eux de se dépêcher pour trouver la bonne. Le regard de Nevra, auparavant exténué, s’était muré dans une sombre détermination. Plus les minutes passaient, plus les chances de retrouver une Harya en vie s’amenuisaient, le chef des Ombres ne le savait que trop bien. Que n’aurait-il pas donné pour que ses jambes le fassent courir comme s’il ne souffrait d’aucune affliction, pour que son odorat déniche l’odeur de Harya dans ce bazar olfactif !


Mais les résultats ne se basaient pas sur des spéculations et des espoirs. Le vampire se mit à trotter, faute de mieux, en surveillant que Leiftan le suivait. Ils traversèrent une partie de la forêt vers l’Est. Sur combien de mètres Nevra avait-il volé pour être éloigné à ce point de la jeune femme qu’il voyait encore intercepter Akihiro ? Le vampire secoua la tête, profondément frustré. Peu importaient ses questions, il était trop loin, de toute façon. Cette fragrance d’agrumes était trop loin.
Les agrumes…
Nevra se redressa vivement, sa prunelle grise figée dans l’immensité laiteuse de sa sclérotique. Le vampire tourna légèrement la tête vers Leiftan, son visage muré dans la stupeur.


- Dis-moi que tu peux courir.


D’abord interrogatif, Leiftan compris que l’heure n’était pas aux questionnements. Il hocha rapidement la tête en attendant les directives du chef de l’Ombre. S’il ne pouvait pas trouver la position des autres, il faisait confiance à Nevra pour cela.
Directives qui ne vinrent pas. Du moins, pas au travers de la voix de ce dernier. Il s’était simplement contenté de détaler comme un pimpel, peu importaient ses blessures. Il fendit l’air et l’océan de verdure, chassant les feuillages face à lui à l’aide de ses bras. Dans un bruissement affolé, Nevra déboula dans la clairière suivante. Il écarquilla davantage son oeil, surpris par l’état des lieux.


Comment n’avait-il pas pu le sentir avant ? La majeure partie de la clairière était carbonisée, quand le reste avait été savamment balafré de multiples entailles, toutes plus profondes et empreintes de violence les unes que les autres. Cet espace à ciel ouvert n’avait plus rien du souvenir verdoyant de jadis et il était même devenu compliqué d’imaginer qu’un jour cette partie de la forêt avait été luxuriante. Le pouvoir de destruction déployé là était bien trop immense pour laisser place à la rêverie.


Pas de doute, c’était bien là que Harya et Akihiro s’étaient battus. Nevra fut choqué, tant par la puissance déployée que par le fait que sa suffisance l’eût fait penser que ce qui l’avait chassé comme un fétu de paille avait dû au moins être proche de lui. Ce qui avait irradié la forêt était d’une force incommensurable et fatalement il repensa à ce qu’il s’était passé il y avait de cela dix ans.

Mais alors, où était Harya ?

Nevra, dont le coeur faisait d’horribles carambolages contre sa cage thoracique, laissait son regard fureter dans tous les sens et tous les recoins. Puis, il le vit, cet éclat immaculé au travers des restes de broussailles. Le prénom de sa protégée traversa la porte de ses lèvres alors qu’il s’élançait vers elle et se laissa tomber et glisser sur les genoux une fois arrivé à son niveau.


Il se figea, les deux mains encore en suspension au-dessus des joues de la jeune femme, le regard figé dans la terreur. Sa pupille glissa depuis la chevelure désordonnée et rendue poisseuse par le sang jusqu’au cou de la demoiselle, paré de la couleur violine et irrégulière des tuméfactions et de sang séché. Du sang… Il y en avait partout. Sur son épaule à la plaie cautérisée, sur son abdomen et le haut de sa poitrine où une fissure semblait être un véritable gouffre vers l’enfer.


Mais le pire… le pire dans tout ça, c’était ce sourire incroyablement satisfait flanqué à ses lèvres maquillées de sang. C’était ce visage serein couplé à cette respiration aussi fragile que les flux de maana.
Pourquoi souriait-elle ? Quel ange avait-elle vu en pensant fermer les yeux une bonne fois pour toute ?


Leiftan le suivit de près. La gardienne était inconsciente, dans un état pitoyable. Son regard oscillait entre le chef et sa protégée. Celui-ci semblait dévasté, complètement paralysé par la scène, par le corps a peine vivant qu’il tenait entre ses mains. La déplacer était dangereux. La laisser là était tout aussi dangereux. Leiftan regarda autour de lui. Hormis la clairière carbonisée et les différents effluves magiques qui circulaient encore, il ne sentait pas de présences proches. Il devait être hors de question pour le chef de l’Ombre de laisser sa protégée là mais c’était pourtant la meilleure chance pour elle de survivre jusqu’à ce qu’ils trouvent Ezarel.


Il posa sa main sur l’épaule du vampire pour lui rappeler sa présence.

- Il faut trouver Ezarel. Elle est trop faible pour faire le chemin. Il ne faudrait pas la blesser d’avantage.

- Et risquer que les mercenaires reviennent et l’achèvent ?

- Je comprends ta peur, mais il n’y a personne dans les alentours. Les mercenaires ont déjà obtenus ce qu’ils voulaient, ils ne feront pas demi-tour, lui assura l’étincelant sur un ton qui se voulait rassurant.

- Et si… Si elle meurt entre temps ? Si elle meurt seule ?

- Dans ce cas, je n’ai pas le choix, soupira-t-il. Reste avec elle et récupère des forces. Je vais dire aux jeunes recrues de continuer leur route vers Eel et je ramènerais Ezarel pour Harya et toi.


Cette solution était peut-être en adéquation avec le souhait viscéral de Nevra de rester avec sa protégée, pour autant il n’était pas capable d’oublier son devoir de Gardien. Sa prunelle grise croisa celles de Leiftan.


- Est-ce que tu as encore la force de te défendre ? Je ne peux pas accepter le risque de voir deux camarades tomber à cause de ma négligence.

- A part mes mains, je n’ai aucune blessure sérieuse. Et qu’importe ce que je dois affronter, nous avons besoin d’Ezarel. Alors ne t’inquiète pas pour moi, tu as d’autres personnes qui méritent ton attention plus que moi.


Sur ces mots et sous le regard de Nevra, l’étincelant sortit de la clairière dans la direction opposée à leur arrivée. A partir de là, il pourrait partir sur les traces fraîches des autres gardiens et des généraux mercenaires. Si le nouveau général et Akihiro s’étaient respectivement battus contre Nevra et Harya, il devinait que les deux autres généraux avaient poursuivi l’équipe d’Ezarel. Il n’était pas un grand expert en traque. Toutes ces années au quartier général, l’avait quelque peu rouillé. Et pire que tout, il ne savait s’il se sentait encore capable de quoi que ce soit. Il avait composé cette équipe, il avait empêcher Miiko de venir en lui promettant que tout irait bien. Il avait promis à tout le monde que tout irait bien. Et pourtant Nevra… Harya… Cette épée et ce mercenaire couvert de sang… Il avait aussi laissé échapper Gwen, par le faiblesse de ses sentiments. C’était horriblement handicapant. Cette déception, presque comme une désillusion le serrait, l’entravait. Il avait cru les gardes imbattables, imperturbables, mais il se rendait compte maintenant à quel point il avait été stupide.


