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 « C'est bête la vie, et il faut mourir ; mais c'est plus fort que moi, j'aime vivre. » | GRISHMARK



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▬ GRISHMARK
Nowhere to run, boy, run, come here right now.

   PRÉNOM • Grishmark
   NOM • Lozreich
   SEXE • Mâle
   ÂGE • 41 ans
   ORIENTATION • Hétérosexuel

   RACE • Loup-garou
   GARDE • Obsidienne
   GRADE • Gardien gradé
   ANCIENNETÉ • 26 ans. Il est rentré dans la garde à ses 15 ans.
   FACTION • Lutteur Vermeil, même s’il se plaît à utiliser des épées en Kylmä, lorsque les coussinets de ses pattes sont fragilisés par le froid.
 
DESCRIPTION PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE


Alors que vous vous reposiez dans les jardins du refuge d’Eel, vous apercevez au loin une énorme bête s’approcher de vous d’un pas apparemment nonchalant, bien qu’assuré. « Voilà un être qui respire la confiance en soi et qui a l’air en bonne forme ! » Songez-vous, tout en examinant de loin cette silhouette poilue aux muscles finement taillés. Vous hésitez un instant sur l’identité de la créature, mais vous vous rendez rapidement compte qu’il s’agit là d’un Loup-garou au pelage dense, parmi les plus banals, aux tons dans les nuances de roux, de gris et de blanc, reconnaissant avec aisance cette masse de poils au niveau des épaules et du haut du dos qui leur sont si caractéristiques sous leur forme anthropomorphique. Mais l’animal n’était pas seul : il se trouvait accompagné par un autre Lycanthrope bien plus jeune, à la fourrure blanche et encore duveteuse. Si vous n’entendiez pas ce que le louveteau disait, il en était autrement pour l’adulte, qui parlait d’une voix forte et sonore, criant presque sur tous les toits comme il était fier de son fils, sur un ton un peu gamin, faisant sourire timidement le petit. Un Gardien de l’Obsidienne vint néanmoins les rejoindre d’un pas véloce, pour discuter ensuite brièvement avec le Loup-garou, dont l’air d’abord surprit se mua peu à peu en une expression d’approbation. Finalement, le guerrier repartit tout aussi rapidement, accompagné cette fois-ci par le jeune loup, sous le regard tendre de son père, qui semblait faire facilement confiance à ses camarades. Vous devinez, du reste, que cet inconnu devait être le mentor du gamin. Le grand gaillard reprit alors sa promenade, l’air embêté d’avoir été déranger dans un moment si « intime » avec son fils.

Mais, tout à coup, l’imposante créature s’arrêta dans sa route, s’accroupissant sur ses immenses pattes, et tendit un long bras, qui semblait terminé par une grosse main poilue aux coussinets noirs, vers une petite et délicate fleur violette pour la cueillir et la renifler de sa truffe humide, un sourire un peu niais aux babines. Cependant, prenant soudainement conscience de son action, le Loup-garou poussa un cri horrifié avant de se mettre à pleurer à chaudes larmes, creusant des sillons humides sur chaque côté de son museau. Un passant profita de l’occasion pour se moquer du loup, qui se releva d’un bond et ne manqua pas de l’insulter, tout en niant le fait qu’il avait pleuré. Malgré votre légère peur suite à cette explosion de colère contenue, vous ne pouvez vous empêcher de sourire, attendri par ce géant au grand cœur, qui semblait fort contradictoire. Retrouvant rapidement son calme, le Loup-garou reprit tranquillement son chemin, lorsqu’il croisa votre regard, vous fixant intensément de ses yeux dorés de canidé.

Le sourire aux babines, l’air bon vivant, le lycanthrope vous rejoignit en quelques pas larges, puis vous tapa l’épaule familièrement, montrant par la gestuelle qu’il était le dominant ici, ignorant royalement le principe d’espace personnel. Vous étiez une nouvelle recrue, et lui paraissait bien le savoir. Il vous parla alors avec une franchise déconcertante, vous avouant avec un visage des plus sérieux que les nouveaux, il les mangeait au petit-déjeuner. Il ajouta ensuite sans aucune honte apparente qu’il n’hésitait pas à demander aux minettes leur mesurassions, ce qui vous outragea. Voyant votre expression, la bête ria à gorge déployée, puis retrouva en moins de deux un air parfaitement calme et posé. Attrapant soudainement votre visage de ses pattes monstrueuses, il vous força à le regarder, et ce fut avec gravité qu’il vous ordonna formellement de vous débarrasser de tous les mercenaires que vous croiserez, et de ne faire preuve d’aucune pitié à leurs égards. Un peu chamboulé par ce commandement aux allures de confidence, vous ne tentez pas de rattraper le Loup-garou lorsqu’il se leva et vous laissa seul.