Il secoua la tête vivement, essayant de chasser ses idées noires. Qu’importe ce qu’il avait pu penser un jour, ils avaient encore besoin de lui. Personne n’était encore mort et Miiko devait déjà être morte d’inquiétude de ne pas les voir revenir. Il repartit de plus belle en essayant de se motiver au maximum. Essayant de mobiliser ses yeux et sa sensibilité au maana pour retracer les va et vient dans cette forêt. Celle-ci était d’ailleurs étrangement agitée. Il reconnaissait là l’affinité d’Ezarel pour la nature. C’était très flou, mais il se disait que l’Est n’était pas une mauvaise destination pour rejoindre au plus vite le quartier général. Il se déplaçait doucement, traquant le moindre petit indice. Puis soudain, cela lui sauta aux yeux. D’abord, il ne vit qu’une forme exacerbée. Un arbre aux dimensions très inhabituelles, et dont les branches, bien trop grandes pour leur tronc, avaient jadis former un barrage. Une forme bien trop ingénieuse pour avoir été crée par la main de la nature. Ces dites branches avaient été tranchées d’un coup franc, avec une arme certainement grosse. Comme cette épée, l’épée du mercenaire. C’était donc Ezarel qui les avait affronté. A ce moment, il craignait le pire. Il craignait que le sang qu’il avait vu sur cette épée soit celui d’Ezarel. Il craignait de le retrouver dans un état proche de celui d’Harya, voir pire. Un frisson vint parcourir son échine. Une montée d’adrénaline traversa son corps. Le chemin s’ouvrait devant lui. Entre les traces de pas, les branches et les lianes coupées, il ne pouvait pas se tromper de direction. Il se mit à courir le plus rapidement possible. L’affolement l’encourageait à avancer, tandis que la fatigue freinait sa course. Au bout de quelques minutes, son souffle le força à ralentir, puis, finalement, à s’arrêter. Il maudissait son impuissance. Une partie du gardien lui criait qu’il pouvait encore aider tout le monde, sauver tout le monde, mais une petite voix sournoise au fond de son coeur lui murmurait qu’il était trop tard, et que malgré tout ses efforts, il était déjà trop tard. Qu’Ezarel était mort, que Selen, Dipree et la jeune Staliane étaient morts. Il se releva, faisant taire cette petite voix. Il lui prouverait qu’elle avait tort.


Il leva les yeux et observa devant lui le chemin qu’il devait suivre. Il ne savait pas pourquoi la forêt lui semblait si sombre dans ce coin. La verdure au loin semblait avoir disparue dans un camaïeu de gris. Il avança lentement avec une certaine curiosité mais avec une certaine retenue. Plus ses pas s’accumulaient, plus ce camaïeu prenait sens dans sa tête. Ce n’était pas un simple assombrissement, c’était le théâtre d’une explosion. Le choc avait abîmer les arbres alentour, les calcinant au passage. L’herbe aussi avait disparue à de nombreux endroits. De petits foyers flamboyants continuaient de brûler de leurs petites flammèches. Il n’avait jamais entendu parler ce genre de force chez les mercenaires. Il regarda le sol, prit quelques cendres refroidies entre ses doigts pour identifier quelques vestiges d’un quelconque produit utilisé. La poudre noire avait la même couleur que la cendre, à quelques nuances près. Mais son odeur elle était caractéristique. Il n’aurait jamais pu autant remercier les jeunes absynthes d’avoir fait sauté le laboratoire d’alchimie. Ezarel avait causé cette explosion. Il avait plus d’un tour à sa ceinture. Et si les potions étaient rarement très utiles en attaque, elles étaient très bonnes en défense. Il n’y avait aucune raison que le chef des Absynthes ait été battu. Il continua sa traque avec hâte.


Après l’explosion, les plus grands pas s’étaient arrêtés. Quelqu’un avait dû arrêter de suivre le combat, et ce n’était ni Ezarel, ni Dipree. Cette explosion avait donc été bien utile. Les pas d’une des personnes se faisaient plus rapprochés. La forêt semblait lui vouloir lui raconter une histoire. L’histoire de ce qu’il s’était passé ici. Les plantes avaient émergées de toutes parts. De longues lianes traînaient à ses pieds. Puis ce fût au tour des ronces d’apparaître. Certaines lui montraient le chemin, ondulant dans la direction dans laquelle il courrait. D’autres semblaient former des tourbillons, comme des petits pièges. Au fur et à mesure de son avancement, il voyait des traces de terre, dénué d’herbe, des traces de dérapage. Un combat au corps à corps. Comment en était-il arrivé là ? Si seulement il avait courut encore un peu plus longtemps. Le même spectacle gris qu’auparavant et une forêt complètement meurtrie. Un autre genre d’explosion, plus puissant que la précédente. Il en soupçonnait même plusieurs. Aucune trace de mercenaire dans les parages, ni de n’importe quel faery d’ailleurs. Un étrange silence s’était installé dans son cerveau. Ils disaient que le cerveau ne supportait pas le silence, mais aucune pensée ne voulait lui traverser l’esprit. Il était perdu devant une scène si morte. Il avait presque peur de déranger ce calme du bruit de ses pas. Il avançait peu à peu avec une sérénité anormale. Il vit une silhouette noire à moitié cachée par les arbres, un peu plus loin dans la forêt. Il s’approcha avec une certaine méfiance. Puis en avançant, il reconnu la chevelure bleue d’Ezarel. Il était en vie et même debout. Mais il ne bougeait pas.


- Ezarel ? prononça-t-il tout bas.


Il cru percevoir un très léger mouvement de tête, comme si l’elfe avait machinalement répondu à son prénom. Il posa très doucement sa main sur une des épaules, une zone que le feu et les explosions avaient épargnés. En tournant son visage vers celui de l’Absynthe, il vit l’ampleur des blessures. Du sang coulait encore humide cerclait sa bouche. Ses yeux à moitié fermés ne donnait aucun signe de conscience. C’était un miracle s’il tenait encore debout. Il était adossé à une racine amie. Dans sa main tenait en équilibre une fiole à la couleur extravagante. Cette couleur ne lui inspirait rien qui vaille. Leiftan mit doucement sa main sous la dite fiole, pour la saisir sans faire tomber une seule goutte. Lorsqu’il eut saisi fermement le flacon il éleva sa main de quelques millimètres. Ce mouvement déstabilisa l’elfe qui tomba à la renverse, la fiole toujours dans sa main. Le coeur de Leiftan rata un bond. Il plaça à toute vitesse sa deuxième main sur le contenant pour éviter sa chute. Il ne put empêcher l’elfe de tomber de tout son poids sur le sol. Il s’excusa intérieurement de ce manque de courtoisie, mais au moins, personne ne serait plus blessé. Tout en gardant la fiole dans sa main, il chercha de quoi la refermer. Il avait du laisser le bouchon au sol. Mais après quelques secondes, il souffla en abandonnant. Il posa la bouteille au sol, assez loin de lui pour qu’il ne la heurte pas par inadvertance.


Il s’approcha d’Ezarel et le retourna avec le plus grand soin. Malgré ses faibles connaissances en alchimie, il savait bien reconnaître une potion de soin. Il y avait eu recours à de nombreuses reprises dans le temps. Il regarda à la ceinture de l'alchimiste, cherchant une petite potion verdâtre. Après avoir dévalisé les deux tiers de sa ceinture, il trouva finalement une potion de soin. Il la déboucha avec précaution et mit sa main droite sous la tête du gardien. Il fit couler le liquide dans la bouche entrouverte de son collègue et ami.


Allez, bois, je t’en supplie, pria-t-il.”


Il referma sa bouche manuellement avec sa main gauche. Il fallait plus qu’espérer que le réflexe de déglutition ferait son travail. Il ne pouvait plus qu’attendre maintenant. Il ne voulait pas le laisser seul et il ne savait pas si lui-même serait capable de le ramener jusqu’à Nevra et Harya. Leiftan prit le bouchon de la fiole vide et retourna vers la dangereuse fiole encore ouverte qui trônait sur le sol. Il la reboucha méticuleusement avec un petit sourire de satisfaction. Après cela il s’assit lourdement sur le sol. Seul Dipree, Staliane et Selen manquaient à l’appel. Ezarel les avait dû les protégés, leur ordonner de courir vers le quartier général sans se retourner. C’est ce qui était le plus sage. Il leva la tête vers le ciel. Peut-être étaient-ils déjà arrivés à Eel ? Peut-être Miiko était-elle déjà au courant ?


Puis, l’Etincelant entendit quelque chose, semblable à un martèlement. Non, c’était différent, c’était bien trop ordonné pour être le fait d’un troupeau de familier. C’étaient des pas, presque militaires et s’il y avait bien un corps armé qui s’attachait autant à la droiture, c’était la libération presque inespérée du poids des épaules de Leiftan. Il n’y avait que la Garde Etincelante pour être aussi rigide. Le blond releva la tête et porta son regard vers l’Est, là d’où venait le grondement. D’abord ténu, il prit de plus en plus d’ampleur. Ils les avaient retrouvés, enfin.


Leiftan se sentait presque défaillir. Toute cette pression accumulée depuis les dernières heures s’était envolée d’un seul coup, lui donnant une impression de légèreté. C’était à ce moment-là que tout les maux ressurgissaient. Il se rendait compte de toute sa fatigue et de sa faim. Ses mains lui faisaient terriblement mal aussi. Et pourtant, ces maux lui semblaient presque doux. La survie était finie.


Par-ici ! Cria-t-il pour obtenir l’attention de la troupe. Par-ici, il y a des blessés !


Il se demandait qui Miiko leur avait-elle envoyé ? Peut-être Valkyon ou Grishmark. Peut-être des Ombres aussi et quelques absynthes pour soigner les blessés. Mais toutes ces questions importaient peu au final. Peu importe qui se présenterait à lui, tout gardien serait bienvenue.
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          Mais quelle ne fut pas la stupeur de Leiftan quand, parmi les Gardiens de sa garde qu’il connaissait très bien, il distingua la silhouette de Miiko. Elle avait fait le chemin elle-même pour les retrouver, ce qui signifiait qu’elle s’inquiétait énormément pour eux. Mais, et le quartier général ? Leiftan lui avait bien dit qu’elle ne pouvait pas faire faux-bond à toute la milice sur un coup de tête. Cela revenait peut-être à l’emprisonner… et il fallait alors comprendre qu’aucun devoir de “Chef de l’Etincelante” aurait su garder la Kitsune cloîtrée dans sa salle alors que, là dehors, des Gardiens risquaient leur vie.
          Et surtout Leiftan, son ami. L’un des seuls qui avait su gagner un semblant de confiance de la part de cette femme.
          La renarde quitta les rangs des Gardiens qui lui servaient d’escorte et s’approcha de Leiftan, cherchant dans son regard la moindre lueur qui l’informerait de son état.

-
Vralzech… m’a rapporté de nombreux combats dans votre zone, expliqua-t-elle. Je ne pouvais pas rester à Eel les bras croisés.

          Bien que visiblement soulagée de voir Leiftan encore sur ses deux jambes et suffisamment conscient pour fuir son regard, la kitsune arborait la mine des mauvais jours ; une profonde tristesse avait envahi ses traits. Puis, voyant que Leiftan n’arrivait pas à la regarder, elle détourna à son tour son regard. Ce dernier se posta sur Ezarel… ou du moins sur l’état lamentable de l’elfe. La kitsune retint de justesse une exclamative mais elle combla la distance entre elle et l’Absynthe.

- Leiftan… Souffla Miiko. Qu’est-ce qui vous est arrivé… ?

- Je suis désolé, Miiko… s’excusa Leiftan. Ils nous sont tombés dessus et ils l’ont prise avec eux.

          La kitsune secoua lentement la tête, son regard toujours posé sur Ezarel. Si seulement ses yeux avaient été capables de panser les maux... Elle dévoila des trésors de maîtrise pour simplement se mordre la lèvre là où elle aurait eu envie de hurler.

- Ce n’est pas de ta faute, ce n’est pas de ta faute, répéta-t-elle. Rien de tout cela n’est de ta faute… Ce sont les mercenaires, n’est-ce pas… ?
- Ils n’étaient pas les seuls à la vouloir…
- Qui d’autre ?
- Les faerys fous. Une folle nous est tombé dessus, déclara-t-il à mi-voix.
- … C’est bien leur genre, vilipenda Miiko.

          Leiftan ne répondit pas. Il restait étrangement amer de cette rencontre fortuite. Des questions germaient dans sa tête. Est-ce que Miiko lui avait caché la survivance de Gwen ? Savait-elle ce qu’elle était devenue ? Pourquoi lui aurait-elle caché une telle information ? Il ne savait quoi penser. Gwen lui avait semblé si âpre. Son désir de vengeance avait consumé son être.

          Jugeant que le silence Leiftan était assez éloquent, Miiko donna des directives afin que l’on s’occupe d’Ezarel. Devoir faire transporter un Gardien était déjà un bien lourd tribut à payer dans l’esprit de la jeune femme mais elle se garda bien d’accuser Leiftan de quoi que ce fût. Elle n’avait pas menti quand elle lui avait dit que rien, strictement rien n’était de sa faute.
          Elle ordonna à ce que l’elfe soit manipulé avec la plus grande minutie. Ses brûlures n’étaient pas à négliger et Eweleïn aurait toutes les raisons du monde de sermonner les imprudents avec la tyrannie dont on la savait capable. Alors, on fit en sorte de bien caler la jambe blessée de l’elfe dans un carcan de bois et il fut soulevé, la colonne vertébrale maintenue dans un axe parfaitement droit, puis déposé dans une civière souple.
          Miiko passa doucement sa main dans la chevelure bleue de l’elfe en lui assurant que tout irait bien pour lui. Puis, elle se tourna de nouveau vers Leiftan et posa ses deux mains sur ses épaules.

- Où sont Harya et Nevra ? Demanda-t-elle de la voix la plus douce possible.

- Plus loin vers l’Ouest, dans une clairière, expliqua-t-il. Harya est dans un état critique. Elle respire difficilement et son énergie vitale est faible. Nevra est resté avec elle. Il n’est pas en bon état mais sa vie n’est pas en jeu. On aura besoin de tous les Absynthes de cette équipe encore disponibles.
- Je vois.