Après ces émotions fortes, vous éprouvez une soudaine envie d’en savoir plus sur ce mystérieux personnage, et vous apostrophez donc un Gardien qui passait par là, lui demandant des renseignements.

« Le grand Loup-garou ? Ah ! Vous voulez parler de Grishmark ? Ouais, c’est un bon gars celui-là. La preuve : on l’appelle « le vieux » et il ne réagit même pas ! C’est une bonne patte. Vous savez, il fait aveuglément confiance aux Gardiens, du coup, nous pouvons un peu lui faire faire n’importe quoi, tant que nous arrivons à le convaincre que c’est pour le bien d’Eldarya. Enfin, bien sûr, les nouveaux n’y arriveront pas. Vu que vous l’avez déjà rencontré, j’imagine que vous avez pu avoir un avant-goût de son petit plaisir personnel qu’est de martyriser les nouveaux ! Mais que vous soyez nouveau ou pas, sachez qu’il n’y a pas meilleur confident que lui ! Je crois bien qu’il a dû entendre des secrets et de confessions de toute la garde. Après, je ne sais pas trop ce qu’il en fait. J’imagine qu’il les oublie ? Dans tous les cas, jamais personne n’a été trahi par lui. Plus loyal que lui, y’a pas. Il serait prêt à mourir pour la garde ou pour son fils. Avez-vous vu ce petit gars ? Il est vraiment adorable. Pas comme Chrome … M’enfin, je m’égare ! »

Vous n’êtes cependant pas encore satisfait, et souhaitez en savoir encore plus. Le Gardien vous regarde avec de grands yeux, avant de sourire avec malice.

« Déjà tombé sous son charme bestial ? C’est sûr qu’il laisse beaucoup parler son instinct et qu’il se fout de la plupart des codes de bonne conduite … J’ai d’ailleurs toujours eu l’impression que ça plaît aux femmes ? Bah, disons aussi qu’il se montre extrêmement galant avec elles, et qu’il fait attention à son langage en leur présence. Pas comme avec les hommes ! Là, c’est un rustre vulgaire, mais c’est qui fait tout son personnage ! Mais vous savez, même s’il se moque un peu des règles basiques, il fait énormément attention aux lois fondamentales, et porte beaucoup d’importance aux traditions de son peuple. C’est un homme très respectueux de la liberté de conscience des gens, et même si on ne le dirait pas, il est plutôt sage. Sans doute grâce à l’âge … D’ailleurs, j’ai une petite anecdote ! Grishmark est un danseur remarquable ! C’est toujours le premier à ouvrir les bals ou les petites soirées organisées par la garde. Je sais, c’est étonnant à entendre, n’est-ce pas ! »

Vous haussez un sourcil, surpris par une telle révélation, puis un sourire éclaira votre visage en vous imaginant cette énorme bête agiter ses membres pour danser, trouvant cela fort comique. Cependant, quelque chose vous gênait. Et sa forme humaine dans tout ça ?

« Oh. Grishmark ne la prend pas beaucoup, car il ne l’aime pas trop. Il dit qu’il a l’air vieux comme ça. Du coup, personne ne l’a vu sous cette forme, aha. Je ne saurais vous la décrire. »

Acceptant la chose, vous acquiescez, satisfait par les réponses du Gardien. Vous le remerciez alors d’avoir pris du temps pour assouvir votre curiosité, puis vous le quittez, retournant au sein du quartier général, prêt à subir des travaux ingrats, que Grishmark pourrait vous commander de faire.


 
SON HISTOIRE


Vous voyant approcher, le loup qui semblait assoupi ouvrit un œil interrogateur, qu’il posa sur vous. Cela faisait déjà un bon de temps que vous n’étiez plus le petit dernier de la troupe, et quelques un- de vos exploits avaient fait parler de vous dans toute la garde. Vous vous sentiez à présent en droit de pouvoir en apprendre davantage sur ce cher Grishmark qui, malgré tout, ne parlait pas beaucoup de lui-même. Votre curiosité était définitivement insatiable.