          Puis, la kitsune se retourna vers la cohorte qui l’accompagnait. Sa voix s’éleva, elle prononça ses ordres d’une façon claire, nette, concise et injonctive ;

- Qu’un escadron de trois Guérisseurs des Maux parte vers l’Ouest avec un Etincelant et deux Obsidiennes. Vous devez retrouver et soigner Nevra et Harya. Prenez garde à ne pas vous disperser. Un Gardien de l’Ombre devra les accompagner pour débusquer de potentiels ennemis. Vous avez ordre d’abattre l’ennemi sans sommation.

          Les Gardiens opinèrent du chef et l’information fut rapidement relayée. Avec Miiko, les choses filaient droit. De toute façon, cela se sentait que la demoiselle n’était pas à contrarier. C’était déjà le cas.

- Je n’ai pas encore retrouvé Selen, Staliane et Dipree, l’informa l’étincelant. J’espérais qu’ils t’aient contactée. Est-ce qu’on a des nouvelles d’eux ?

          Miiko marqua un silence. Puis, elle glissa son regard dans celui de Leiftan.

- Rien n’est de ta faute, répéta la kitsune. Rien, Leiftan…

          Puis, elle prit une grande inspiration.

- Dipree… Le Gardien de l’Obsidienne, Dipree, est décédé durant l’exercice de ses fonctions, déclara-t-elle solennellement. Nous avons fait transporter les trois à Eel. Selen est légèrement blessée et Staliane… Staliane est en état de choc.  

          Leiftan baissa la tête, les yeux dans le vide dirigés vers le sol. Il avait failli à sa mission. Il serra les poings fortement, jusqu’à ce que ses muscles tressaillent. Sa colère était forte mais sa mission n’était pas encore finie. Tant pis, il aurait tout de le temps de se flageller au quartier général. Dipree était mort dans l’exercice de ses fonctions. Il n’y avait pas de mort plus honorable.

- Merci de m’avoir dit la vérité, la remercia Leiftan avec un sourire triste.

          La kitsune savait plus que quiconque à quel point il ne supportait plus de voir des gens mourir au combat. Plus que cela, elle connaissait les regards de Leiftan pour avoir fait le début de son service dans la garde avec lui. Elle posa un regard insistant sur lui.

- Leiftan. Rien de tout cela n’est de ta faute. Accuse les mercenaires. Tu as fait ce que tu devais faire et personne ne pourrait se féliciter d’avoir mener cette mission aussi bien que toi. C’est moi qui suis désolée. C’est moi qui vous ai envoyés récupérer la fée avec aussi peu de moyens. C’est moi qui ai failli à mon devoir.
- Mais c’est moi qui les ai… Peu importe. Allons rejoindre Nevra, il doit encore espérer notre venue.

          Miiko soupira. Essayer de raisonner Leiftan ne la mènerait à rien. Pas en cet instant, il avait besoin de digérer tout cela. Ne restait qu’à espérer qu’il ne fasse pas une fausse route. Finalement, elle accéda à la requête de Leiftan. Elle ordonna aux Gardiens restants de ramener Ezarel au quartier général dans les meilleures dispositions possibles puis suivit son ami. Dans cette situation, il était inconcevable de laisser son ami faire le chemin seul, à ruminer ses idées noires. Peu lui importait ce que l’éthique de son rang pouvait bien lui hurler à ses oreilles sensibles. Elle la fit taire d’une simple main levée. Voyant Miiko devant son dilemme, Leiftan lui servit son air désolé.

          La kitsune voulut répliquer, histoire de bien faire comprendre à Leiftan qu’il ne devait pas s’en vouloir autant que son regard terni le laissait voir mais ce fut à ce moment-là que l’équipe demandée par Miiko se présenta à eux. L’Etincelante n’eut d’autres choix que de se tourner face à eux pour réitérer ses ordres qui consistaient à retrouver, soigner et ramener Nevra et Harya, lesquels devaient se trouver près d’une clairière.

- Leiftan, guidez-nous, s’il-vous-plaît, demanda une des Absynthes.

          Sur les mots de l’absynthe, Leiftan se tourna vers l’Ouest et partit en chemin. Il courut vers la clairière où devait encore se trouver les deux Ombres. Ils n’avaient pas beaucoup de temps à perdre. Miiko le suivait de près. La kitsune avait toujours été plus agile et plus rapide que lui. Cela lui rappelait le vieux temps, les vieilles missions. Sauf qu’en ce temps là, il y avait… Non… Il ne fallait pas pensé à elle maintenant. Il demanderait tout ce qu’il avait dans la tête une fois au quartier général, après une bonne nuit de sommeil. Il jeta un léger coup d’oeil derrière lui pour vérifier que les absynthes suivaient bien. Elle n’avait pas amené des petites pointures avec elle. Une vraie, bonne, équipe de renforts.
          Rien n’était trop beau pour ses Gardiens, après tout, même si elle préférait encore se couper un bras que de l’admettre.

          Les arbres défilèrent rapidement aux côtés du petit groupe et l’anxiété de Miiko s’intensifiait, bien que cette dernière attachait une très grande importance à ne pas la laisser paraître. Personne ne devait savoir. S’ils pouvaient bien se rattacher à quelqu’un pour espérer, c’était encore à elle, la Générale. Si elle flanchait, comment pouvoir espérer rassurer les autres ? La kitsune fronça les sourcils. Il ne fallait pas penser au pire. Cela ne disposait que bien trop son esprit à la panique et le préparait à se laisser émouvoir. Il ne fallait pas qu’elle laisse parler ses émotions, ce n’était pas le moment, il y avait bien des façons plus discrètes de le faire, comme seule face à une lune silencieuse et changeante.

          Bientôt, ils arrivèrent à cette fameuse clairière et le groupe ralentit la cadence. Miiko rattrapa Leiftan et regarda autour d’elle. Elle était presque choquée de constater l’état dans lequel cette clairière avait été laissée. Les reflets carbonisés de la forêt agressaient sa rétine, peu importait où elle posait son regard. Elle posa sa main sur l’épaule de Leiftan, tant pour lui faire une présence que pour s’en faire une à elle-même.

- Bon sang… Ne me dis pas… que c’est Harya qui a fait ça…

- Pas seulement… Je ne sens pas que l’empreinte de son maana. J’ai cru comprendre que le mercenaire qu’elle a dû affronter n’était autre que Akihiro, un des généraux. Ce sont les seuls mercenaires dont ils ont croisé la route. Les seuls, mais non les plus faibles. Ils ont aussi trouvé un autre général pour remplacer l’ancien.

          Leiftan se mit à marcher lorsque Miiko et lui arrivèrent à la clairière. Nevra avait l’ouïe aiguisée et il ne voulait pas lui faire subir le brouhaha de leur pas lourds en cet instant. Ce dernier était d’ailleurs toujours agenouillé auprès de sa gardienne, la regardant avec insistance comme s’il espérait qu’elle ouvre les yeux. Il semblait l’avoir entourée de son écharpe pour la maintenir au chaud, entre temps. Ce lien profond et fraternel qu’ils partageaient ressortait particulièrement en cet instant. Ce lien lui rappela sa propre relation avec Miiko, mais lui rappela aussi ce que signifiait être gardien. L’amitié, l’attention, le soin, le partage et le soutien, tout cela était les choses qui les séparaient des simples coalitions et des armées.

          L’équipe d’absynthe n’attendit pas un mot pas un ordre pour se regrouper autour de la blanche, incitant Nevra à se reculer. Ils sortirent fioles, flacons et autres récipients afin de trouver les remèdes à ses maux. Car les blessures n’était pas que physiques. Elle avait bien trop utilisé son pouvoir et maintenant, elle en payait le prix. Les obsidiennes s’étaient répartis en cercle, couvrant le groupe de toute attaque éventuelle. Les ombres, quant à eux, avaient disparu dans les bois alentours, près à prévenir l’escadron si un intrus les approchaient de trop près. Tout était si calme. Le calme après la tempête pour cette fois, en espérant que la tempête de refasse pas rage. Seuls les absynthes chuchotaient, se concertant sur la manœuvre à suivre et sur les maigres possibilités dont ils disposaient. Tout comme Miiko, Leiftan avait compris que le rétablissement de la gradée de l’Ombre ne se ferait pas en un seul jour. Et peut-être ce coma était-il préférable pour le moment. Qui pouvait savoir ce que son corps endurait ?

          Lassé de son impuissance, l’étincelant avait rejoint la section obsidienne pour sécuriser le périmètre.

          Nevra s’approcha de Miiko, le regard cafardeux. Il portait sur lui toutes les traces possibles de la fatigue et il ne faisait nulle doute que s’il le pouvait, il s’effondrait, là et en cet instant, sans aucune autre forme de procès. Pourtant, il trouva la force d’envoyer à sa supérieure ;

- Alors comme ça, tu es venue en personne…
- Il faut ce qu’il faut, rétorqua Miiko. Les nouvelles n’étaient pas bonnes et…

          Elle hésita.

- Et ce qu’on a raconté sur ce qui se passait en forêt était si inquiétant que je voulais m’assurer que tout allait bien.
- Comme tu peux le voir… Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! S’emporta Nevra.

          Miiko le toisa. Depuis le temps qu’elle le côtoyait, elle savait bien ce que les éclats de voix du vampire pouvaient signifier. Déjà que la situation en elle-même était précaire et dure à supporter, alors il ne fallait pas trop en attendre du vampire exténué. Il avait besoin de passer son inquiétude sur quelque chose ou quelqu’un et il semblait que l’Etincelante était encore sa meilleure cible. Elle avait quelque peu l’habitude mais pour une fois, elle accepta de se taire. Braquer le vampire n’était pas une bonne idée.
          Toutefois, il lui fallait encore surveiller ses propos, il s’adressait à sa supérieure et tout ne pouvait pas passer.

- … Et de penser que tu as fait taire leur existence à toute la Garde ! On a pris des personnes non préparées et tu as vu le résultat ?! Si tu avais été plus compétente, Harya n’en serait pas là ! Elle n’aurait pas eu à affronter Akihiro seule pour protéger des personnes qui auraient été trop débordées par la précarité de la situation !
- La ferme, Nevra !
- Je ne vais pas me taire ! Assume tes erreurs, merde ! Tout cela est de ta faute et de celle de ta foutue politique ! Si cette mission suicide emporte Harya, je te jure q-
- DIPREE EST MORT !

          Les flammes de Miiko qui avaient jailli de son corps se résorbèrent aussitôt. Cette remarque attira l’attention de tous les gardiens aux alentour. Nevra s’était tout bonnement arrêté de parler et de bouger, peut-être même de respirer pendant un bref instant. Sa stupéfaction prenait toute la place dans son regard tandis qu’il dévisageait Miiko, cherchant dans sa moue le moindre indice d’une boutade de mauvais goût.

- Quoi ? Souffla brièvement sa voix.
- Dipree… est… mort…

          Miiko serra les poings.

- Tu veux les détails ou tu peux arrêter d’être arrogant ?! Tu n’es pas le seul à accuser une perte ! Ton inquiétude, ta souffrance, tes ressentis… Tout. TOUT ! Tout est légitime mais je t’en prie, Nevra ! Juste… ferme-la.

          Le vampire chancela. Si Miiko crut suffisamment fort qu’il allait tomber pour amorcer un pas en avant, il la repoussa mollement d’un geste dans le vide de son bras. Il recula doucement jusqu’à ce qu’un tronc n’épouse son dos. Il se laissa glisser contre l’arbre jusqu’à ce que le sol ne l’empêche d’aller plus loin. La base de sa paume embrassa le haut de son cache-œil alors que son regard se perdait dans le vide et sa voix dans le flot intarissable d’ “impossibles” honteusement murmurés.
          La kitsune expira bruyamment, elle aussi désarçonnée par la situation.

- Quand les Absynthes en auront terminé avec les premiers soins, nous retournerons à Eel où Eweleïn pourra faire les interventions complémentaires. Comment te sens-tu, toi ?
- Tu veux vraiment une r-
- Physiquement parlant.
- Il va me falloir du repos. Mais ne faites pas gaspiller du temps à Eweleïn pour moi. Et… Et Ez’ ? Et les autres ?
- Selen ne souffre que de quelques contusions et fractures, mais elle s’en remettra. Quant à Staliane, il va falloir… pourquoi de soutien. Elle a été profondément choquée. Ezarel a été transporté de toute urgence au quartier général.
- Ce n’est pas vrai… Qu’est-ce qu’il a ?
- Il souffre de nombreuses brûlures mais aussi d’une fracture à la jambe.

          Nevra souffla, son regard dérivant sur le côté.

- Je ne te demanderai qu’une chose, Miiko, quand ils seront soignés et en état.
- Quoi donc ?
- Il faut… tout avouer aux Gardiens, pour les mercenaires. Cela ne peut plus durer.
- On a déjà eu cette conversation, Nevra. Si nous parlons, nous prenons l’énorme risque de plonger le refuge d’Eel, ainsi que la Garde, dans ce qu’on pourrait appeler une guerre civile.
- Miiko !
- Il a raison Miiko… annonça Leiftan. Trop de gardiens ont payé le prix de ce secret. Les mercenaires sont aujourd’hui trop présents pour ne pas être pris au sérieux. Les gens ont besoin de savoir contre qui ils se battent.
- Ils ont pris la fée ! Reprit Nevra. Tu sais quelle est la prochaine étape ! Il leur manque le cristal ! Ils viendront à Eel ! Il faut des troupes préparées à cela ! Tu le sais très bien… Miiko… Que vaut ce risque… en comparaison de la vie des réfugiés à laquelle tu tiens tant ?

          Miiko regarda tour à tour les deux Gardiens. Au fond d’elle - et encore, il ne fallait pas creuser bien loin - elle savait qu’ils avaient raison et si cette hantise de revoir Eel à feu et à sang à cause de ses propres réfugiés ne traversait pas son esprit à chaque fois qu’elle avait voulu lever le voile sur leurs ennemis, bien évidemment que tous sauraient déjà à quoi se préparer.
          Toutefois, la situation était bien plus dangereuse qu’auparavant, l’ignorer serait une grave erreur. Ce jour-là, les mercenaires avaient gagné. Ce jour-là, ils avaient su dépasser les gardiens, presque venir à bout d’une partie d’entre eux, et ils avaient pris la fée avec eux. Une fée que les gardiens avaient échoué à protéger, une fée qui pourrait tous les précipiter dans l’horreur.