« Mon histoire ? Ouf… Je n’ai jamais eu une bonne mémoire, tu sais. Je te raconterais ce dont je me souviens. Sache cependant que mon passé n’est pas des plus paisible, bien que, tristement, ce n’est pas quelque chose de surprenant en nos temps troublés. »

Impatient comme vous étiez, vous lui fîtes comprendre que cela n’avait que peu d’importance, du moment qu’il vous contait sa vie révolue. Le mâle sourit à votre excitation, puis plongea son regard dans le vague, creusant dans ses souvenirs.

« Je suis né le 13 Théia 648, dans un petit hameau à l’Est de la Forêt Célimor, qui était encore plus sauvage qu’aujourd’hui. J’étais un gamin comme les autres, vivant dans une famille aimante, avec une petite vie tranquille. Enfin, pas tout à fait. Étant un des rares enfants du village, je m’amusais comme je le pouvais, et cela passait souvent par des bêtises. Je n’avais pas beaucoup d’amis, toujours par manque de personnes de mon âge, mais par chance, il y avait un autre Lycan, un peu plus jeune que moi, du nom de Khanulf Tärun, qui vivait dans le coin, je n’ai su exactement où. Nous avions l’habitude d’aller jouer dans la Forêt, rien que tous les deux, faussant compagnie à nos parents, même quand on n’en avait pas le droit. Ah~ ! Le bon temps ! Notre jeu préféré devait être la course. Je me souviens qu’on faisait constamment la course, tous les deux. »


***


Un jeune Loup-garou, sous forme anthropomorphique et haut comme trois pommes, courait, lançant aussi loin que possible ses maigres jambes d’enfant, la langue pendante, mais les yeux brillants de détermination. Le gamin, qui n’était qu’autre que Grishmark, se retourna tout en courant, constatant avec une satisfaction arrogante que Khanulf se trouvait loin derrière, comme toujours. Ah ! Qu’il était lent ! Un escargot pourrait bien le battre à la course ! L’enfant, tant concentré à rabaisser mentalement son meilleur ami, ne regarda pas où il mit les pieds et trébucha sur une racine, s’étalant de tout son long sur le sol.

« Ouch … »

La douleur lui parait fulgurante, tant ces mains et ses genoux le piquaient. Il ne put retenir un sanglot, qui fut rapidement suivi par de chaudes larmes. Khanulf le rattrapa alors et, contrairement à ce dont on pourrait s’attendre, il s’accroupit en face de son ami à terre, puis lui tendit une main amicale tout en demandant d’une voix naïve, encore aiguë par son jeune âge :

« Grishmark, tu pleures ?
-N-nan ! J-je suis j-juste mouillé d-des yeux ! »

Khanulf se contenta de sourire avec compassion, aidant Grishmark à se relever. Ah, quelle belle paire ils faisaient, ces deux-là !


***


« Lorsque j’eus fêté mon quinzième anniversaire, je fus enfin en mesure de parfaire mon éducation guerrière en rejoignant la Garde d’Eel, qui s’appelait à l’époque les Veilleurs, et qui n’avaient pas une très grande notoriété. C’était une caserne de protection des villes comme une autre. Je quittai ainsi mon village natal, après de longs câlins avec mes parents. Khanulf, quant à lui, rejoignit une meute de Loup-garous. »

Jusque là, vous vous ennuyiez un peu. Son histoire était effectivement des plus banales, bien que cette petite anecdote sur la Garde vous surpris. Vous prîtes cependant votre mal en patience, attendant avec un peu moins d’excitation la suite.