          La kitsune soupira, vaincue lors de son débat mental qui n’avait pas duré bien longtemps.

- Très bien, messieurs, trancha-t-elle d’un ton froid. Dans quelques jours, nous annoncerons à tout Eel l’existence des mercenaires.
- C’est la bonne décision, Miiko, lui assura Leiftan en posant une main sur son épaule.

          La silhouette d’un Absynthe coupa court à la conversation. Au grand soulagement de Leiftan, ils n’auraient plus le temps de se disputer. Avec un ton franc et assuré l’Absynthe en question vint leur annoncer que la gardienne, toujours dans le coma, était à présent assez stable pour faire le trajet. L’étincelant voyait autour de lui Nevra et Miiko se détendre. Un poids s’était levé de ses épaules aussi. Il n’aurait pas une autre mort sur la conscience. Personne ne s’était concerné pour commencer à marcher vers l’Est. Nevra avait subitement disparu pour se retrouver aux côtés de son bras droit, allongé dans un civière. Miiko ouvrait la marche suivie par Leiftan. Puis suivaient les Absynthes et Nevra pour enfin se clôturer par les deux Obsidienne. La santé d’Harya les forçait à avancer doucement. Peu importait. Un nouveau combat était fort peu probable et les deux combattants encore debout étaient fatigués. Fatigués de leurs combats. Fatigués des combats. Les deux Obsidiennes qui les suivaient apportaient un soutien moral non négligeable, Le chemin était long jusqu’à la citadelle. Le faire seul en aurait fait une torture. Leiftan ne savait pas s'il aurait été capable de continuer si ce n'avait été pour Miiko.

          Ce fut dans un silence presque lugubre que les Gardiens sortirent de la forêt. La volonté renouvelée par la citadelle blanche dans leur champ de vision, ils gravirent le pan verdoyant des collines orientales et passèrent les portes sans vérification d’identités. Après tout, leurs visages étaient bien connus et l’urgence se présentant à leurs portes coupait court à tous les discours. Le cortège fila rapidement le long de l’allée des arches avant de s’engouffrer dans le quartier général - heureusement vide à cette heure. Une première fraction du groupe se détacha pour rallier l’infirmerie. Nevra, qui était resté au bas des escaliers pour ne déranger personne, ne put qu’entendre l’exclamation effarée d’Eweleïn. Qui ne le serait pas, après tout ? Même si le départ précipité de Miiko avait dû surprendre plus d’un gardien et donc les préparés à une bien triste nouvelle, rien n’aurait pu laisser penser à une telle hécatombe.

          Miiko se tourna vers Leiftan. L’étincelant se tenait droit, avec une certaine appréhension dans le regard. La honte aussi pouvait se lire dans ses yeux pour ceux qui le connaissait. Il cachait l’aspect de ses paumes, les tournant vers son corps. La kitsune n’avait encore fait aucune remarque sur ces blessures atypiques, ou peut-être ne les avait-elle tout simplement pas vu. Il se tourna à son tour vers elle, avec un regard franc :

- Nous allons avoir beaucoup à faire pendant ces prochains jours. Il y a aussi beaucoup de choses dont nous devrons parler.
- Seulement quand tu auras reçu des soins et que tu te seras reposé, Leif’.
- Oui, je sais, répondit-il simplement. Merci d’être venue à nous. Je ne sais pas quand je serais rentré si tu n’avais pas été là.
- N’y pense plus, murmura-t-elle. Tu es rentré, maintenant. Bon retour parmi nous.

          La lune diffusait sa lumière sur Eel, donnant à la citadelle un aspect opalin. Rien ne troublait la calme et la sérénité qui s’étendait alors dans les remparts. Les habitants dormaient tranquillement. Les gardiens en faisaient tout autant. Rien ne venait trahir ce qu’il s’était passé dans la forêt un peu plus d’un jour auparavant. Alors que tous les gardiens se dirigeaient vers les portes du quartier général, Leiftan s’arrêta un instant pour profiter de la paix qui n’avait encore jamais quitté ces lieux. Miiko, quant à elle, avait un peu continué à avancer mais, n’entendant plus les pas de son ami, elle s’était stoppée. Elle n’eut pas même besoin de se retourner pour savoir ce qu’il faisait, aussi décida-t-elle de l’attendre patiemment, adossée au cadran métallique d’une arche, le regard dans le vague.


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Division I mercenaire - Général
Général Mercenaire
Arme :
Epée broyeuse

Equipement :
Nécessaire de premiers soins (préparé par Nury)
Potion de soin x2
Poison étourdissant x1
Poison létal x1
Flasque de gnôle
I'll leave with your head, oh, I'll leave you for dead
Pas de magie
Pas de Rang
Pas de maana
Faery
203
145
Il repartit dans la forêt profonde de Celimor, la fée calée délicatement sur sa large épaule. Cette fois, il pouvait prendre son temps et marcher un peu. Ce n'était pas dans son habitude de prendre son temps, de se laisser aller, doucement, mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Rien ne pressait, ils avaient gagné. Un combat devait encore se dérouler un peu plus loin dans la forêt mais tous les autres gardiens semblaient avoir été mis hors d'état de nuire. Les coups qu'il avait pris ne lui avait pas fait du bien non plus et il sentait quelques douleurs parcourir son corps. Dànaé l'attendait aussi. Il repensa au fait qu'elle n'était pas en très bon état la dernière fois qu'il l'avait vu. Elle avait certes des potions de soins, mais ce ne serait jamais mieux que les services de la troisième division. Il accéléra le pas sans pour autant se mettre à courir ni même à trottiner. Depuis le temps qu'il la côtoyait, il avait fini par s'attacher à cette petite créature bizarre. Oui, créature était bien le mot qui lui venait en premier dans la tête. Elle n'avait rien d'une vraie femme celle-là.


Il n'était du genre à se perdre en forêt, mais bon... Un arbre était un arbre et il avait du mal à savoir quelle était la bonne direction à prendre. D’où était-il venu déjà ? De l’Ouest pour sûr, mais il était presque sûr d’être descendue un peu au Sud tout à l’heure, mais à quel point ? Il décidait donc de partir Ouest/Nord-Ouest espérant ainsi tomber sur la faery. Une légère fatigue commençait lui tomber dessus. C’était autant dû à son combat qu’à l’ennui qui l’avait gagné. Son ventre faisait des siennes aussi. Vivement qu’il rentre à Orphyr. Dànaé lui devait une tournée, et ça, elle ne risquerait pas de l’oublier. Il commença à pester contre cette forêt si semblable aux autres forêts. De l’herbe et des arbres, qu’est-ce que les elfes pouvaient bien aimer dans cet environnement ? Finalement, cet elfe aux cheveux bleus avait bien eu raison de la cramer.