« Lorsque je devais avoir vingt-deux ans, donc en 670, je fus envoyé en mission d’exploration dans les profondeurs sylvestres de la Forêt Célimor, un endroit qui est toujours aussi reculé de nos jours. Je fis là la rencontre de Hìrna, une Lycanthrope appartenant à une meute de la forêt. Faisant partie des Loup-garous plus ou moins citadins, même si j’avais vécu dans un village perdu, cette découverte était toute nouvelle pour moi. Je n’avais jamais vu de membres de mon peuple vivant encore à « l’état sauvage » et leurs traditions m’étaient totalement inconnues ! De plus, sans rien te cacher, je dois bien admettre qu’à l’époque, cette senteur de nouveauté et d’aventure me plaisait bien, et j’étais immédiatement tombé sous le charme de cette ravissante créature farouche, qui me montrait les crocs en grognant. Si elle ne m’attaqua pas, elle se montra très méfiante et agressive. Ne voulant sans doute pas rester près d’un gueux comme moi, elle s’était enfuie. Mais je n’ai pas abandonné si facilement ! Je n’ai pu engager la conversation que deux heures plus tard, après l’avoir pourchassé à travers la forêt. Je suis tenace lorsqu’une idée me tient à cœur. Par chance, nous avions les atomes crochus, et nous nous découvrîmes de nombreux points communs, comme la chasse ou la peinture. Car oui, j’ai oublié de le dire mais, Hìrna m’avait présenté à sa meute peu de temps après, et là-bas, la peinture faisait intégralement partie de la tradition. Ils peignaient sur les parois des grottes, sur les arbres, faisant des peintures guerrières sur la fourrure des jeunes combattants, tout ça. Passant quelques jours dans cette charmante tribu, qui m’avait accueilli à bras ouverts, je dus finalement repartir, pour faire mon rapport de mission. Je me promis cependant de revenir … Ce que je fis ! Et ce, pendant des années ! J’en appris ainsi un peu plus son mon peuple, ses rituels et ses traditions, et surtout, surtout, je réussis à faire de Hìrna ma compagne ~ ! »

Pouffant légèrement au ton de gamin fier de lui que le Loup-garou venait de faire, vous réalisiez alors que vous n’aviez jamais vu cette Hìrna. Peut-être travaillait-elle dans le refuge ? Ou était-elle restée avec la meute ? Grishmark ne vous laissa cependant pas le temps de poser la question, reprenant son récit :

« Quelques années passèrent et je réussis à convaincre Hìrna de vivre dans une maison à la lisière de la forêt, de telle façon que je pouvais me rendre au quartier général sans problème, tandis qu’elle pouvait retrouver sa meute. Nous eûmes deux enfants : une fille, Thirrin, née le 4 Osanyin 673, et un garçon, Iki, né le 18 Jää 676 … »


***


14 Sirona 680.

Grishmark s’avançait d’un pas nonchalant dans la longue allée menant à sa modeste demeure, faisant tourner ses clefs autour d’un de ses doigts dans un cliquetis retentissant. Il ramenait pour sa petite famille une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle : il avait gagné en hiérarchie au sein de la garde, grâce à son ancienneté et à son application dans son travail, et il secondait à présent la Garde Étincelante. Si l’un des membres de cette dernière venait à disparaître, il serait très certainement désigné pour le remplacer, et ce, sans avoir besoin de se battre. Un avenir prospère se présentait à lui et à sa famille.

Soudainement, Grishmark s’arrêta, les oreilles plaquées sur le crâne. Quelque chose clochait. Habituellement, Thirrin venait toujours se jeter dans ses pattes lorsqu’il revenait du travail. Il se rendit alors compte de la présence d’une odeur désagréable de sang flottant dans l’air. Ne s’étant tout d’abord pas inquiété par celle-ci, songeant qu’il s’agissait d’une proie fraîchement tuée par sa compagne, une angoisse grandissante ne manqua pas de le prendre à la gorge. Effroyablement anxieux, le loup se précipita de suite vers sa maison, lançant ses pattes devenues longues aussi loin que possible, parcourant rapidement la distance. La senteur métallique du sang se fit de plus en forte, au point même qu’elle agressait le nez sensible du guerrier. Les yeux fous, son cœur rata un battement lorsqu’il aperçut une flaque rougeâtre à l’entrée de son nid familial, dont la porte était grande ouverte.

« Dites que moi que c’est un cauchemar ! »

Grishmark déboula chez lui, jetant des regards paniqués partout, passant rapidement du plafond aux murs, glissant avec horreur sur les meubles de bois qui semblaient s’être offert une teinture, évitant soigneusement le sol, qu’il n’osait regarder par peur de ce qu’il pourrait y découvrir. Il dut cependant s’y résigner, et ce qu’il vit fut définitivement une vision cauchemardesque : sa femme était assise en tailleur, dos au mur, et Thirrin se trouvait dans le creux de ses pattes, enlaçant sa mère de ses petits bras d’enfant. Cette scène aurait pu être adorable s’il n’y avait pas eu tout ce sang. Et si sa chère Hìrna n’avait pas été défigurée, presque décapitée, sa tête reposant sur celle de sa fille. Et si Thirrin n’avait pas été éventrée, ses boyaux cachés entre les pattes de sa mère. Nauséeux, horrifié, perdu, Grishmark sentit ses jambes le lâcher, et il s’écroula lamentablement dans le sang de son sang, secoué de sanglots silencieux, ne parvenant pas à faire sortir le moindre son de sa gueule sous l’effet du choc.

Des pas humides retentirent dans un bruit de sucions devant lui, mais le Loup-garou ne bougea pas. Il ne voulait et ne pouvait pas bouger. Mais le silence oppressant qui suivit le fit craquer : il leva lentement la tête et ce qu’il découvrir le glaça jusqu’au sang. Deux grands yeux dorés. Une main bestiale et ensanglantée tendue vers lui. Un rictus mauvais. Des babines tâchées de rouge. Une voix faussement naïve s’éleva dans l’air étouffant :

« Grishmark, tu pleures ? »

La gueule du Lycanthrope s’ouvrit dans un cri silencieux, tandis que ses yeux restaient fermement fixés sur le visage en face du sien. Que se passait-il ? Que diable fait donc Khanulf là ? La réponse était évidente, cependant, il refusait catégoriquement d’y croire, trouvant la chose ridicule, se croyant être le dindon d’une mauvaise farce de ses collègues. Malgré tout, il trouva le courage de répondre à son ami, retrouvant peu à peu sa voix à mesure qu’il réalisait que ce qu’il se passait était bien réel :

« O-oui, j-je pleure. Des larmes de sang. Du sang que tu as versé DANS MA DEMEURE ! »

Rugit-il alors, se leva d’un bond, le pelage ébouriffé, les crocs à découverts, menaçant. Cependant, il se sentait incapable d’attaquer Khanulf, malgré le regard à la fois amusé et méprisant que ce dernier lui jetait. Quelque chose l’en empêchait. Était-ce parce que son cœur chamboulé le considérait encore comme son meilleur ami ?

« Pourquoi ? »

Demanda-t-il alors, sans pouvoir cacher son incompréhension, sa colère et sa tristesse. Le rictus du Lycanthrope s’étira encore, de plus en plus cruel et haineux, perdant peu à peu son aspect de sourire. Contre toute attente, lorsqu’il s’exprima, le ton qu’il utilisa pour le premier mot fut gentil, délicat, comme s’il s’adressait à un enfant un peu simplet, bien que le dégoût qu’il ressentait pour Gardien se laissât entendre :

« Grishmark … Il y a bien une chose que je n’ai jamais comprise avec toi. Pourquoi as-tu tant de succès dans tout ce que tu entreprends ? T’est-il déjà arrivé d’échouer ? Tu ne fais jamais aucun effort et pourtant, tout te tombe droit dans la gueule, pré-mâché. Tu avais une famille qui t’aimait et tu enchaînais les augmentations et les prix au travail. Ne voient-ils donc pas le louveteau maladroit que tu es, celui que j’ai toujours connu et méprisé ? Crois-moi, je voyais clair dans ton jeu. Quelle chance d’avoir un ami aussi faible que moi, n’est-ce pas ? On se sent plus fort à côté. Pourtant, je me suis toujours battu jusqu’au sang, et j’ai travaillé jusqu’à en perdre conscience, sans recevoir la moindre reconnaissance de qui que ce soit. Par pure jalousie, j’ai décidé de mettre un terme à tout cela. Pas de chance, c’est tombé sur toi. J’ai pris ta famille, à défaut de ton travail. Et grâce à cela, on me remarquera enfin. »

Sa voix avait mué tout au long de la tirade, passant par la colère, le mépris, l’horreur, jusqu’à perdre tout sentiment audible, se terminant dans une froideur impénétrable et glaciale. Grishmark ne trouvait pas de mot pour décrire la folie de celui qu’il considérait jusqu’alors comme son ami. Le discours qu’il venait de débiter n’avait aucun sens, aucun. Khanulf cracha soudainement sur lui avec mépris, ajoutant :

« Tu ne comprends pas ce que ça fait d’être invisible aux yeux des autres, d’être seul au monde et rabaissé par tes seuls appuis. Je n’espère pas que tu le comprennes un jour, mais soit, retrouve-moi donc quand tu auras pris conscience de la réalité qui t’entoure et nous réglerons cela entre nous, comme au bon vieux temps. »