C’est d’ailleurs en pensant à cela qu’il tomba sur une partie particulièrement carbonisée de la forêt. Pour une cible, il était plutôt utile de type ! A brûler la forêt comme ça, il finirait par bien aider Xenos dans ses chasses. Tant pis pour lui, il devait être mort à cette heure même. Il pensait savoir qu’il était le chef de l’absynthe. Il n’avait jamais vraiment fait attention aux différents chefs de gardes, il n’y était pas resté très longtemps de toute façon. Il remonta doucement la piste noire pour remonter vers sa collègue de longue date. Il passait à côté des ronces et des lianes qui avaient des allures surnaturelles. Il toucha légèrement du bout des doigts une des lianes. Ce contact provoqua une brève réaction de rétraction. Une perturbation du flux de maana ou une connerie dans ce genre. Xenos regarda le végétal d’un air dégoûter et s’essuya le doigt dans son uniforme. C’était presque une magie repoussante. Il y avait quelque chose de dérangeant là-dedans, comme lorsqu’on regardait un insecte à la forme atypique.


Sans toucher à un seul autre végétal génétiquement modifié, Xenos continua son chemin vers Dànaé. Il la trouva sans problème en continuant le chemin que le combat avait tracé. Elle semblait avoir meilleure mine. Même presque bonne mine. Il s’approcha d’elle et posa doucement la fée à côté d’elle. Ils avaient de quoi être fier, mais ce n’était pas dans leurs prérogatives.


Bon, tant mieux, tu n’es pas morte.


Ce commentaire eut le don de blaser Dànaé.


Maintenant que la mission est remplie, retrouvons les autres et rentrons à Vorn. J’ai hâte que tu puisses m’offrir des bières à Orphyr !


Après quelques commentaires exaspérés de Dànaé, ils se préparèrent à partir. Xenos reprit la fée sur son épaule et ils se relevèrent.


Quelle direction ? demanda-t-il à la générale.”

Vers l’Ouest, répondit Dànaé avec sérieux. Un peu plus au Sud aussi.

Alors allons-y !


Mais alors qu’il s’apprêtait à avancer, quelque chose attira l’attention de Xenos. Une silhouette qu’il n’avait pas repéré auparavant se tenait debout à quelques mètres. Xenos reposa l’endormie et s’approcha de la silhouette. L’elfe bleu était encore debout, mais ses yeux semblaient vides. Inconscient, mais debout. Décidément, il était plein de surprise celui-ci ! Xenos se positionna devant lui, et fit quelques geste de mains pour voir s’il réagirait. Le gardien tenait une potion dans sa main. Les couleurs chatoyantes la rendaient attrayante. Xenos voulu sortir sa Buster Sword pour lui donner le coup fatal. Droit et immobile, c’était la cible parfaite. Mais son geste fut stopper par la main de Dànaé.


Ne bouge pas, le prévint-elle. Qu’importe ce que contient cette fiole, c’est une mauvaise nouvelle pour nous. Il ne faudra pas être dans les parages s’il tombe.

Décidément, cet elfe est plein de réserve, répondit-il en rangeant son épée.”


Dànaé partit la première en portant la fée. Xenos se retourna et suivit Dànaé sans pour autant lâché l’infirme des yeux. C’était une roulette russe celui-là. Ils ne savaient ni quand ni si il allait tomber, mais s’il tombait, ça ne serait pas beau. Ils continuèrent paisiblement leur chemin. Rien ne venait barrer leur route et le silence était soulageait les esprits. Sauf celui de Xenos. Le silence l’avait replongé dans un ennui mortel. Maintenant qu’il n’avait plus la fée à porter, ses épaules étaient soulagées mais la faim était toujours présente. Il aurait tuer pour un bon morceau de viande. Littéralement. Dànaé serpentait entre les arbres, changeant parfois légèrement de direction. Xenos la suivait, docilement. Il n’avait rien de mieux à faire. Il espérait vite tomber sur Noctem. Il ne savait pas contre qui Akihiro et lui avait dû se battre, ou même s’ils avaient dû se battre, mais au vu des retentissements qu’il avait entendu, il était peu probable que l’un ou l’autre n’ait été épargné.


Après avoir balayé une bonne partie de l’Ouest de la forêt, il tombèrent sur une zone particulièrement touchée de la forêt. Pris par une sorte d’angoisse, Xenos se précipita vers l’épicentre de ce qui semblait avoir été une grosse explosion. Il était facile à voir : il y avait un côté sur les arbres qui avait plus été touché que l’autre. Il arriva à un clairière, ravagée par les deux faerys qui étaient étendus sur le sol, incoscients.


Oh, c’est que toi, dit Xenos, sans se préoccuper de l’état du général. Tu vas encore me donner du travail Akichou.


Dànaé arriva rapidement aux côtés de Xenos. Xenos prit rapidement le troisième général sur son épaule, en faisant un rapide signe à Dànaé pour lui dire que tout allait bien. Dànaé posa la fée quelques instants à terre pour se détendre les épaules. Alors, pour patienter, le général se dirigea vers la gardienne que son collègue avait dû affronter. Un si petit bout de femme avait pu le mettre à terre. Xenos eut un rictus à cette pensée. Elle devait être sacrément forte pour battre Akihiro. Lui-même n’aurait certainement pas pu la battre sans ruser. Son regard descendit vers une petite broche en forme de feuille de maana. Une gradée ? Il tourna la tête de la gardienne sur le côté avec son pied.


Cette broche ne te protégera pas aujourd’hui, murmura-t-il.”


Il commença à exercer un appui avec son pied. Peu à peu, la pression de son pied augmentait sur le crâne de la jeune femme. Peu à peu, un sourire se dessinait sur ses lèvres. Un corps exposé ainsi, inconscient. Une ennemie, de plus. C’était une aubaine de pouvoir voir sa voûte crânienne céder sous son pied.


Xenos ? l’appela de loin Dànaé. On a pas le temps de rester ici. Il nous reste Noctem à retrouver. Vu son état, elle mourra bien assez vite.

Je te suis, répondit joyeusement Xenos.”


Il se rapprocha de Dànaé qui n’avait pas encore reprit la jeune demoiselle sur ses épaules.


Je te laisse la porter, j’ai déjà cet abrutit à prendre sur mon dos. Une fois qu’on aura retrouver Noctem, on pourra les porter à tour de rôle.
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Kather avait donc suivit les gardiens. Ils courraient dans la forêt, et au début tout semblait bien aller. Jusqu'à ce qu'Harya s'écarte du groupe pour ralentir un de leur poursuivant. Dès lors, rien n'alla plus. Quelques minutes après, une jeune gardienne qu'Ezarel avait appelée Staliane cria, annonçant la venue de deux autres ennemis. Ezarel s'écarta du groupe pour les ralentir, assurant qu'il revenait rapidement. Mais des bruits d'explosion retentirent à plusieurs minutes d'intervalle sans que l'elfe ne reparaisse.
Kather, qui n'était pourtant pas une sentimentale, devait combattre ses larmes. Tous ces gardiens peut être morts parce qu'une bande de tarée en avait après elle !
Après encore quelques minutes de course, Staliane s'arrêta en toussant. Elle n'en pouvait visiblement plus. Le seul homme de l'équipe proposa de l'abandonner, ce qui révolta la jeune femme aux cheveux rouges. Kather aussi le regardait, estomaquée. Sans être très portée sur la camaraderie et l'esprit d'équipe, elle ne comprenait pas comment on pouvait abandonner une personne en sachant qu'elle allait forcément mourir de cette décision.
Du bruit retentit alors. Le martèlement inimitable de quelqu'un qui court. Quelqu'un de lourd. Pas Ezarel donc. Instinctivement, tous se mirent en position de combat, juste au moment où leur poursuivant déboulait dans la clairière. Comme Kather s'y attendait, il était très grand, gigantesque même. Et musclé avec ça. Elle frémit de peur. Son comportement détendu, son assurance arrogante, tout chez lui annonçait qu'il était sur de sa victoire. Ce qui n'empêcha pas Dipree de le provoquer. Ce mec avait un sérieux problème, chose qui se confirma quand il annonça à sa coéquipière vouloir s'occuper seul de leur ennemi.
Dès le début, il fut clair pour Kather qu'il n'avait aucune chance. Elle ne prétendait pas être une experte en combat, au contraire. Son truc, c'était plutôt la fuite. Mais elle comprit aussitôt que le mercenaire ne faisait que jouer avec le gardien.
D'ailleurs, Dipree ne mit pas longtemps à être en position de faiblesse. S'il n'avait pas fait un barrage de ses flammes, il aurait été tué par son adversaire.
Le combat continua, et le mercenaire donnait l'impression d'être en entraînement. Jusqu'à ce que Dipree parvienne à la blesser. Une lueur sérieuse apparut soudain dans son regarde, et Kather frémit une nouvelle fois. Quand le combat reprit, ils semblaient à égalité. Elle se surprit à croire que Dipree avait une chance, puis déchanta quand il s'écrasa au sol après un coup de poing. Cette fois, seule l'intervention de Selen le sauva.
Ils reprirent le combat à deux et prirent l'avantage sur le géant, qui ne parut pas apprécier cette nouvelle situation. Kather ne vit pas exactement ce qu'il fabriquait avec son épée, mais un arc d'énergie fusa soudain vers Selen et Dipree, aveuglant Kather et Staliane au passage. Quand elle recouvrit la vue, la jeune fille dut se retenir de ne pas s'enfuir loin d'ici. Déjà avant, le mercenaire était flippant. Mais là, avec ses yeux d'un bleu surnaturel et son sourire sadique, il atteignait des sommets.
Kather distingua enfin le morceau de cristal incrusté dans son épée et comprit ce qui lui donnait cette nouvelle force. Puis le combat reprit et tourna court. Kather ne put s'empêcher de crier lorsqu'il tua Dipree, et elle se serait bien enfuie sur le moment s'il ne s'était pas tourné dans sa direction, la paralysant sur place.
Malgré ses blessures, Selen s'avança pour bloquer leur ennemi. Staliane s'empara de la main de Kather et se mit à courir, l'entraînant à sa suite, mais elles n'allèrent pas très loin : un arc d'énergie lancé par le mercenaire les sépara, provoquant la panique de Staliane : la jeune gardienne activa instinctivement son don de pyrokinésie, se protégeant ainsi de son ennemi, mais isolant aussi Kather avec ce dernier. Sous l'impulsion de Selen, la Faery voulut sauter par dessus les flammes, mais une gigantesque main saisissant ses cheveux la stoppa net dans son élan. Elle poussa un cri de douleur et ordonna à son assaillant de la lâcher, tentant de lui décocher des coups malgré sa position peu pratique. Sans succès. Et puis soudain, un choc sourd sur son crâne, la douleur qui va avec, et le noir complet.

***

Elle se réveilla avec un mal de crâne sévère et dut retenir un gémissement pour ne pas signaler son réveil. Pour se rendre compte de sa situation, Kather entrouvrit les yeux, mais sa vision était trouble et elle ne distinguait rien du tout. Après quelques secondes à papillonner des paupières, la jeune fille parvint enfin à discerner quelque chose. Devant elle, en train de charger un homme inconscient sur ses épaules, elle reconnut son agresseur.
Au même moment, elle se sentit soulevée et dû se faire violence pour rester complètement inerte. Son porteur, ou plutôt sa porteuse, se mit en marche, devant son allié. Kather ferma aussitôt les yeux pour ne pas que la montagne de muscle remarque qu'elle était consciente, puis essaya de se concentrer pour comprendre où ils allaient. Elle avait reconnu la clairière où elle s'était réveillée, et de là, tenta de reconstituer le chemin qu'ils empruntaient. Malheureusement, se faire balancer dans tous les sens la tête en bas accentua sa migraine et rapidement, elle se concentra de toutes ses forces pour éviter de vomir.
Ce fut un véritable soulagement quand ils s'arrêtent de nouveau, après ce qui sembla être une éternité à Kather. Elle se sentit rejoindre le sol, sans beaucoup de délicatesse d'ailleurs, même si on ne l'avait pas non plus balancée. Elle entendit les deux mercenaires discuter un peu. Apparemment, ils venaient récupérer un certain "Noctem" qui n'avait pas été raté par son adversaire, qui qu'il soit.
Puisqu'ils étaient occupés ailleurs, Kather décida de tenter une évasion. Elle ouvrit lentement les yeux et entreprit de se mettre à ramper le plus silencieusement possible, sans quitter du regard ses deux kidnappeurs. Puis, par curiosité, son regard se posa sur les deux autres. Le premier visage ne lui disait rien. Un homme d'une petite trentaine d'années, salement amoché, inconscient. Puis elle regarda le deuxième blessé, évanoui et dans un état aussi catastrophique que l'autre, et ce fut plus fort qu'elle : un hoquet de surprise lui échappa, avertissant les deux autres de sa présence et anéantissant tout espoir de fuite. Elle regretta de suite ce réflexe et se leva d'un bond pour s'enfuir en courant, tout souci de discrétion oublié. Bien sûr, l'homme ne mit pas longtemps à la rattraper, et elle envisagea un instant de se défendre avec sa magie, mais elle sut que ce serait idiot. Magie ou pas, elle n'avait aucune chance contre ce monstre. Autant garder un atout dans sa manche. La mort dans l'âme, elle se laissa conduire jusqu'à l'endroit où étaient les autres. Elle s'attendait à se faire assommer de nouveau, mais ils avaient apparemment décidé de s'épargner la peine de la porter puisqu'ils se contentèrent de lui bander les yeux pour qu'elle ne puisse pas voir le chemin. Logique, en un sens. La femme ne semblait pas au mieux de sa forme et elle avait vu de ses propres yeux l'homme prendre quelques méchants coups, même s'il n'avait pas l'air réellement handicapé par ses blessures. De plus, ils avaient leurs deux alliés évanouis à transporter, alors Kather se doutait bien qu'ils se passeraient volontiers d'un troisième corps à porter.
Ses pensées tourbillonnaient en même temps qu'elle marchait. Qu'est ce qu'on lui voulait bon sang, pourquoi tout ce grabuge autour d'elle ? Elle n'avait rien demandé à personne ! Et que faisait donc Ignis avec ces gens ? Pourquoi se faisait-il appeler Noctem ? C'était clair qu'il n'était pas prisonnier. Mais peut être qu'il voudrait bien l'aider malgré tout... Elle songea aussi à son familier, se sentant rassuré qu'il se soit échappé. Ce trouillard avec dû s'enfuir dès qu'il l'avait pu, mais pour une fois elle ne s'en sentait pas contrariée.
Ses réflexions n'allèrent pas plus loin ; ses geôliers devaient estimer qu'ils étaient désormais trop proche de l'endroit où ils se rendaient, car de nouveau, un choc douloureux sur sa tête et de nouveau, elle s'évanouit.
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