Sur ces mots, le grand Loup-garou s’élança hors de la maison sous forme animale et s’enfuit au loin, comme le lâche qu’il était. Cependant, Grishmark n’y prêta aucune attention, se fichant bien de ce que pouvait faire Khanulf. Il voulait sa famille. Où était-elle ? Ce ne pouvait être les corps ensanglantés qui s’étendaient devant lui. Ce ne pouvait pas être eux. En désespoir de cause, le Lycanthrope enlaça les cadavres, respirant malgré lui leur odeur de mort, et pleura comme jamais il n’avait pleuré, le corps violemment secoué par des sanglots. Soudainement, un bruit de grattements sur du bois retentit dans la sombre demeure, alertant Grishmark, qui s’attendait à voir le traître apparaître de nouveau. Néanmoins, la réalité de la chose fut tout autre : un petit louveteau s’avançait vers lui en rampant, les yeux écarquillés de terreur. Un mélange entre soulagement et la frayeur prit le cœur du brun, qui se précipita vers son fils, miraculeusement épargné, pour le prendre dans ses bras. Examinant les alentours, Grishmark remarqua qu’un placard était entrouvert, et il devina que Hìrna avait dû cacher Iki là-dedans. Baissant le regard sur le rescapé, le guerrier se promit de garder la tête haute pour lui, afin qu’il puisse s’épanouir comme il le fallait, sans avoir à vivre chaque jour dans la douleur.


***


« Avec cette idée en tête, j’ai pu faire mon deuil relativement vite, ne pouvant pas me permettre de sombrer alors que j’avais un gosse à nourrir. Je me suis fait à l’idée qu’elles ne sont plus là, tu sais. D’ailleurs, je crains qu’Iki ait vu le massacre : il est devenu muet depuis l’accident. Non pas qu’il parlait beaucoup avant, mais bon, au moins aboyait-il. Je me suis également renseigné sur Khanulf, et il semblerait qu’il fasse aujourd’hui partie des Mercenaires. »

Vous restiez interdit après un tel récit, ne sachant trop que dire à votre supérieur si ce n’était que vous étiez désolé de sa perte. Le Loup-garou fit un mouvement de main, signifiant que cela lui importait peu.

« Bien, je t’ai dit tout ce que j’avais à dire. Si maintenant, tu pouvais retourner à ton boulot, ce serait bien pour tout le monde. »

Obéissant comme vous l’aviez appris à être avec lui, vous vous leviez avant de le saluer, quittant ensuite la pièce d’un pas rapide, songeur. Il y avait bien des choses dont on se passerait bien de savoir.


 
When the sun goes down, the beast comes out.

   PSEUDO • Fy, plus connu ici sous Yureichi ! o/
   PSEUDO ELDARYA • Fraliana.
   ÂGE • 16 ans.

   DOUBLE-COMPTE • Yep, yep ! o/
   NIVEAU DE RP • Plutôt bon, je dirais.
   AVIS SUR LE FORUM • Si je fais un DC, c'est qu'il me plaît !
   
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Division I mercenaire - Général
Général Mercenaire
Nourriture pour familier:
Bonbons d'amûre : 0

Equipement:
Long manteau noir à capuchon (ce manteau a la capacité de supprimer l'aura de son propriétaire. Il supprime aussi les odeurs.)

Armes:
Céléritaté : Épée courte magique. Elle se téléporte dans la main de son maître ou permet à son maître de se téléporter sur elle. Elle n'a qu'un seul maître.
Poignards

Potions:
Potions de soins - x1

Magie :
Force level 2 : Endurance
Force level 3 : Endurcissement de la peau

Vitesse level 5 : Célérité

Enchantement level 1 : Perception du maana
Red like roses fills my head with dreams
Cryokinésie
Magie de Rang O
Maana de rang C
Faery
101
1056
Ta présentation est superbe ! Ca donne vraiment envie d'en savoir plus sur ce personnage et sur Khanulf (Faudra juste bien faire attention aux dates si tu veux le mettre chez les mercenaires. Si tu veux des infos sur eux, je pourrais t'en donner). Enfin quelqu'un de gradé chez les Obsidienne ! On va pouvoir enfin gérer un peu ces petites recrues uhu ! XD

Bon sinon, je te valide comme ça. Pas besoin de chichi, tu connais bien le forum maintenant ;)


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Merci beaucoup !

Je suis contente de voir que les personnages sont appréciés ! C:
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